Le subtil dosage du salaire minimum

Aussi regrettable que cela puisse paraître, le salaire minimum réduit le nombre d’emplois disponibles, cause du chômage et nuit aux travailleurs les moins qualifiés!

Dans les faits, ce n’est pas parce que les salaires sont faibles que les gens sont pauvres, c’est parce qu’ils sont peu qualifiés. La seule véritable solution à l’amélioration du niveau de vie passe par l’instruction et l’expérience

Il y a eu une étude américaine, qui vient juste d’être publié à ce sujet.


Sources: MINIMUM WAGES AND POVERTY: Will the Obama Proposal Help the Working Poor?

Economists have long studied the effect of increases on the minimum
wage on poverty. These studies are nearly unanimous
in their finding
that raising the wage floor has no effect
on poverty rates.

 

Extrait de: Le subtil dosage du salaire minimum, Pierre Duhamel, Argent, 12 décembre 2009 

Le salaire minimum atteindra 9,50 dollars le premier mai prochain au Québec. Une misère, diront certains puisqu’on parle ici d’un salaire annuel de moins de 20 000 dollars. Pour eux, le salaire minimum est une politique sociale permettant à des travailleurs d’augmenter leur pouvoir d’achat et de quitter le seuil de la pauvreté.

Si on les écoutait, le salaire minimum serait de plus de 20 dollars de l’heure et pourquoi pas de 30 dollars l’heure tant qu’à y être. Après tout, qui pourrait bien être contre l’augmentation du pouvoir d’achat et pour la diminution de la pauvreté ?

Vous devinez tout de suite ce qui arriverait dans de telles circonstances. Les employeurs délocaliseraient leur production dans des juridictions où les salaires sont moins élevés et des tonnes d’emplois seraient abolis. Personne ne voudrait embaucher à ces niveaux de salaire et les coûts des produits et services seraient relayés à des consommateurs qui subiraient une forte augmentation des prix. Ce serait alors la ruée vers l’Ontario ou les États-Unis pour faire nos emplettes. Une telle politique serait anti-économique et extrêmement dommageable.

Quand un gouvernement détermine le salaire minimum, il cherche un équilibre entre les considérations sociales et le bon sens économique. Pas de salaire minimum et c’est la pauvreté garantie pour les nouveaux arrivants sur le marché du travail et les travailleurs moins scolarisés qui occupent des emplois dans des secteurs plus fragiles.

Mais un salaire minimum trop élevé et ce sont ces mêmes emplois qui sont délocalisés ou abolis. Les restaurateurs et les commerçants limitent l’embauche et diminuent la durée du travail au maximum.

Les premières victimes d’un salaire minimum trop élevé sont souvent les jeunes. En France, où le salaire minimum représente 60 % du salaire moyen, presque 25 % des jeunes de 15 à 24 ans sont en chômage, contre 14,7 % au Québec. La différence pour la population en général n’est que de 1,4 % (9,5 % France, 8,1 % Québec).

L’augmentation annoncée aujourd’hui haussera le salaire minimum à la moitié du salaire hebdomadaire moyen, un niveau jugé inquiétant par les économistes. En plus de détruire des emplois, une hausse inconsidérée du salaire minimum prive les plus jeunes et les plus démunis de l’expérience qui leur permettra précisément de gagner mieux. Le Québec s’approche du niveau fatidique.