Les obligations souveraines devient plus volatile, en un mot : plus dangereux.

Extrait de : Les obligations souveraines, dernier rempart avant l'effondrement ?, Philippe Herlin , Goldbroker, 23 oct. 2014

La semaine dernière a été mouvementée sur les marchés boursiers, avec de forts reculs à Londres, Francfort, Paris et New York. Un mini-krach, mais rien de sérieux ; un simple avertissement qui traduit une crainte diffuse des investisseurs : et si le temps des désillusions était venu ? En Europe et au Japon, les indices des marchés actions sont en-dessous de leur niveau du 1er janvier 2014, et à peine au-dessus aux États-Unis.

Le problème de fond est que la liquidité mondiale ne cesse d'augmenter à un rythme bien plus élevé que la croissance économique réelle.

Même si la Fed arrête son plan de Quantitative easing, la Banque du Japon accélère le sien et la Banque centrale européenne relance son propre plan, notamment en voulant racheter des actifs bancaires. Et puis toutes ces banques centrales maintiennent les taux à zéro, ce qui facilite l'expansion monétaire.

Ø  Résultat, toute cette monnaie excédentaire, qui ne trouve pas à s'employer dans l'économie réelle (le crédit aux entreprises ne repart pas), se retrouve sur les marchés et fait monter le prix des actifs. D'où les performances des bourses depuis 2009 (mars 2009 exactement, date du premier QE de la Fed).

1.      Mais à un certain niveau de valorisation, les prix des actifs risqués (actions, obligations d’entreprises) ne progressent plus, parce que les investisseurs se rendent compte que, manifestement, les primes de risque ne couvrent plus le risque.

2.      Et cette crainte est d'autant plus renforcée que les espoirs d'une véritable reprise économique s'envolent (le FMI a rabaissé ses prévisions, une série de mauvais chiffres ont récemment été publiés aux États-Unis et en Allemagne).

Comment réagissent les investisseurs ? Ils se reportent vers le dernier actif considéré comme sûr et se dirigent alors vers les dettes souveraines sans risque, c'est à dire celles des États-Unis et de l'Allemagne, principalement.

Parce qu'on assiste dans le même temps à une plus grande différenciation des dettes publiques :

Ø  la Grèce est abandonnée et voit ses taux dangereusement remonter,

Ø  l'Espagne et l'Italie sont délaissées et ne profitent pas de cet afflux,

Ø  la France en profite un peu, mais pas autant que l'Allemagne, avec qui les écarts de taux s'accroissent.

Le compartiment obligataire devient plus différencié,
plus volatile, en un mot : plus dangereux.

Mais les dettes considérées comme sûres en profitent et, comme on l’a constaté, leurs taux ont baissé au moment de la tourmente boursière de la semaine passée.

La dette publique américaine représente certes un volume gigantesque, cependant sa capacité d'absorption n'est pas infinie. Sa crédibilité non plus. Même si la Fed est derrière et peut imprimer ce qu'elle veut pour satisfaire les échéances, à un moment donné la défiance apparaîtra. Ce moment n'est pas encore venu, mais nous sommes ici clairement sur le dernier rempart qui fait encore tenir les systèmes monétaire et financier debout. Que celui-ci vienne à céder et la panique sera généralisée.

Si, il existe encore un rempart, mais les autorités monétaires n’y croient pas, ni les grands investisseurs ou les banques. Il s’agit de l’or, bien sûr. Celui-ci n’a jamais cédé au cours de l’Histoire, mais attention : il n’y en aura pas pour tout le monde !


 

Economics Led to Inequality and Recession

Ce n’est pas la première fois qu’on accuse les économistes d’en savoir moins qu’ils ne le prétendent et de guider ainsi les gouvernements vers de mauvaises voies. L’incapacité des économistes à prédire la dernière grande crise mondiale est un récent exemple souvent cité.

 « Quand admettra-t-on que l’économie n’est pas une science exacte ?

Qu’on y jongle avec beaucoup trop de variables
pour tenir ses conclusions pour des certitudes.

clip_image002

Le livre d’économie le plus court qui ait jamais été écrit

 

CONFLITS D’INTÉRÊTS ET CONNIVENCES MÉDIATIQUES

Editoriaux, matinales radiophoniques, plateaux de télévision : en pleine campagne présidentielle, une poignée d’économistes quadrillent l’espace médiatique et bornent celui des possibles. Présentés comme universitaires, ils incarneraient la rigueur technique au cœur de la mêlée idéologique. Mais leurs diagnostics seraient-ils aussi crédibles si ces « experts » rendaient publiques leurs autres activités ?

