La crise économique fragilise l'ensemble du système de retraite québécois

Extraits de: Mon régime de retraite tiendra-t-il le coup ?, Christine Deslandes, Les Affaires, 22-09-2009

Les régimes à prestations déterminées, qui garantissent un pourcentage du revenu d'emploi à la retraite, soulèvent encore plus d'inquiétudes. Krach boursier, repli de l'immobilier, chute du huard provoquant des pertes sur les placements étrangers...

Une série d'événements défavorables aux régimes de retraite à prestations déterminées se sont produits depuis deux ans.

Résultat, les actifs, qui souvent n'étaient déjà pas suffisants pour garantir les rentes de retraite promises, ont fondu comme neige au soleil.

Les dernières statistiques parlent d'elles-mêmes : les régimes de retraite à prestations déterminées canadiens et américains souffraient en moyenne d'un sous-financement de 15 à 20 % en 2007. Et la situation risque d'empirer à la suite du recul des marchés. Des entreprises sous pression On sent la pression monter chez les employeurs, qui assument les risques liés au financement des régimes à prestations déterminées. Si l'actif de la caisse est insuffisant pour payer toutes les rentes et les autres prestations prévues au régime, ce sont eux qui devront combler la différence. Des entreprises seront donc forcées de renflouer leur fonds de pension à un moment où il est difficile d'emprunter et où elles ont besoin de leurs liquidités pour traverser la crise économique.

Cela pourrait compromettre leur survie. " Plusieurs grandes caisses ne passeront pas au travers, pense Paul Dontigny, président d'Investissements PDJ. Les entreprises les plus menacées sont celles qui ont plus de retraités que de travailleurs, qui sont trop endettées ou qui sont nettement en perte de vitesse dans leur marché. " " Le gouvernement est forcé de s'en mêler, en raison de la chute importante de la valeur des investissements des régimes, dit M. Dontigny. Il n'a pas intérêt à maintenir des règles qui peuvent mettre en danger la survie des entreprises.

On constate en effet que les entreprises qui offrent encore ce type de régime cherchent à alléger leurs obligations. Par exemple, British Telecom veut allonger de cinq ans la durée de cotisation pour ses futurs employés et prendre comme référence, pour le calcul de la retraite, le salaire moyen plutôt que celui en fin de carrière. " Ça montre qu'il faut absolument avoir un plan B pour la retraite ", dit M. Dontigny.