Les entrepreneurs ont peur de se faire casser les jambes...
Posted by Québec de Droite in Collusion, Construction, Corruption on lundi 2 novembre 2009
Quand le président du syndicat dit lui-même que ses membres ont peur de parler, que c'est par une enquête publique déclenchée par le gouvernement Charest que l'industrie de la construction pourra se défaire de son bois tordu. Il faut que la population maintienne la pression sur le gouvernement pour faire une enquête publique, ce sont nous qui payons les factures, on est en droit de le savoir.
Extrait de: Le président de la CSD-Construction — «Les entrepreneurs ont peur de se faire casser les jambes...» ,Yvon Laprade, rue Frontenac, Jeudi, 29 octobre 2009
Les entrepreneurs honnêtes de l'industrie de la construction hésitent à faire des dénonciations à la police «de crainte de subir des représailles», soutient le président du syndicat CSD-Construction, Patrick Daigneault. «Il y a certaines formes d'intimidation dans notre industrie et cela empêche des entrepreneurs de parler», confie le syndicaliste en entrevue à Rue Frontenac.Patrick Daigneault est à la tête d'un syndicat qui représente 26 000 travailleurs de la construction.
Il est favorable à la mise sur pied d'une escouade spécialisée pour faire le ménage dans cette industrie. Il constate que le secteur de la construction est malmené, depuis des mois, avec la mise au jour de scandales impliquant des entrepreneurs véreux et des politiciens municipaux peu enclins à respecter certaines règles d'éthique lorsqu'il est question de lancer des appels d'offres. «Il était temps qu'on lance l'Opération marteau pour faire enquête sur les pratiques d'entrepreneurs fraudeurs. C'est un coup de balai qui s'imposait mais je doute fort que cela soit suffisant. Il faudra voir si les entrepreneurs vont se confier à la police. Il y en a plusieurs qui vont hésiter de crainte de se faire casser les jambes. Ça peut jouer dur sur les chantiers», dit-il.
Il n'est pas convaincu que les policiers-enquêteurs vont réussir à délier les langues. «Cette peur de parler, de dénoncer, est bien réelle. C'est une chose de parler à visage couvert dans les médias, mais c'en est une autre de faire une dénonciation à la police», fait-il valoir. Une enquête publique, rien de moins! Le président de la CSD-Construction, en poste depuis deux ans, croit plutôt que c'est par une enquête publique déclenchée par le gouvernement Charest que l'industrie de la construction pourra se défaire de son bois tordu.«L'enquête policière est un pas dans la bonne direction mais si on veut faire parler tout le monde, et trouver des solutions durables, il faudra entendre tous les joueurs.
Cette commission d'enquête pourrait nous réserver des surprises. On pourrait apprendre qu'il y a un nombre considérable d'entrepreneurs, petits et grands, qui sont coupables de collusion», soumet-il. Patrick Daigneault est conscient qu'il est l'un des rares syndicalistes à dire haut et fort ce qu'il pense de cette industrie, de ses maux, de ses malaises, de la gangrène qui la mine lentement. Sans les nommer, il ajoute qu'il y a «aussi des syndicats de la construction qui pourraient mieux se comporter si on veut assainir notre industrie une fois pour toutes». «Il y a des discussions de corridors. Il y a des choses qu'on raconte...
Il y a des entrepreneurs qui sont de mèche pour obtenir des contrats, mais il y a aussi des syndicats qui semblent ne rien vouloir voir», dit-il. Le président de la CSD-Construction veut que des gestes concrets soient posés. Il veut aller plus loin. «On devrait être capable, par des mesures plus sévères, de retirer le permis de travail aux entrepreneurs qui sont fautifs, qui baignent dans la corruption et la collusion. On enlève le droit de travail pour cinq ans aux représentants syndicaux qui commettent des fautes. On pourrait faire de même avec les entrepreneurs», insiste-t-il. Le leader syndical insiste par ailleurs pour rappeler que «ce n'est pas toute l'industrie qui est corrompue». «C'est dommage de constater, encore une fois, que les travailleurs en subissent les contrecoups. Ces histoires sales sur l'industrie reviennent hanter notre industrie. Les travailleurs se font poser des questions. C'est malsain», ajoute-t-il. FTQ-Construction : lettre aux membres.
De son côté, la FTQ-Construction, plongée au coeur de plusieurs controverses depuis le départ de ses deux hauts dirigeants, Jocelyn Dupuis et Jean Lavallée, doit diffuser vendredi une «lettre à ses membres» pour faire le point sur plusieurs dossiers chauds. «Nous allons répondre à plusieurs interrogations, entre autres sur la question de l'escouade spécialisée (mise sur pied par le gouvernement Charest) et sur les contrats accordés au plus bas soumissionnaire», a dit à Rue Frontenac un permanent à la centrale. Le directeur général de la FTQ-Construction, Richard Goyette, retenu par une réunion du conseil d'administration de la Commission de la construction du Québec (CCQ), n'était pas disponible jeudi pour commenter cette «lettre à ses membres».
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