On appelle cela l’« effet Dracula » : à l’instar du célèbre vampire des Carpates, les arrangements illégitimes ne résisteraient pas à leur exposition au grand jour.

La controverse concerne la collusion entre économistes et institutions financières. Nombre d’universitaires invités par les médias pour éclairer le débat public, mais aussi de chercheurs appointés comme conseillers par les gouvernements, sont en effet rétribués par des banques ou de grandes entreprises. Un expert peut-il, « en toute indépendance », prôner la dérégulation financière quand il occupe simultanément un poste d’administrateur d’un fonds d’investissement ?

Donc, quand vous écoutez l’opinion d’un économiste, prenez-le, toujours comme un GROS GRAIN DE SEL, essayer de vérifier qui est son employeur ou quel client qui pourrait bien desservir.


Extrait de: How Laissez-Faire Economics Led to Inequality and Recession, Jeff Madrick , The World Post, 10/14/2014

Author, 'Seven Bad Ideas: How Mainstream Economists Have Damaged America and the World'

Seven Bad IdeasRemember in 2009 when everyone was dodging blame for the financial crisis? Depending on who you asked, it was the bankers, the federal regulators, Fannie Mae, fraudster mortgage companies, the ratings agencies and the sub-prime borrowers themselves. The favorite claim of excuse makers was that no single group was to blame -- it was a cluster-f*** as one journalist friend put it.

If everyone did it, no one could be held accountable. But it wasn't true.

Bankers and regulators were the major creators of the crisis, for their neglect and single-minded self-aggrandizement that often involved bending the rules.

But let me single out one group that avoided blame and deserved plenty of it: mainstream economists.

The deeply held ideas of the nation's most elite economists from the Right and the Left were direct causes of the crisis, justifying perverse behavior on Wall Street and in Washington, and careless and ignorant behavior at the Federal Open Market Committee of the nation's central bank, the Federal Reserve.

These ideas did a lot of harm along the way -- in particular, they were responsible for slower than necessary economic growth that resulted in higher unemployment and inequality.

But first, consider this one enormous area of theoretical neglect, and you get an idea of the inadequacies of the prevailing body of economic ideas. The Federal Reserve just named a new committee headed by vice chairman Stanly Fischer to research how unstable financial markets may affect the real economy of jobs, production, business investment and profits. If you read the 2008 minutes of the Federal Open Market Committee (released earlier this year), which meets roughly every six weeks to set interest rate and other policies, you'll see that the policymakers and their staffs had little idea how to account for financial risk. Finance simply wasn't in their economic models.

In short, the policymakers had no firm concept that the roiled financial markets, which had been in turmoil since 2007, could undo the nation's Gross Domestic Product.

·         The Fed economists, as able a bunch as there are, did once try to put a guestimate to the effect of the troubled mortgage markets, and they were way off the market.

·         The FOMC didn't anticipate a serious recession until the December meetings, after the economy fully crashed and credit dried up two months earlier –

·         And even then they underestimated by a long shot how far the nation's total income would fall. At that point, they thought the unemployment rate would go to, at worst, about eight percent, but it rose to 10 percent.

I think the casual reader may find this hard to believe -- not that economists missed the forecast (they generally have an abysmal record at predicting recessions) but that they didn't even really take financial excesses into account in their models.

This was not just the oversight or prejudice of stuffy FOMC members. It directly reflected the ideas of mainstream macroeconomists at elite universities -- the economists typically quoted in the media -- from the so-called fresh-water conservatives at schools like the University of Chicago to the salt-water semi-liberals of Yale, Princeton and MIT. (I leave out Harvard, which on balance now has a politically conservative economics department, including Gregory Mankiw, Alberto Alesina, Robert Barro and Martin Feldstein, for example.) As the highly regarded Olivier Blanchard, a left-of-center MIT economist who is now chief economist at the International Monetary Fund, admitted after the collapse, there had simply been no place for financial regulation in macroeconomics up to that point.

