Les régions ne doivent plus compter sur les entreprises étrangères

Extrait de: Les régions ne doivent plus compter sur les entreprises étrangères, La Presse Canadienne, les affaires.com , 04-10-2009

Louis Roquet, qui vient de quitter la présidence de Desjardins Capital de risque, lance un pavé dans la mare: selon lui, il faudra à l'avenir compter davantage sur l'entreprenariat québécois que sur la venue d'entreprises étrangères pour développer les régions. "Il va falloir trouver au Québec la capacité de développer notre économie", a déclaré M. Roquet jeudi dernier dans un discours prononcé au 50e congrès de l'Association des professionnels en développement économique du Québec, à Laval.

"La capacité d'attirer des entreprises étrangères ici est très faible maintenant", a-t-il ajouté, en faisant notamment allusion à la vive concurrence des pays dits émergents, dont les coûts de main-d'oeuvre demeurent bien inférieurs à ceux de l'Occident.

La bataille se fait aussi sur le plan des crédits d'impôts, des prêts à taux avantageux et autres subventions: aujourd'hui, rares sont les pays qui n'offrent pas d'aide financière aux entreprises alors qu'il y a dix ans, le Québec pouvait encore se démarquer à cet égard. Mais ce n'est pas tout.

Deux des maux qui affligent le plus l'économie québécoise _ sa faible productivité et le fort taux de décrochage scolaire _ font particulièrement mal lorsque vient le temps d'attirer ici des entreprises étrangères, a relevé Louis Roquet, qui a présidé Investissement Québec et sa prédécesseure, la Société de développement industriel, de 1995 à 2002.

"On est en train de se préparer un drame national", a-t-il lancé en parlant des taux élevés de décrochage qui existent dans plusieurs régions du Québec.

Ce déficit éducatif ne nuit pas seulement à la prospection d'entreprises étrangères, mais aussi à l'entreprenariat québécois, qui est d'ailleurs moins développé qu'ailleurs au pays, a déploré M. Roquet.