Annexe A: L'Association canadienne des administrateurs de régimes de retraite (ACARR) - (15)

Bulletin – Hiver 2008

Le nombre de Canadiens qui toucheront un revenu de retraite provenant d’un régime à prestations déterminées va en diminuant. Le Canada s’oriente au contraire vers le « chacun pour soi », une formule où il revient à chacun, dans une grande mesure, de s’assurer un revenu de retraite. Pourtant, à ce jour les faits révèlent que les gens :

  • n’épargnent pas suffisamment sur le plan individuel;
  • ne gèrent pas leurs placements de façon efficace;
  • sont pénalisés par des frais relativement élevés qui minent la rentabilité des placements.
L’avenir que nous voyons se profiler est un avenir où bien des gens seront contraints de repousser la date de leur départ à la retraite et/ou d’accepter une importante baisse de niveau de vie. Il est encore possible pour notre système de retraite de corriger le tir, mais à condition que toutes les parties concernées reconnaissent les implications de la voie que nous suivons actuellement.
Le recul du pourcentage de la population active bénéficiant d’un régime à prestations déterminées, qui est passé de 44 % à 34 %, dissimule un écart important entre les secteurs public et privé. Le pourcentage de travailleurs bénéficiant d’un régime à prestations déterminées reste élevé dans le secteur public, bien qu’il soit passé de 87 % en 1992 à 80 % en 2005. Cependant, le pourcentage a chuté de 28 % à 20 % dans le secteur privé pendant la même période. Perspectives : si les tendances se maintiennent, nous assisterons à une accentuation des divisions qui se font jour déjà au sein des populations d’actifs et de retraités :
  • Les travailleurs du secteur public vont bénéficier d’une sécurité financière considérable grâce aux généreuses prestations de leur régime à prestations déterminées, qu’ils auront par ailleurs contribué à financer au moyen de cotisations passablement importantes pendant leur vie active.
  • Le petit pourcentage de travailleurs du secteur privé bénéficiant d’un régime à prestations déterminées jouira d’une sécurité financière généralement satisfaisante grâce à l’apport complémentaire des régimes publics.
  • Tous les autres travailleurs, c’est-à-dire les travailleurs bénéficiant d’un RPA à cotisations déterminées et les travailleurs ne bénéficiant d’aucun régime de retraite, ne pourront, dans une grande mesure, compter que sur leurs propres moyens. Leur sécurité financière sera pour une bonne part fonction du taux d’utilisation de leurs droits de cotisation à un REER et de la rentabilité de leurs placements. L’utilisation des droits de cotisation à un REER est donc très importante pour le bien-être des futurs retraités.
Or, selon les chiffres de Statistique Canada, ces droits ne sont pas utilisés. En 2004, plus de la moitié des contribuables ayant déclaré un revenu compris entre 20 000 $ et 60 000 $ n’ont versé aucune cotisation à un REER. Seulement entre 5 % et 10 % des contribuables disposant de droits de cotisation à un REER ont utilisé entièrement ou quasi entièrement leurs droits, et ce pourcentage va en diminuant de façon générale depuis 1996. LE DÉFI DES RÉGIMES À COTISATIONS DÉTERMINÉES Le régime à cotisations déterminées médian prévoit une cotisation de l’employeur à hauteur de 5 %.

Dans de telles conditions, une personne qui aura travaillé pour la même entreprise pendant 30 ans recevra grosso modo une prestation de régime à prestations déterminées deux fois plus élevée que celle d’un régime à cotisations déterminées. À DÉFAUT D’AGIR MAINTENANT, IL FAUDRA EN PAYER LE PRIX PLUS TARD De la façon dont les choses évoluent, il incombera de plus en plus aux Canadiens de financer eux-mêmes leur source de revenu de retraite.

Et nous pensons que la déception sera grande lorsque beaucoup de travailleurs se rendront compte qu’ils devront travailler plus longtemps que prévu et qu’ils devront vivre avec un revenu moindre que prévu lorsqu’ils prendront leur retraite. La déception sera générale, mais elle ne sera pas universelle.

Les personnes bénéficiant d’un régime de retraite à prestations déterminées, soit une petite minorité, constitueront une classe de privilégiés.

Cela ne manquera pas de créer des tensions au sein de la société.