This is dismaying but it is important to understand that a fundamental mainstream idea was behind it. Generally, the reaction of the economic mainstream to the inflationary turmoil of the 1970s was to retreat to an ideological interpretation of their fundamental ideas -- a doctrinaire reinforcement of laissez-faire economics. As Americans turned away from government, so did the economics profession. In regard to the financial markets, it boiled down to this.

Free markets without government interference work too well to become dangerously unstable; therefore, no need to account for how a credit crisis might affect the real economy. It would correct itself too quickly to do damage.

Since the 1980s, this had been a central economic idea, one of several major ones that did great damage. Financial markets were "rational." If a stock price or mortgage security was overvalued, a smart professional would sell it. Milton Friedman said as much in the early 1950s about letting currencies trade in free financial markets. Speculation would usually lead to stability, not instability.

As with many fundamental ideas, they were often useful initially. Eugene Fama and several other economists at the normally conservative University of Chicago and the usually liberal MIT made persuasive cases that individuals could not "beat the market," which was composed of countless smart investors incorporating information accurately when assessing how much a stock was worth. That is, even if they invested in a professionally run mutual fund, odds were high simply buying an index fund that mimicked the Standard & Poor's 500 would do better. Fama won a Nobel Prize for his early work.

But the economics profession became more extreme in their support of the power of free markets, and what had been known as the efficient markets theory went off the rails.

Economists like Fama began to claim there were no speculative bubbles. Regulations to limit them, like credit restraints, would only interfere with the efficient workings of the markets. Others like Michael Jensen, a Harvard Business School disciple of Fama's, argued as did Fama that stock prices rationally reflected the future value of a company. To get CEOs to manage companies better, just give them stock options. They will get rich as the company's stock price rose due to their abilities.

It turned out, however, that stock prices weren't all that rational at all. They were subject to fashions, as Robert Shiller, the Nobelist from Yale showed. It also turned out that, as Lucian Bebchuck at Harvard Law School has shown, there is little relationship between CEO compensation and a company's performance.

Some purely bad ideas were resurrected, such as Say's Law. It argued in part that any savings in a nation would be productively invested. But what we know is that just isn't true if there is no buying power for goods and services. Austerity economics was one damaging result, not merely at the University of Chicago but among researchers at, for example, Harvard, led by Alberto Alesina, and to a large extent Kenneth Rogoff, and some economists at the Brookings Institution. But deficits became the bogeyman.

The wide-ranging turn to laissez-faire doctrine reached across the economy, but here is how it contributed directly to poor and unequal incomes.

After the inflationary 1970s, the nearly sole objective of government policy should be to keep inflation low. Again, there was a fundamental idea here. Inflation upset the rational workings of free markets by introducing uncertainty. With low inflation, economies would be efficient and prosperous.

But inflation targeting, led by the Federal Reserve,

1.      resulted in higher unemployment rates than necessary and

2.      slower growth in wages for most workers.

There was a deliberate effort to keep wages from rising rapidly to avoid a squeeze on profit margins that would force business to raise wages. The unemployment rate was higher than what government economists thought a natural rate should be most of the time since the 1970s.

Invisible hand

The founding idea of modern economics is Adam Smith's invisible hand, and this great idea, badly over-simplified, was the foundation of many bad ideas of the last generation.

1.      The invisible hand tells us how an economy free of government regulations may work, not how it does work.

2.      Competitors will push prices down to maximize consumer buying, pure and simple.

3.      Government need not regulate these competitors.

4.      Increasingly, the profession took a dogmatic view. Financial deregulation, a low minimum wage, reduce government invest -- these were all results of a purist interpretation of the invisible hand.

The great nineteenth century economist, John Stuart Mill, writing well after Adam Smith, was skeptical that competition alone was the great regulator as Smith insisted it was in his invisible hand.

·         He said that economics was by nature "hypothetical." Its laws were not engraved in stone.

If you looked around, wrote Mill, "custom," which he used to describe many non-economic aspects of culture and behavior, was equally important. "It would be a great misconception of the actual course of human affairs to suppose that competition exercises in fact this unlimited sway."

The ideas that governed the mainstream economics profession since the 1980s were turned into rules when they were at best only hypotheses. Rules are easier to deal with; ambiguity and uncertainty are shunted aside.

But the world is not so simple, and good policy is scarce when a profession once dedicated to brilliant thinking and extemporaneous judgment to fit changing times turns to formula and ultimately cliché.


