Comment transformer la politique

Dans la dernière chronique de Richard Martineau, il a demandé à la population quelles seraient les suggestions pour améliorer la démocratie, voici quelques suggestions.

  1. Deux mandats maximum.
  2. Le taux d'annulation des votes.
  3. Interdire la publication des sondages.
  4. Tous les élus devraient avoir déjà eu «une vraie job»
  5. Profiter des élections pour tenir des référendums.
  6. Le vote secret lors des propositions à la Chambre des Communes.
  7. Interdiction formelle de changer de parti au cours d'un mandat.
  8. Ajoutons une loi de destitution, suggestion de votre blogueur.
Comment transformer la politique (1) , (2) , Richard Martineau, Canoe Info, 30/10/2009 Il y a deux jours, je vous ai demandé quelles réformes on pourrait apporter au système politique pour rétablir la confiance des citoyens. Vous êtes nombreux à m'avoir envoyé vos suggestions. Certaines sont tirées par les cheveux, d'autres sont un peu trop idéalistes, mais comme disait John Lennon, si on ne rêve pas, il n'y a rien qui change. Voici celles qui ont capté mon attention... NOMMER DES EXPERTS La suggestion qui revient le plus souvent est d'imposer une limite de deux mandats aux gouvernements. Si après huit ans, tu n'as pas réussi à réaliser la majorité de tes promesses, bye bye, on passe à un autre numéro. On t'élit pour agir et imposer des changements, par pour t'accrocher au pouvoir et assurer tes vieux jours en ajoutant des noms à ta liste de contacts. Autre suggestion qui semble faire l'unanimité: nommer la bonne personne au bon poste. Comme m'a écrit Jean Labonté de Blainville: "Si tu ne connais rien à l'éducation, pourquoi on te nommerait ministre de l'Éducation? Dans le privé, si tu veux décrocher un emploi, tu dois avoir de l'expérience. Ça devrait être comme ça au gouvernement... «De même, on ne devrait pas pouvoir promener les politiciens d'un ministère à un autre. Tu ne peux pas être un expert en transports, en santé et en agriculture, c'est ridicule!» SONDAGES INTERDITS Vincent Deslauriers croit qu'on devrait comptabiliser les votes annulés lors des résultats des élections. «Nous n'avons jamais de statistiques sur le taux d'annulation des votes, écrit-il. Or, imaginons que lors d'une élection, plus de 30% de gens iraient aux urnes pour annuler leur vote. Un tel courant serait pour le peuple un moyen efficace d'affirmer qu'il n'a plus confiance en ses institutions, non? Ça forcerait le gouvernement à rétablir le dialogue avec la population. «Pourquoi on ne nous dit jamais combien de gens ont annulé leur vote?» Bonne question, en effet. Invanohé Cloutier, de Chicoutimi, pense qu'on devrait interdire la publication de sondages lors des campagnes électorales. «Cette règle empêcherait les électeurs de subir l'influence pernicieuse des sondages, explique-t-il. Doit-on voter en se fiant à nos propres opinions, ou en se fiant à l'opinion d'un échantillonnage composé de quelques milliers de personnes? «Il est probable que ce genre de règle ne plairait pas aux médias, car les sondages favorisent les cotes d'écoute et moussent la vente de journaux. Par contre, cela obligerait les candidats à rencontrer le vrai peuple sur le terrain pour vendre leur salade, au lieu de toujours se fier aux sondages...» Jean-Marc Léger, qu'en dites-vous? TROUVE-TOI UNE JOB! Marc Lachance, de Québec, dit que tous les élus devraient avoir déjà eu «une vraie job». «Je suis tanné des politiciens de carrière, écrit-il. Il y a des députés qui n'ont jamais rien fait d'autre que de la politique! Ils sont politiciens depuis qu'ils sont sortis de l'école. Ils ne connaissent rien de la vraie vie, tout ce qu'ils savent faire est de serrer des mains et d'aller dans des soupers spaghetti... Comment ces gens peuvent représenter le vrai monde?» Pour Jacques Racine, «tous les gens qui songent à se présenter comme candidats pour un parti devraient passer une sorte d'examen pour savoir s'ils ont les compétences requises...» Ça nous empêcherait ainsi de nous retrouver avec des deux de pique qui ne connaissent rien de l'appareil gouvernemental. Avez-vous d'autres idées? Envoyez-les-moi, je vous reviens avec la suite demain... (2) VIVE LES RÉFÉRENDUMS ! Plusieurs lecteurs m'ont écrit pour me dire qu'on devrait faire comme aux États-Unis, et profiter des élections pour tenir des référendums sur des sujets précis. C'est ce que suggère Marc Champagne: «À chaque scrutin, écrit-il, on devrait mettre en place cinq référendums (qui se tiendront en même temps que le vote), dont les résultats auront force de loi pendant le mandat du parti qui sera porté au pouvoir. «Chaque parti pourra soumettre une question qui lui tient à coeur. Par exemple, un parti pourrait demander aux citoyens s'ils sont en faveur de l'abolition des commissions scolaires ou de l'augmentation de la TVQ de 1 %. Si les électeurs votent oui, le parti qui remportera les élections devra passer à l'acte lors de son mandat. «Imaginez : on aura des campagnes avec au moins cinq vrais enjeux! Cinq promesses électorales qui seront réalisées! «De plus, la tenue de ces référendums permettra aux électeurs de piger des idées dans le programme d'un parti tout en votant pour un autre parti qu'ils jugent plus apte à diriger...» Pas fou, non? LE SCEAU DU SECRET Steve Lépine, lui, propose qu'on instaure le vote secret lors des propositions à la Chambre des Communes. «Ainsi, si tu n'es pas d'accord avec la ligne de ton parti, tu peux te manifester sans craindre de te faire remettre à ta place par ton chef, explique-t-il. J'aurais ainsi l'impression que mon député, même s'il est étiqueté comme back bencher, a un poids égal aux autres. Ça donnerait moins de pouvoir à la poignée de députés (toujours les mêmes) qui ont le contrôle du parti. «Car c'est ça, le principal problème de notre système politique: la ligne de parti. Ce n'est pas parce qu'on est dans l'opposition qu'il faut systématiquement dénigrer tout ce que fait le gouvernement...» Gaétan Massicotte, lui, dit qu'on devrait voter deux fois: pour le premier ministre, puis pour le député de notre circonscription. Cela dit, vous imaginez Jean Charest à la tête d'un gouvernement qui est composé d'une majorité de députés péquistes? Pas sûr que ça serait très efficace... CONTRE LES PORTES TOURNANTES Une autre idée semble faire l'unanimité auprès des lecteurs: interdiction formelle de changer de parti au cours d'un mandat. Après tout, un parti politique n'est pas une équipe de hockey. Les députés devraient avoir un minimum de conviction, et ne pas changer de chandails selon la direction du vent.