Exemple potentiel: d'un Charter School

Voici un bel exemple, qui pourrait devenir un Charter School, voir l'extrait plus loin de l'article de la presse:

Sauvez cette école, SVP «Durant les années 1980, explique Malcolm Peabody, président de l'association

Les amis du libre choix dans les écoles urbaines, toutes les tentatives pour réformer les écoles ont raté. Elles ont été coulées par la bureaucratie de l'enseignement public et des syndicats de professeurs.

Quand la bureaucratie exerce un contrôle sur les écoles, c'est un désastre

Des groupes de professeurs avec des groupes de parents décident de faire leur propre école, pas de syndicats, pas de commissions scolaires, pas de ministères de l’Éducation.

Rien de tout cela, juste de la motivation et prendre à cœur l’éducation des élèves, ainsi les 'Charter School' sont nés.

Dans le troisième rapport Allaire on a eu d'excellentes suggestions pour le financement de ces types d'écoles.

Le statut d’école autonome:

·         Une fois dotée du statut d’école publique autonome (Charter School), l’école pourra choisir les approches pédagogiques qu’elle estime les mieux adaptées à sa clientèle. Elle pourra notamment choisir les livres scolaires et le matériel pédagogique, établir elle-­même le degré auquel elle recourt à la pédagogie par projet vs l’enseignement magistral.

·         Répartir à sa guise les heures d’enseignement entre les matières.

·         Modifier le calendrier scolaire compte tenu des contraintes applicables. Autonomie et responsabilité Cette autonomie additionnelle, par rapport aux écoles publiques régulières, sera contrebalancée par deux balises :

·         Les élèves continueront d’être assujetties aux examens nationaux du MELS afin de pouvoir comparer l’efficacité de l’école autonome à celle d’autres écoles s’adressant à une clientèle semblable sur le plan socioéconomique.

·         Le MELS devra par ailleurs ajouter des examens nationaux à la fin de chacun des cycles d’enseignement et rendre les résultats comparables.

Personnalité juridique:

Permettre aux écoles publiques primaires et secondaires d’acquérir la personnalité juridique. À l’heure actuelle, les écoles sont les succursales des Commissions scolaires. Cette proposition vise à inverser le lien de dépendance. Leur permettant d’acquérir la personnalité juridique, les écoles qui le désirent pourront se détacher de leurs commissions scolaires tout en demeurant publiques.

Les écoles publiques autonomes pourront continuer de traiter avec leur commission scolaire, mais sur une base différente.

Le seul élément manquant c'est du courage politique, ingrédient inexistant depuis des décennies au Québec.

Extrait de: Sauvez cette école, SVP, Rima Elkouri, La Presse, 13 novembre 2009

C'est Julien qui m'a invitée à l'école Félix-Antoine. Un jeune homme de 20 ans qui espère enfin décrocher son diplôme d'études secondaires cette année. Encore faudrait-il que son école, qui vivote sans aucune subvention depuis plus de 10 ans, survive.

L'école Félix-Antoine est une école privée qui n'a rien d'une école privée. Aucun de ses élèves ne peut payer 5000 $ par année pour y étudier. Ses six professeurs sont bénévoles. Ils sont obligés d'organiser des ventes-débarras et des soupers spaghetti pour payer le loyer. Avec les moyens du bord, dans des locaux vétustes, ils réussissent là où tout le monde avant eux avait échoué.

Grâce à leur travail acharné, depuis plus de 10 ans, des laissés-pour-compte du système réussissent à obtenir leur diplôme d'études secondaires et parfois même à se rendre à l'université. «Venez, c'est par ici», m'a dit Julien. Il m'attendait devant la porte de cet édifice fatigué de l'avenue Papineau, dans le nord de la ville. Je l'ai suivi. Au troisième étage, des élèves, jeunes et moins jeunes, dont la persévérance force l'admiration, suivaient un cours de Denyse Mayano, la directrice entêtée de cette école discrète qui fait pourtant des miracles.