 

The age of loneliness is killing us

The age of loneliness is killing us

For the most social of creatures, the mammalian bee, there’s no such thing now as society. This will be our downfall

George Monbiot, The Guardian, Tuesday 14 October 2014

clip_image001

 ‘Social isolation is as potent a cause of early death as smoking 15 cigarettes a day. Loneliness is twice as deadly as obesity.’ Photograph: Feri Lukas/Rex

What do we call this time? It’s not the information age: the collapse of popular education movements left a void filled by marketing and conspiracy theories. Like the stone age, iron age and space age, the digital age says plenty about our artefacts but little about society. The anthropocene, in which humans exert a major impact on the biosphere, fails to distinguish this century from the previous 20. What clear social change marks out our time from those that precede it? To me it’s obvious. This is the Age of Loneliness.

When Thomas Hobbes claimed that in the state of nature, before authority arose to keep us in check, we were engaged in a war “of every man against every man”, he could not have been more wrong. We were social creatures from the start, mammalian bees, who depended entirely on each other. The hominins of east Africa could not have survived one night alone. We are shaped, to a greater extent than almost any other species, by contact with others. The age we are entering, in which we exist apart, is unlike any that has gone before.

Three months ago we read that loneliness has become an epidemic among young adults. Now we learn that it is just as great an affliction of older people. A study by Independent Age shows that severe loneliness in England blights the lives of 700,000 men and 1.1m women over 50, and is rising with astonishing speed.

Ebola is unlikely ever to kill as many people as this disease strikes down. Social isolation is as potent a cause of early death as smoking 15 cigarettes a day; loneliness, research suggests, is twice as deadly as obesity. Dementia, high blood pressure, alcoholism and accidents – all these, like depression, paranoia, anxiety and suicide, become more prevalent when connections are cut. We cannot cope alone.

Yes, factories have closed, people travel by car instead of buses, use YouTube rather than the cinema. But these shifts alone fail to explain the speed of our social collapse. These structural changes have been accompanied by a life-denying ideology, which enforces and celebrates our social isolation. The war of every man against every man – competition and individualism, in other words – is the religion of our time, justified by a mythology of lone rangers, sole traders, self-starters, self-made men and women, going it alone. For the most social of creatures, who cannot prosper without love, there is no such thing as society, only heroic individualism. What counts is to win. The rest is collateral damage.

British children no longer aspire to be train drivers or nurses – more than a fifth say they “just want to be rich”: wealth and fame are the sole ambitions of 40% of those surveyed. A government study in June revealed that Britain is the loneliness capital of Europe. We are less likely than other Europeans to have close friends or to know our neighbours. Who can be surprised, when everywhere we are urged to fight like stray dogs over a dustbin?

We have changed our language to reflect this shift. Our most cutting insult is loser. We no longer talk about people. Now we call them individuals. So pervasive has this alienating, atomising term become that even the charities fighting loneliness use it to describe the bipedal entities formerly known as human beings. We can scarcely complete a sentence without getting personal. Personally speaking (to distinguish myself from a ventriloquist’s dummy), I prefer personal friends to the impersonal variety and personal belongings to the kind that don’t belong to me. Though that’s just my personal preference, otherwise known as my preference.

 

One of the tragic outcomes of loneliness is that people turn to their televisions for consolation: two-fifths of older people report that the one-eyed god is their principal company. This self-medication aggravates the disease. Research by economists at the University of Milan suggests that television helps to drive competitive aspiration. It strongly reinforces the income-happiness paradox: the fact that, as national incomes rise, happiness does not rise with them.

Aspiration, which increases with income, ensures that the point of arrival, of sustained satisfaction, retreats before us. The researchers found that those who watch a lot of TV derive less satisfaction from a given level of income than those who watch only a little. TV speeds up the hedonic treadmill, forcing us to strive even harder to sustain the same level of satisfaction. You have only to think of the wall-to-wall auctions on daytime TV, Dragon’s Den, the Apprentice and the myriad forms of career-making competition the medium celebrates, the generalised obsession with fame and wealth, the pervasive sense, in watching it, that life is somewhere other than where you are, to see why this might be.

