Pourquoi, les entreprises agricoles québécoises sont rentables ?

 

C’est relativement simple, toutes les entreprises laitières au Québec jouissent d’un privilège particulier, le prix du lait et du beurre sont gonflés artificiellement par le fédéral.

On appelle ce régime la « gestion de l’offre ». La justification économique est simple : en limitant efficacement l’offre de lait, les producteurs peuvent faire monter les prix.

Les prix administrés du lait assurent aux producteurs laitiers une rétribution élevée et une protection considérable. Les prix que touchent les producteurs canadiens pour leur lait et leur beurre, par exemple, équivalent régulièrement au double ou au triple des prix mondiaux.

Consulté le carnet: Industrie laitière, une autre belle arnaque !   

Extrait de: Moins d'entreprises agricoles, plus de profits, Vincent Brousseau-Pouliot, La Presse, 03 décembre 2009.

Les agriculteurs québécois ont beau être les plus riches au pays, ils ne peuvent rien contre le grand paradoxe de l'industrie agricole: la disparition d'entreprises agricoles par milliers en dépit de profits en forte hausse.

Selon la dernière étude de Statistique Canada publiée hier, le Québec a perdu 1125 entreprises agricoles en 2008. Le nombre d'entreprises agricoles au Québec est passé de 25 390 à 24 265, une baisse de 4,4%. Et pourtant, les revenus et le bénéfice net des fermes québécoises sont tous deux en hausse de 12,7% durant la même période. «La tarte grossit, mais il y a de moins en moins d'entreprises. Les agriculteurs qui restent peuvent faire des économies d'échelle, ce qui explique la hausse des profits», résume Sylvain Charlebois, professeur en marketing et spécialiste de l'industrie alimentaire à l'Université de Regina, en Saskatchewan.

Les entreprises agricoles québécoises génèrent les profits les plus importants au pays. Selon les derniers chiffres de Statistique Canada, le bénéfice net moyen d'une entreprise agricole québécoise est de 56 517$. Après amortissement et en excluant les subventions publiques, les profits réels sont plutôt de 30 630$, une hausse de 22% par rapport à l'année précédente. Sylvain Charlebois n'est pas surpris que les entreprises agricoles québécoises soient plus rentables que celles des autres provinces canadiennes. «La réalité québécoise, c'est que 60% de la production est de la production laitière, un secteur assujetti à un système de gestion de l'offre, dit-il. Au cours des dernières années, les prix du lait fixés par Ottawa ont augmenté de façon significative.»

Les entreprises agricoles canadiennes ont vu leurs profits augmenter de 18% en 2008 par rapport à l'année précédente. Les fermiers canadiens ont encaissé un bénéfice net moyen de 44 054$ sur des revenus de 293 378$. Après amortissement et en excluant les subventions publiques, les profits des agriculteurs sont de 19 685$, une hausse annuelle de 41%. Pourtant, le Canada a perdu 6860 entreprises agricoles en 2008, une baisse de 3,6%.

Charles-Félix Ross, économiste en chef de l'Union des producteurs agricoles, n'est pas surpris d'avoir vu le nombre d'entreprises agricoles poursuivre son déclin en 2008. «C'est malheureusement une tendance qu'on observe depuis des années», dit-il. Quant aux augmentations de revenus et de profits, il pointe du côté de la hausse du prix des céréales pour l'expliquer. «L'année 2008 a été très bonne à peu près partout, et particulièrement au niveau du prix des grains. Ça devrait être un peu moins élevé pour 2009», prédit l'économiste.

L'étude de Statistique Canada se base sur les déclarations de revenus des entreprises agricoles pour l'année 2008. Environ 80% des déclarations de revenus ont été compilées jusqu'à maintenant. Les chiffres finaux pour l'année 2008 seront dévoilés en mars prochain.

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    # by tn1_99 - 4 décembre 2009 à 15 h 06

    Faites vos devoirs.

    D'une part, la gestion de l'offre est un mécanisme commercial pancanadien, pas québécois.

    D'autre part, seulement 9000 fermes sur environ 30 000 produisent sous gestion de l'offre, soit dans les secteurs du lait, des oeufs et de la volaille.

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    # by Un Québec de Droite - 8 décembre 2009 à 08 h 15

    C'est exactement ce que je dis:
    "Sont gonflés artificiellement par le fédéral"

    Pourquoi doit-on priviligié un secteur agricole plus qu'autre ?

    "Toutefois, les raisons qui motivent la politique du gouvernement consistant à autoriser ce régime aux dépens de la plupart des autres Canadiens sont loin d’être aussi faciles à défendre., Conference Board, novembre 2009"