Le scrutin proportionnel est le meilleur ennemi de la corruption

Le fait de rester au pouvoir trop longtemps peut créer des relations malsaines entre les politiciens qui gèrent des milliards avec les fournisseurs de service. Deux mandats maximum.

Mais chose certaine, comparée au mode de scrutin majoritaire uninominal, les modes de scrutin proportionnel permettent de faire des avancées importantes sur ces questions, entre autres en regard de la capacité de refléter davantage la volonté populaire exprimée par le vote de l'électorat, de diminuer les distorsions du vote et de favoriser le pluralisme politique.

En ce sens, ils amènent une amélioration considérable à l'exercice démocratique que constitue une élection.

L'objectif du mode de scrutin actuel est de former un gouvernement avec le parti ayant remporté le plus grand nombre de circonscriptions.

Pour ce faire, les partis doivent réussir à concentrer géographiquement leurs appuis, ce qui n'est pas possible pour tous les partis autorisés, et ce, sans égard à la valeur de leurs programmes respectifs. Exemple : Montréal n'est pas un enjeu politique, car la moitie est Libéral, l'autre moitié est Péquiste, donc les politiciens mettent leurs efforts en région.

Comparativement, les différents systèmes proportionnels ou mixtes ont pour objectif de former un gouvernement reflétant le plus exactement possible la volonté de l'électorat.

Extrait de: Le scrutin proportionnel est le meilleur ennemi de la corruption, La Presse Canadienne 11/11/2009

La meilleure façon d'empêcher la corruption serait d'instaurer un mode de scrutin proportionnel, a déclaré mercredi le député de Québec solidaire Amir Khadir. M. Khadir a affirmé que ce mode de représentation permettrait de changer plus rapidement la composition de l'Assemblée nationale, réduisant de ce fait les possibilités qu'un système de trafic d'influence se mette en place.

Selon le député, en plus de revoir les règles encadrant le financement des partis politiques, le ministre de la Réforme des institutions, Claude Béchard, devrait aussi s'attaquer au mode de scrutin. Actuellement, les députés provinciaux et fédéraux sont élus à la majorité simple. M. Khadir a estimé que ce système favorisait l'instauration d'une alternance entre deux seuls partis, empêchant le renouvellement de la classe politique.

Ce partage facilite, selon lui, l'intervention des corrupteurs et du même coup, l'instauration de moeurs politiques dissolues. M. Khadir croit que le projet de loi de M. Béchard devrait proposer la mise en place d'un scrutin proportionnel mixte qui assurerait un meilleur pluralisme à l'Assemblée nationale.

Dans la foulée des allégations de malversations du secteur de la construction, M. Béchard a récemment affirmé qu'il soumettrait, d'ici la fin de la session, un projet de loi modifiant les règles de financement des partis politiques ainsi que la carte électorale.

Voir aussi: Une démocratie douteuse ?, Le scrutin