So what’s the point? What do we gain from this war of all against all? Competition drives growth, but growth no longer makes us wealthier. Figures published this week show that, while the income of company directors has risen by more than a fifth, wages for the workforce as a whole have fallen in real terms over the past year. The bosses earn – sorry, I mean take – 120 times more than the average full-time worker. (In 2000, it was 47 times). And even if competition did make us richer, it would make us no happier, as the satisfaction derived from a rise in income would be undermined by the aspirational impacts of competition.

The top 1% own 48% of global wealth, but even they aren’t happy. A survey by Boston College of people with an average net worth of $78m found that they too were assailed by anxiety, dissatisfaction and loneliness. Many of them reported feeling financially insecure: to reach safe ground, they believed, they would need, on average, about 25% more money. (And if they got it? They’d doubtless need another 25%). One respondent said he wouldn’t get there until he had $1bn in the bank.

For this, we have ripped the natural world apart, degraded our conditions of life, surrendered our freedoms and prospects of contentment to a compulsive, atomising, joyless hedonism, in which, having consumed all else, we start to prey upon ourselves.

For this, we have destroyed the essence of humanity: our connectedness.

Yes, there are palliatives, clever and delightful schemes like Men in Sheds and Walking Football developed by charities for isolated older people. But if we are to break this cycle and come together once more, we must confront the world-eating, flesh-eating system into which we have been forced.

Hobbes’s pre-social condition was a myth. But we are entering a post-social condition our ancestors would have believed impossible. Our lives are becoming nasty, brutish and long.


 

L'inefficacité et la théorie du sous-financement des universités

Multiples problèmes, pas nécessairement lier au sous-financement que les professeurs ou les recteurs clament de tous bords.

Tellement facile de dire qu’ils manquent d’argent, peut-être, il faudrait changer le manuel d’opération.

Quel malheur, je ne veux pas, car je me suis bien emmitouflé avec ma sécurité, ma permanence et mon ancienneté agrémentée avec une belle retraite dorée insolvable que l’on passe bien sûr dans les dépenses de fonctionnement sur le dos des étudiants en augmentant constamment les frais universitaires.

Il faudrait peut-être réduire certains privilèges cumulés gagnés par chantage syndical…

Oups ! , je pose des vraies questions ?


Extrait de : Un vieux prof dénonce l'inefficacité des universités, FRANCIS VAILLES, La Presse, 23 octobre 2014

Pierre Tremblay est prof à l'UQAM depuis 28 ans et membre de plusieurs comités. Il dresse un constat sévère: les universités peuvent être clairement plus productives.

«Vous mettez le doigt pile sur le bobo. Les professeurs d'université au Québec n'enseignent pas assez. Et il faut s'interroger sur la pertinence de certains travaux de recherche», dit-il.

Pierre Tremblay n'est pas né de la dernière pluie. Il représente les professeurs à l'Assemblée des gouverneurs de l'Université du Québec. Il est également membre du comité qui attribue des postes de prof à l'UQAM, entre autres. Et il fut vice-président du Syndicat des professeurs de l'UQAM au début des années 2000.

L'homme de 68 ans réagit à ma chronique de samedi intitulée «Les universités sont-elles inefficaces?». J'y faisais référence à une étude selon laquelle les universités québécoises disposeraient globalement de plus de fonds que leurs concurrentes ontariennes. L'écart de financement Québec-Ontario s'expliquerait notamment par la plus faible charge de travail des professeurs, en moyenne.

En principe, les professeurs doivent donner quatre cours par année, soit deux cours par trimestre (six heures par semaine). Le reste de leur travail est consacré à la préparation des cours, aux suivis avec les étudiants, à la recherche et aux services à la collectivité, entre autres.

Or, dans les faits, les profs ne donneraient pas plus de 3,25 cours par an, comparativement à 3,4 en Ontario(1). À l'UQAM, la moyenne est à 2,8 cours, mais elle oscillerait entre 2,4 et 2,7 en sciences politiques, constate M. Tremblay.

Cette faible moyenne s'explique par les nombreux dégrèvements accordés aux professeurs pour se consacrer à d'autres tâches, par exemple directeurs de programme, superviseurs d'étudiants de 2e cycle (maîtrise) ou responsables de chaires de recherche.

«Il faut absolument faire quelque chose. Les profs n'ont pas de mauvaise volonté, mais c'est la dérive des années. Il faut dresser un portait clair des dégrèvements et identifier les abus», dit Pierre Tremblay, qui dispense ses quatre cours par année malgré ses nombreuses autres tâches.