Les raccrocheurs qui trouvent leur salut ici ont souvent de graves problèmes d'apprentissage. Certains souffrent de dyslexie, de dyspraxie, de déficit d'attention, du syndrome de Gilles de la Tourette... Mais c'est souvent le moindre de leurs problèmes. Ce qui est plus grave, c'est tout ce qui s'est construit autour de leurs difficultés. Ils vivent dans la précarité. Plusieurs connaissent l'échec depuis la maternelle.

Et pour la première fois, dans cette école, on leur fait réaliser qu'ils ne sont pas stupides pour autant. «Ici, j'ai découvert que j'étais un peu intelligente ! Un peu beaucoup, même !» lance Marie-Hélène, 20 ans, qui souffre d'un déficit de l'attention en raison d'une paralysie cérébrale. «On m'avait toujours dit : "Toi, tu as atteint un certain niveau qui est correct pour toi." Je m'étais résignée», dit la jeune femme en fauteuil roulant.

Après avoir parlé à Denyse Mayano, qui a été impressionnée par la qualité de son français, Marie-Hélène a décidé de foncer. Elle aimerait aller à l'université et obtenir un certificat en intervention psychosociale. Autour de la table, il y a aussi Danielle, grande brune de 50 ans, qui a quitté les bancs d'école à 14 ans. Sa fille, dyslexique, a elle-même étudié à Félix-Antoine. «Elle m'a dit : maman, tu peux le faire.» Et elle le fait. «Les professeurs ont une grandeur d'âme qu'ont très peu de gens dans la société», souligne Mélanie, 32 ans, qui rêve de s'inscrire en criminologie ou en communication à l'université. «Je ne connais pas beaucoup de gens qui, lorsqu'ils finissent leur job, vont faire du bénévolat le soir.» Mais Martin Beaulieu, qui est l'un de ces professeurs dévoués, ne veut surtout pas qu'on lui parle de sa grandeur d'âme. «On nous dit : "C'est donc beau ! Vous faites du bénévolat !" Je suis tanné d'entendre ça !

L'obligation d'être bénévole, ici, est la preuve qu'il y a un problème dans notre société, lance-t-il, exaspéré. On n'a malheureusement pas une cause glamour. On n'accueille pas des enfants. Mais si on veut aider les enfants, il faut aider les jeunes adultes aussi.» Le décrochage a un coût social trop important pour qu'on ne s'en occupe pas, plaide-t-il. Il a bien raison.

Petit extrait du rapport Ménard :

«Le décrochage des 28 000 jeunes par cohorte représente pour le gouvernement un manque à gagner de 1,9 milliard de dollars, en valeur actualisée. Ce manque à gagner est constitué de taxes et d'impôts non perçus ainsi que de dépenses sociales additionnelles généralement associées à un décrocheur sur la durée de sa vie. D'une façon imagée, c'est comme si le gouvernement signait chaque année une hypothèque de 1,9 milliard de dollars.»

Permettre à l'école Félix-Antoine de survivre n'aurait rien d'une folle dépense. Bien au contraire. Cette école est la preuve qu'il existe des solutions pour s'épargner une hypothèque monstrueuse. Des solutions pas si coûteuses, pour peu que l'on s'y attarde.

Comment se fait-il donc que cette école ne soit pas subventionnée?

J'ai posé la question à la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne. Cet établissement bien particulier, dont elle reconnaît la valeur et le bien-fondé, tombe malheureusement dans les «craques» du système. L'école n'entre dans aucune case du Ministère, qui subventionne l'éducation aux adultes par le truchement des commissions scolaires.

Elle ne pourrait donc être financée que si elle conclut une entente avec une commission scolaire, m'a expliqué la ministre. «Il y a des lois, il y a des règles.»

Typique de politicien qui manque de courage et d’envergure !, Q.D.