ÇA PUE, M. ARSENAULT...,

J'ai un plaisir de lire Michel Hébert, suffisament acide pour déranger. ÇA PUE, M. ARSENAULT..., Michel Hébert, le Journal de Québec, 3 Novembre 09

J’ai été un peu surpris du ton employé par le président de la FTQ, Michel Arsenault, pour dire qu’il était contre une enquête publique dans l’industrie de la construction.«Un gros show pour les médias», une «baloune», et ça n’aurait jamais rien réglé, selon lui. Il oublie Gomery, la CECO, la commission Cliche, etc, mais bon, la FTQ préfère l'ignorer...

Le grand patron de la FTQ, s’il l’avait pu, aurait craché par terre, au pied des journalistes.Il était doublement furax M. Arsenault. En syndicaliste professionnel, il s'était rendu à Québec pour répéter que, récession ou pas, déficit ou pas, ou peu importe les objections des «cons-tribuables»,il fallait, coûte que coûte, augmenter les salaires dans le secteur public québécois.«Le secteur public n'a pas à faire les frais de la crise», a insisté Claudette Carbonneau, de la CSN. Seulement les cons du privé? On y reviendra... Mais son message, M. Arsenault n’a pas pu le faire passer.

Un message archi connu mais, bon, quand l’aristocratie ouvrière le répète, on écoute, c’est important, mais faut-il se laisser emplir à chaque fois comme des cruchons? Loin s’en faut, comme on dit à Maniwaki.Enfin bref, Arsenault, à qui on obéit habituellement au doigt et à l’œil, était donc de mauvais poil. Et quand on lui a demandé ce qu’il pensait d’une enquête publique dans le joyeux royaume de la construction, il a dit No way, body! On le sait, M. Arsenault est un ami de Tony Accurso. Un bon ami même. Il est allé sur son bateau et a fait des affaires juteuses avec lui. Mais aujourd’hui, de ça non plus M. Arsenault ne veut pas parler. Une enquête nous mènerait-elle sur ce foutu bateau?Ce qu’il voudrait M. Arsenault, c’est qu’on boive ses paroles sans rien dire. Qu’on le croit d’emblée. Qu’on le respecte comme un parrain. Qu’on ne le fasse pas chier avec des questions insistantes.

Dans ses réponses, il y avait tant d’exaspération qu’on aurait dit du mépris.Pas seulement un mépris envers la presse parlementaire, peut-être la moins docile qui soit.Même si toute la société civile réclame une enquête publique sur les abus évidents du bien public, la FTQ, à commencer par son patron, dit No way, body. Moi, comme mes voisins, mes amis, mes parents, mon garagiste, la femme du dépanneur, la préposée de Loto-Québec, le gars du ménage au parlement, les fonctionnaires dans l’ascenceur, les gars du débosseleur de Limoilou,et les clients de la table à côté au casse-croûte, je pense qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Le Québec sent mauvais. Pas juste à Boisbriand. Pas juste à Montréal.

Mais Jean Charest et Michel Arsenault ne sentent rien; ils se pincent le nez mutuellement.C’est vraiment beau de voir ça. Une complicité apolitique, admirablement libérale...Dans le sens libératoire du terme, qui les libère de leurs obligations de leaders sociaux.Accurso doit être content de son ami… Mais, vous en faites pas M. Arsenault, les Québécois continuent de croire que ça pue...

Commentaire de: jean bottari, 2009-11-03 19:40:14 Salut Monsieur Hébert,

Je suis membre de la FTQ. En effet je suis un travailleur du réseau de la santé et membre d'une organisation affiliée à la FTQ. Je suis POUR une enquête publique car je suis un payeur de taxes avant d'être un membre. Je me contrefiche de savoir que Michel Arsenault ne veut pas d'enquête publique. Plusieurs groupes et la majorité des citoyens du Québec en réclamant une. Lors d'une telle enquête les ''bibittes'' cachées dans les coins sont inévitablement mises au jour. Est-ce cela qui inquiête les Arsenault et Charest de ce monde(?!) Certains diront que l'enquête policière est le meilleurmoyen d'arrêter les criminels. Et ils ont raison. Par contre rien n,empêche la tenue d'une enquête puiblique et policière de façon simultanée. Le président de ma centrale syndicale devrait écouter ses membres.

Cela au même titre que Jean Charest devrait écouter ses concitoyens. Je serais curieux de savoir quel pourcentage des membres de la FTQ, CSN et autres centrales syndicales veulent la tenue d'une enquête publique. Mon syndicat va t-il commander ce sondage? J'en doute fortement! @ Jean Bottari, 2009-11-03 19:46:29 J'oubliais, moi aussi je suis syndiqué à la FTQ.Mais j'ai pas fait voeu de silence...Je suis certain que la plupart de mes collègues souhaitent, eux aussi, une enquête publique.En fait, je suis absolument certain qu'il n'y a que l'élite syndicale FTÉQUISTE qui soit contre.Moi, comme contribuable, je voudrais bien savoir comment il se fait que ce soit toujours les mêmes qui remportent les appels d'offres. Non mais, on nous prend pour des cons finis?On sait bien que ce ne peut pas toujours être les mêmes qui gagnent, à moins de tricher ou de faire peur aux autres...

@ Michel Hébert, 2009-11-03 19:54:02
Plus j'en apprends sur le monde de la construction et plus je me demande pourquoi je travaille à petit salaire! J'ai tout pour réussir: Je suis d'origine italienne, syndiqué, j'ai connu, lorsque je travaillait en restauration, certains membres très, très influents de la communauté italienne qui sont, pour la plupart tombés sous les balles.

Bof! Fianlement j'aime mieux me petite vie tranquillle de con...tribuable.