La situation n'est pas propre à l'UQAM, croit-il, mais touche l'ensemble des universités francophones. «Nous avons suffisamment d'espace pour que chaque professeur donne un cours de plus», dit-il.

Autre questionnement: la recherche. «Je me pose toujours la question pour chaque recherche: est-ce pertinent? Le problème, c'est qu'on a peu de critères. C'est le flou artistique», dit M. Tremblay, selon qui les recherches dans le vaste champ des sciences politiques et sociales sont difficiles à évaluer.

Parfois, les recherches sont «très, très intimistes, avec seulement une centaine de lecteurs», dit le professeur, qui rappelle que les profs sont maîtres de leur temps.

Il se défend de prôner la marchandisation du savoir, c'est-à-dire de vouloir favoriser les sujets de recherche en fonction des impératifs du marché. «Il faut plutôt se demander si les nouvelles recherches font avancer la science et le savoir-faire», dit-il.

Pierre Tremblay n'est pas le seul à s'interroger. Le titulaire d'un doctorat en histoire Frédéric Bastien est encore plus critique. En tant que professeur de cégep, il dispense quatre cours par session, comparativement à deux pour les universitaires, et il dit avoir tout de même du temps pour faire de la recherche... non subventionnée.

«Les universités ne crèvent pas de faim. Il y a trop de dégrèvements au détriment de l'enseignement», dit l'auteur de l'ouvrage sur le rapatriement de la Constitution La bataille de Londres, qui s'est vendu à des milliers d'exemplaires.

L'historien s'interroge, par exemple, sur l'opportunité d'accorder une subvention de 128 000$ pour une recherche intitulée «La masculinité dans les collèges classiques du Québec de 1840 à 1960». «Ce genre de livres est publié, mais n'est pratiquement pas lu. Et on peut multiplier les exemples semblables», dit-il.

L'ex-vice-recteur de l'administration de l'UQAM, Alain Dufour, est tout aussi catégorique. Selon lui, le sous-financement apparent des universités s'explique par le manque de productivité des professeurs, les conventions collectives rigides et le trop grand nombre de campus qui offrent les mêmes formations, entre autres. «Les profs qui donnent des cours de base, comme comptabilité 101, peuvent en faire plus», dit-il

Dans le cas de l'UQAM, Alain Dufour croit que la grande proportion de professeurs en congé sabbatique contribue à abaisser à 2,8 le nombre de cours par professeur. À l'UQAM, 11% du corps professoral peut prendre ce congé de ressourcement de 12 mois chaque année, contre 6% ailleurs.

Je ne sais pas si dans le secteur privé, on est aussi généreux sur les congés sabbatiques, ah oui, nous sommes juste des vaches à lait pour satisfaire la noblesse universitaire.

Autre élément propre à l'UQAM: l'établissement n'offre que trois plages horaires de cours par jour contre quatre ailleurs (les cours débutent généralement à 9h30 plutôt que 8h30), ce qui oblige l'UQAM à louer plus de locaux.

Selon lui, les universités syndiquées auraient avantage à mieux différencier les salaires des profs des différentes facultés en fonction du marché, ce qui donnerait plus de souplesse aux universités pour attirer des candidats prestigieux ou retenir les candidats de secteurs en demande (informatique, finance, etc.).

À l'heure où l'on fait des coupes jusqu'à l'aide sociale aux schizophrènes, n'y a-t-il pas lieu de trouver une façon d'optimiser les fonds mis à la disposition des universités?

Optimiser, un mot, bannit dans un État-providence particulièrement pour la noblesse de la fonction publique et les politiciens. Il maintient l’immobilisme en espérant que les privilèges qu’ils ont acquis par endettement vont se poursuivre éternellement.

More research and more teaching for its tax and tuition dollars

Ontario would get more research and more teaching for its tax and tuition dollars if, like California, it adopted a university funding model that encouraged the minority of faculty who are productive researchers to do more research and the majority to do more teaching.

It could do this by allocating up to a quarter of the operating grant among its 20 universities on the basis of the research contribution of their faculty. (1)


Examinons d’autres problèmes :

1.      Régimes de retraite et les vacances accumulées

Quel malheur, il ne faut pas déranger l’ordre établi, car se sont nos élites, d’autant plus drôle, le principal problème de déficits universitaires est essentiellement attribuable à l’inscription de passifs liés aux avantages sociaux futurs, dont principalement les régimes de retraite et les vacances accumulées.

