Conflit intergénérationnel (Débat 1-1)

 

Cet article est extrêmement pertinent sur les futurs problèmes sociaux, si rien n’est fait.

On ne peut transférer plus de 215 milliards de dettes publiques sur le dos des jeunes.

Nous sommes en train de créer un sérieux problème social, quant les jeunes vont prendre le pouvoir, pensez-vous qu’ils vont être tendres avec les vieux.

Oubliez cela!,  transportez une hypothèque sur leur dos parce que nous étions irresponsables, ils vont nous dire tu voulais chanter, mais danse maintenant et ils vont avoir tout à fait raison.

À tous ceux qui pensent avoir une retraite dorée, vous risquez sérieusement qu’elle s’envole, surtout si cette retraite dorée est payée par l’état, tous se renégocie, même unilatéralement quant ça vas mal !

À retenir, une bonne règle de gouvernance :

 

Chaque génération devrait se développer sans pour autant nuire à l’aptitude de la génération suivante à se développer elle-même.

 

Extrait de: Refusons de démissionner devant la dette publique!, Paul St-Pierre Plamondon, Argent, 11 janvier 2010

La stratégie budgétaire du Québec au cours des 15 dernières années est pour le moins difficile à suivre. En 1996, le gouvernement du Parti québécois organisait un sommet durant lequel les principaux acteurs de la société civile prenaient conscience du sérieux de la problématique de notre endettement public et prenaient part à un plan de redressement sous le thème du « déficit zéro ». Ce plan allait donner naissance à une Loi sur l’équilibre budgétaire. Cette loi instaurait alors un principe fondamental très sensé : celui d’interdire à un gouvernement de renvoyer dans la cour des générations à venir les problèmes découlant de nos choix budgétaires actuels.

En 1996, on parlait de l’urgence d’agir alors que la dette nette du Québec s’élevait à 65 milliards $. Le 31 mars 2010, cette dette aura plus que doublé, atteignant 137 milliards $. En 2009, le gouvernement du Québec a modifié la Loi sur l’équilibre budgétaire pour en suspendre ses effets. Pourquoi faire des choix ou générer des solutions quand on peut tout mettre sur la carte de crédit? Consommer maintenant et payer plus tard – ou plutôt faire payer les plus jeunes plus tard: voilà l’approche qui a été privilégiée par le Québec au cours des dernières années. Qu’attendons-nous pour dire: cela suffit!

La stratégie budgétaire et la stratégie jeunesse du gouvernement violent un principe fondamental: celui de la nécessité d'ajuster la croissance des dépenses publiques à celle de la richesse. Elle viole également le principe de l’équité entre les générations. Mais de manière encore plus importante, elle est contraire au principe du développement durable, qui énonce que chaque génération devrait se développer sans pour autant nuire à l’aptitude de la génération suivante à se développer elle-même.

En effet, ce pelletage budgétaire dans la cour des plus jeunes limite déjà leur liberté d’agir sur le plan social et culturel : ce sont 8 milliards de dollars de fonds publics qui partiront l’an prochain pour le service de la dette, dont plus de la moitié pour la dette d’épicerie. Qu’aurions-nous pu bâtir l’an prochain avec ces milliards, n’eût été de notre laxisme des dernières années? Laissons le soin à chaque lecteur de répondre à cette question. Une chose est certaine, c’est que la relève québécoise, aux prises avec cette problématique et celle du diminution de la population active, et devant absolument trouver des solutions, sera plus encline à ouvrir les discussions entre la droite et la gauche et à écouter des pistes de solutions novatrices.

Devant l’importance et l’urgence de la situation, on retrouve différentes réactions à travers le Québec. Certains choisissent de se mettre la tête dans le sable, en se berçant dans l’illusion que cette problématique collective ne les atteindra jamais individuellement. D’autres dénoncent la situation, mais se gardent de faire des propositions concrètes pour remédier à la situation, de peur de déplaire ou de déranger. Finalement, il y a une minorité qui, consciente du problème et de l’urgence d’agir, se risque à mettre sur la table, en leur nom propre, des pistes de solutions concrètes.

Si je ne suis personnellement pas complètement en accord avec toutes les avenues qui nous sont proposées dans cette série de dix idées pour trouver cinq milliards, je pense que l’on doit lever notre chapeau aux quelques personnes qui ont le courage de mettre de l’avant des propositions tangibles plutôt que de choisir la procrastination. Une fois des propositions concrètes et réalistes sur la place publique, nous pourrons établir un plan de match à partir des idées qui rassembleront le plus de Québécois.

Or, à qui revient la responsabilité de mettre sur pied ce plan de match et de mettre en œuvre ces solutions? À nous, les jeunes Québécois, sans aucun doute. La relève québécoise est demeurée silencieuse et passive devant la question de l’endettement au cours des dernières années, mais elle ne peut aujourd’hui plus se le permettre. Sachant que ce sera à nous à faire face aux conséquences de ces choix budgétaires qui coïncideront avec un vieillissement de notre population au cours des prochaines années, nous avons le choix entre deux avenues : démissionner, comme le font certains qui choisissent de quitter le Québec, ou se responsabiliser.

Nous refusons de démissionner et invitons les jeunes Québécois à participer à cette génération de solutions à notre endettement public dans le forum associé à cette série de textes.

 

Paul St-Pierre Plamondon

Paul St-Pierre Plamondon est titulaire d’un M.B.A de l’Université d’Oxford, d’un baccalauréat en droit civil et en common law de l’Université McGill, et d’un certificat en droit international de l’Université de Lund en Suède. Il est présentement avocat de litige commercial au sein de l'étude Delegatus, un regroupement d'avocats issus de grands cabinets ou de contentieux d'entreprises. Il est également cofondateur de Génération d’idées, un groupe de réflexion indépendant, non partisan et à but non-lucratif qui vise à responsabiliser et donner une voix à la relève québécoise. Au cours de l'été 2009, Paul St-Pierre Plamondon a effectué une tournée de 19 villes du Québec pour faire la promotion de Génération d'idées et consulter la relève québécoise sur les enjeux qui la préoccupe.