Plus de stabilité et de souplesse pour les élèves

Extrait de: Plus de stabilité et de souplesse pour les élèves, Sébastien Ménard ,Le Journal de Montréal, 10/12/2009

Fini les changements répétitifs d'enseignants et les jours de classes chronométrés à la minute près : les demandes patronales pour modifier les conventions collectives des profs du Québec ont attisé la colère de leurs syndicats, hier.

Quelques semaines après avoir reçu les demandes syndicales, le Comité patronal de négociations des commissions scolaires francophones (CPNCF) a répliqué avec ses propres demandes aux enseignants, professionnels et employés de soutien oeuvrant dans les écoles de la province. Il s'agit exclusivement de demandes visant «l'organisation du travail», puisque les clauses salariales font l'objet d'une autre négociation.

En entrevue au Journal, le président du CPNCF, Bernard Tremblay, a expliqué que la partie patronale souhaite obtenir deux changements majeurs dans la prochaine convention collective des profs du Québec : de la «stabilité» et de la «souplesse» pour «mieux répondre aux besoins des élèves.»

Très compartimenté

Lorsqu'il parle de «stabilité», Ber nard Tremblay fait allusion aux changements d'enseignants répétitifs dont sont victimes de nombreux élèves chaque année en raison de certaines dispositions des conventions collectives. «Le fait qu'un parent se retrouve à voir son enfant avoir deux, trois, quatre ou même cinq enseignants différents dans la classe, ça a un impact sur la réussite des jeunes, insiste-t-il. C'est établi par des recherches.»

«Il y a des situations qu'on ne contrôle pas, par exemple des congés de maladie et des congés de maternité, dit M. Tremblay. Mais il y a des situations qu'on contrôle et il faudrait qu'on soit capable de s'asseoir avec les syndicats pour en parler.»

La «souplesse» souhaitée par la partie patronale concerne «l'organisation de la tâche des enseignants» qui est «très compartimentée», déplore Bernard Tremblay.

«J'entends souvent des gens demander pourquoi l'école commence à 8 h 03 et finit à 15 h 42, lance-t-il. C'est en lien avec la tâche des enseignants, qui est minutée. Cette tâche-là est établie sur une base hebdomadaire, ce qui fait qu'on n'a pas la souplesse pour la faire varier comme on voudrait la faire varier», explique-t-il.

Syndicats mécontents

Les demandes de la partie patronale ont fait bondir les syndicats d'enseignants.

«À en croire la partie patronale, l'existence même des conventions collectives est un frein à la réussite des élèves, alors qu'on sait que ce sont ces conventions qui encadrent le nombre d'élèves par classe et les services aux élèves en difficulté», a déclaré le président de la Fédération autonome de l'enseignement, Pierre St-Germain.

«La partie patronale fait reposer la réussite des élèves uniquement sur les enseignantes et les enseignants. Par contre, elle ne se reconnaît pas l'obligation de lui accorder les ressources nécessaires. Ils ont les mains vides et se trompent de cible», ajoute Manon Bernard, de la Fédération des syndicats de l'enseignement.


  • Les négociations débutent la semaine prochaine.