La structure budgétaire des universités se divise en plusieurs fonds dont les fonctions sont distinctes. Le plus imposant est le fonds de fonctionnement, associé à l’enseignement, à l’administration, au fonctionnement général et aux services aux étudiants. Ce fonds, dans lequel les établissements sont désormais tenus d’inclure des pans comptables majeurs tels les fonds d’amortissement des régimes de retraite, est désormais déficitaire à hauteur de 2,1 milliards (fin 2009-2010). (2)


2.      Iniquité salariale croissante

Iniquité salariale croissante les jeunes que l'on qualifie de «chargés de cours» et les «professeurs titulaires. Et comme aucun professeur n'a pu être démis de ses fonctions, cela fut accompli en offrant moins de promotions aux jeunes.

·         Un professeur à temps plein au Canada gagne en moyenne 87 500$, mais cela ne représente que 53% du personnel enseignant.

·         Le 47% restant, qui regroupe les temps partiels et les chargés de cours, ne gagne en moyenne que 40 000$, malgré leurs 22 années (ou plus) d'éducation. (3)


3.      Évaluation des professeurs universitaires

Au niveau du corps professoral universitaire, il semble que les professeurs ne soient pas imputables à pas grand-chose et ne sont pas évalués adéquatement sur la qualité de leur professorat, vraiment surprenant ?

The findings “suggest a need to better ensure teaching quality is valued, encouraged and rewarded,” the report concludes. The participating universities mostly embraced recommendations that they encourage training and ensure teaching is valued in promotion decisions. Two said they are already working on standardizing and aggregating student evaluations, and plan to make the results available. (4)


4.      Financement par tête de pipe est la seule méthode possible?

Est-ce qu'elle permet le développement des universités?

Est-ce qu'elle sert bien le savoir, l'enseignement, la diplomation, la bonne gestion?

·         Au Québec, les universités sont financées en fonction du nombre d’étudiants, ce mode de financement les pousse donc à se faire concurrence.

·         Depuis quelques années, les différentes universités ouvrent des pavillons dans d’autres villes que la leur, justement, on le devine, pour avoir davantage de « clientèle ».

·         Ces pavillons, il faut les acheter ou les construire, et c’est donc le contribuable qui paie pour les nouveaux bâtiments que les universités se font construire pour avoir davantage de financement.

De plus, si l’on finance par tête de pipe, est-ce que nos critères de sélections n’ont pas à tendance à diminuer, en réduisant nos standards pour avoir plus de financement. (5)


 

Apple, Google, Microsoft mauvaise nouvelle, fin du double irlandais

L'Irlande annonce la fin du "double irlandais", faille qui permettait à Apple d'enregistrer ses profits dans des paradis fiscaux


FISCALITÉ - Le gouvernement irlandais a présenté mardi 14 octobre un budget de sortie de l'austérité quatre ans après avoir été sauvé de la faillite grâce à un plan d'aide international, en plein débat européen sur les vertus et dangers de la rigueur.

Mais le ministre des Finances Michael Noonan a aussi annoncé un durcissement des règles fiscales pour les entreprises installées en Irlande, qui font l'objet de critiques européennes pour leur supposé laxisme. La Commission européenne a récemment annoncé l'ouverture d'une enquête sur des accords passés entre Dublin et le géant américain Apple.

Dans le détail, l'Irlande va mettre fin à une faille de son système fiscal surnommée péjorativement le "Double Irish" (le "double irlandais"), une méthode utilisée par des multinationales américaines pour faire enregistrer leurs profits dans des paradis fiscaux via l'Irlande.

"J'abolis la possibilité des entreprises d'utiliser le double irlandais, en changeant nos règles de résidence. Toutes les entreprises en Irlande devront être résidentes fiscales en Irlande", a déclaré Michael Noonan.

Les critiques européennes avaient redoublé à l'encontre de la politique fiscale irlandaise depuis l'ouverture de l'enquête de la Commission sur des accords passés entre Apple et l'administration fiscale irlandaise en 1991, et amendés en 2007, qui ont permis à la marque à la pomme de ne payer qu'un taux d'impôt effectif de 2% dans ce pays où elle dispose de son siège européen.

