Prions pour que les bottines de M. Charest suivent ses babines !
Extrait de: Le populisme social-démocrate, Daniel Audet, premier vice-président du Conseil du patronat du Québec Le Journal de Montréal, 5 octobre 2009, p. 29
Dans l'absolu, tout le monde est pour la tarte aux pommes. Le problème est que la tarte aux pommes, comme tout bien produit, n'est pas gratuite. Pourtant, on nous en offre depuis des lustres sans se soucier des coûts. Le débat qui débute en ce moment est bien mal engagé. L'alternative qu'on nous offre est d'augmenter les impôts ou les tarifs. Basta cosi!
Charydbe et Scylla
Pourquoi ne remettrions-nous pas plutôt en question notre façon de gérer les 70 milliards que l'État québécois perçoit chaque année? Non, le gouvernement veut augmenter ses recettes. Encore. Les tarifs et les impôts (incluant les taxes) sont comme les deux monstres marins de la mythologie grecque. Ils sont tout aussi effrayants l'un que l'autre!
Ni le Parti québécois ni le Parti libéral, qui nous ont dirigés depuis 1970, n'ont eu le courage de remettre en question les soi-disant acquis (exception faite de l'épisode « déficit zéro »). En revanche, nos dirigeants ont rivalisé d'imagination pour créer toutes sortes de nouveaux programmes financés à même nos emprunts. C'est ce que j'appelle le modèle argentin, pas le modèle suédois. Une sorte de péronisme à la québécoise.
Et la lumière fut (peut-être…)
J'ai été agréablement surpris d'entendre le premier ministre dire qu'il avait « la colonne des dépenses devant les yeux ». Il évoquait sans doute les négociations qui s'entament avec les employés de l'État. Voilà une belle occasion de remettre en question une des vaches sacrées québécoises. Vous apparaît-il normal que, dans notre société, des milliers de personnes jouissent d'une sécurité d'emploi béton et qui, en plus, ont des exigences salariales débranchées de la réalité tandis que des milliers d'autres sont soit sur l'aide sociale, soit en chômage, soit en précarité d'emploi? Moi pas. Il faut choisir. Si la fonction publique veut rattraper son retard par rapport aux salaires du secteur privé, elle doit d'abord renoncer à sa sacro sainte sécurité d'emploi. Les arguments pour la défendre sont éculés. Quoi qu'il en soit, prions pour que les bottines de M. Charest suivent ses babines.
Le gouvernement se lance dans une grande opération de relations publiques pour faire accepter une hausse de tarifs généralisée, non sans avoir d'abord fait une profession de foi sociale-démocrate. Pas question de toucher aux services. « Tarifs » est synonyme de taxes et d'impôts. Vous en avez pas assez de payer toujours plus? Moi si! La colonne des dépenses ne comprend pas uniquement les salaires des employés de l'État. Il faudra avoir le courage de couper dans les programmes pour de vrai.
La bonne dette
Le ministre Bachand parle constamment de bonne et de mauvaise dette. Il fait le parallèle entre une dette de consommation (mauvaise dette) et une hypothèque (bonne dette). Mais encore faut-il qu'on soit capable de faire les paiements mensuels. Il y a une limite à faire passer des vessies pour des lanternes! Il est impossible de revenir à une dette acceptable sans couper sérieusement dans les dépenses. Le gouvernement a choisi la voie de la facilité.
Autre mythe à détruire : le déficit est dû à la pire crise économique en 70 ans (dixit le premier ministre). Faux, faux et faux! La récession dont on sort en ce moment au Québec fut moins importante que les deux dernières (1982 et 1991). Non, la dette est due à un niveau de vie trop élevé pour nos moyens! À rien d'autre.
This entry was posted on mardi 15 décembre 2009 at 13:15 and is filed under Dette, Déficit. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response.
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