Les débats en chambre
Posted by Québec de Droite in Démocratie, Gouvernance, Scrutin on vendredi 27 novembre 2009
Il y a un excellent article, écrit sur les débats en chambre par Valère Audy.
Je vous ai souvent dit que nous avions une démocratie de plus en plus douteuse, au Québec.
Où nos politiciens depuis des décennies ne travaillent plus pour l’intérêt du bien collectif, mais plutôt pour leurs intérêts personnels, c’est-à-dire rester au pouvoir.
On en voit un exemple flagrant actuellement quant le ministre Charest refuse systématiquement une enquête publique, quant 80 % sinon plus de la population demande une telle enquête. Pourtant, M. Charest devrait représenter le peuple, et dans une démocratie la voix du peuple est l’ultime décideur.
Mais voila M. Charest ne représente pas le peuple, mais plutôt son parti.
Le chroniqueur Valère Audy donne une assez bonne description des débats en chambre et les enjeux qui sont rattachés, malheureusement leurs préoccupations journalières ne sont pas tout à fait celles du peuple …
Extrait de: Fermons les caméras!, Valère Audy, La Voix de l'Est, 21 novembre 2009
La période de questions de l'Assemblée nationale n'est qu'un gros show où les participants ne cessent de s'invectiver, l'opposition s'appliquant à piéger et à planter les politiciens au pouvoir afin de les faire mal paraître et d'en tirer bénéfice, ceux du pouvoir ne répondant de leur côté à peu près jamais aux questions, s'appliquant plutôt à les contourner et à ridiculiser les adversaires. Bref, on y apprend rien... d'autre que l'étendue du vocabulaire et des talents de nos politiciens en matière d'invectives et d'accusations.
La situation n'est pas nouvelle. C'était aussi comme ça lorsque le PQ était au pouvoir. Même spectacle, même arrogance. Les rôles étaient juste inversés. Mais voilà que la situation empire, devenant aussi triste que peu édifiante. Car il fut un temps où les politiciens s'abstenaient de certains qualificatifs ou devaient s'en excuser. Ça reste encore la règle. Sauf qu'on n'hésite plus à blesser, le mal fait le demeurant en dépit des excuses, et qu'on refuse même de s'excuser. La partisannerie y est si forte que le parti dont un député est en faute l'applaudit au lieu de le rappeler à l'ordre.
Imaginez la tâche qui incombe au président de l'Assemblée nationale. Cette semaine, il ne savait plus où donner de la tête tellement c'était la foire à la période des questions. Le PQ qui charge, les libéraux qui ne répondent pas, le ministre Dupuis qui accuse un adversaire d'être un menteur, Mme Normandeau qui traite le député Aussant «d'épais», ce dernier lui répondant deux fois de se «fermer la gueule» (ce qu'on a trop souvent dit aux femmes), le député Drainville s'excitant en Santé, Mme Marois réclamant la démission de Mme Boulet, le ministre Béchard réclamant plutôt celle de Mme Marois.
Et l'ADQ? Pas sûr qu'elle soit plus respectueuse que le PQ et le PLQ. Qu'on souvienne de Mme Roy avec ses insinuations à l'Assemblée nationale. Sous M. Dumont, c'était souvent coloré, exagéré et insultant avec son répertoire de clips. Mais l'ADQ n'est plus dans le décor avec ses déboires et la tâche qui attend son nouveau chef. On ne frappe pas sur qui gît au plancher, mais on veillera assurément à ce qu'il ne relève pas trop la tête.
Pourquoi en est-on rendu à un aussi triste spectacle? Tout simplement à cause d'une partisannerie aveugle où ce n'est plus l'information et l'éclairage du peuple qui compte, mais les points politiques que chaque formation peut marquer en prévision des prochaines élections. En dépit des discours où ils prétendent agir en fonction de l'intérêt public, les partis ne pensent et cherchent qu'à se piéger et planter. Le discours est le même de chaque côté, même là où il pourrait parfois différer pour refléter la volonté populaire. On n'a plus affaire à des représentants du peuple, mais à des délégués des partis.
La période des questions n'est que mauvais cirque. Lorsqu'un vieux routier comme le ministre Dupuis traite quelqu'un de menteur, que M. Aussant dit à Mme Normandeau de se fermer la gueule, que le premier ministre ne réagit pas à un rapport aussi accablant que celui du vérificateur général, on accroît le cynisme. Jeudi, le président de l'Assemblée nationale aurait dû suspendre les travaux pour obliger, avant le retour, que tous s'excusent. Car pour exiger la confiance et le respect du peuple, il faut les mériter en commençant par en témoigner. À cet égard, nos élus donnent un triste exemple aux Québécois et aux jeunes qui les observent.
Enfin, non seulement le président de l'Assemblée nationale devrait-il exiger des élus qu'ils s'excusent, mais il devrait aussi fermer les caméras de la période de questions pour le reste de la session. Quelques jours ne suffiraient pas. Il faut prolonger la privation pour que les élus reviennent à de meilleures dispositions. Ce qui ne nous priverait de rien puisque nous n'y apprenons plus rien.
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