Luxembourg et Pays-Bas également dans le collimateur

Mardi, les ministres des Finances de l'Union européenne ont eu une discussion sur les techniques utilisées par les multinationales pour échapper à l'impôt sur les sociétés. Le sujet est d'actualité en Europe. En dehors de l'Irlande, le Luxembourg et les Pays-Bas sont dans le collimateur de la Commission, qui les soupçonne de favoritisme envers de grandes entreprises comme Apple, Amazon et Starbucks.

Au cours de la réunion de mardi "a été affirmée la détermination de tous les ministres d'avancer vite sur le sujet, même si ça peut poser des questions un peu plus difficiles à résoudre dans trois ou quatre pays", a ainsi expliqué le ministre français, Michel Sapin.


Bruxelles évoque des "subventions déguisées" 

"Les autorités nationales ne doivent pas permettre à des entreprises particulières de réduire artificiellement leurs bénéfices imposables en ayant recours à des méthodes de calcul favorables", a souligné dans un communiqué le commissaire européen chargé de la Concurrence, Joaquin Almunia.

"Il est juste que les filiales de multinationales paient leur part d'impôt et ne bénéficient pas d'un traitement préférentiel qui équivaudrait à des subventions déguisées", a-t-il insisté.

Quant à son collègue chargé de la Fiscalité, Algirdas Semeta, il a souligné qu'il était "fondamental de garantir une concurrence fiscale loyale" au sein du marché unique européen.

Si la pratique du "tax ruling" n'est pas illégale, la Commission soupçonne des abus dans la manière dont cette pratique est appliquée dans certains pays et au bénéfice de certains groupes. Dans tous les cas, le but des Etats concernés est d'attirer et/ou de favoriser l'implantation sur place de ces entreprises.

Les enquêtes de Bruxelles n'en sont qu'à leurs débuts. Ce genre d'investigation peut durer plusieurs années. Si Apple, et l'Irlande, sont convaincus d'avoir enfreint les règles européennes, le groupe américain risque de devoir rembourser des milliards de dollars à Dublin. Même chose pour Amazon et Luxembourg, Starbucks et Amsterdam... Mais les Etats, et particulièrement l'Irlande, ne veulent pas retrouver cet argent. Mais la pression des partenaires européens se fait de plus en plus forte.

Optimisation fiscale: L'Europe prend à bras-le-corps Amazon, Apple et Starbucks


Google n'a payé que cinq millions d'euros d'impôts en France l'an dernier

Double IrishSur un chiffre d'affaires estimatif entre1,3 et 1,5 milliards d'euros en France en 2011 (Google a refusé de communiquer son chiffre d'affaires réel. Selon Vivaki, le marché britannique de la publicité en ligne est 2,5 fois plus grand que le marché français.

Le chiffre d'affaires effectif réalisé par Google en Grande-Bretagne est de 3,1 milliards d'euros en 2011), Google n'a payé que 5,5 millions d'impôts. En effet, sa filiale française n'a déclaré que 138 millions d'euros de chiffre d'affaires, selon l'arrêté de ses comptes.

Google aurait dû payer 166 millions d'euros d'impôts, si le chiffre d'affaires de 1,5 milliards était déclaré en France. Si Google a payé une telle somme dérisoire au fisc français, c'est que le chiffre d'affaires réalisé en France est presque totalement facturé en Irlande.

Google a déclaré en Irlande un chiffre d'affaires de 10 milliards d'euros en 2010. On pourrait donc penser que l'Irlande qui offre le taux d'impôt sur les sociétés le plus bas d'Europe (12,5%) récupère les impôts que Google ne paye pas dans les pays à imposition élevée.

Absolument pas, Google paye peu ou ne paye quasiment pas d'impôts en Irlande. En effet, après un passage rapide par les Pays-Bas, la presque totalité des revenus déclarés en Irlande est ensuite transférée vers sa filiale aux Bermudes, une boîte aux lettres sans salariés.

Aux Bermudes, on ne paie pas d'impôts sur les sociétés. Pour y arriver, Google déduit d'énormes frais administratifs des revenus déclarés en Irlande pour les envoyer sous forme de royalties aux Bermudes. (2).

Pour plus de détail, lire mon carnet : La stratégie fiscale Irlandaise accompagnée d’un sandwich hollandais.