Créer un marché interne de la santé: (débat 4-2)

Ce genre d’article est nécessaire, n’arrêter pas de faire des comparatifs, démontrer ce que le reste du monde fait.

À tous les journalistes économiques du Québec, il faut éduquer la population, pour démontrer comment notre mode opératoire du système public a de sérieuses lacunes, à défaut d’avoir un parti de droite, à défaut d’avoir un gouvernement responsable et de certains groupes de pression qui ne veulent que garder le statu quo, il ne reste que vous, faites le pour vous, et pour toutes les générations futures, félicitations Johanne Castonguay.

Le Québec a la pire performance de l’accroissement des coûts de santé.

Séparer le payeur du fournisseur

Dans les pays de l’OCDE, il existe deux types de systèmes :

Les systèmes financés par l’impôt (Canada, Québec, l’Angleterre, Danemark), gère le financement des soins de santé est la même que celle qui les fournit.

Les systèmes financés par une assurance sociale obligatoire (France, Allemagne), le contribuable choisis son fournisseur de service (public, privé) et l’État doit connaître ce qu’il lui en coûte pour l’offrir avant de s’engager à le faire

Dans le premier système, pour tenter d’augmenter sa productivité, 3 actions principales :

1 - Rendre publique l’information sur la qualité des services, tels que le % d’infection nosocomiale par établissement et le temps d’attente par type de chirurgie;

2 - Financer les services de santé selon un montant prédéterminé selon la maladie et sa gravité pour le service qu’il rend;

3 - Séparer la fonction de fournir les services de santé et celle de les financer.

Les deux premiers moyens sont en voie d’être implantés partout dans le monde, y compris au Canada, sauf au Québec, (ça prouve à quel point que nos groupes de pression ont du pouvoir).

Extrait de: Créer un marché interne de la santé, Johanne Castonguay, Argent, 14 janvier 2010

La croissance des coûts de la santé explique une bonne part de notre déficit budgétaire. Tous les pays avancés font face au défi de contrôler la croissance de ces coûts. Mais à ce titre, le Québec fait piètre figure, même par rapport à des pays qui ont autant de personnes âgées, en pourcentage de leur population : nous avons la pire performance, parmi les pays qui nous intéressent, au niveau du contrôle de l’accroissement des coûts de santé public per capita en termes réels depuis le début des années ‘90. En France et en Allemagne, où les fournisseurs de soins et les acheteurs sont traditionnellement distincts, l’accroissement des coûts de santé atteint un niveau enviable pour tous les autres systèmes.

Pour en obtenir plus pour notre argent, réduire la croissance des coûts de la santé et résorber le déficit, le Québec pourrait s’inspirer des stratégies qui ont fait leurs preuves ailleurs. En particulier, nous pourrions établir une relation contractuelle entre l’acteur qui paie pour les services de santé et celui qui fournit les services, en remplaçant les agences de santé par des sociétés d’état régionales qui assurent la population pour les services de santé.

Séparer le payeur du fournisseur

Dans les pays de l’OCDE, il existe deux types prédominants de systèmes universels de santé : les systèmes financés par l’impôt, comme ceux du Canada et du Québec, de l’Angleterre et du Danemark; et les systèmes financés par une assurance sociale obligatoire comme en France et en Allemagne. Dans tous ces cas, les soins de santé sont entièrement financés par le système universel public.

La principale différence dans ces deux types de système réside dans le fait que dans le premier (Canada, Québec, Angleterre et Danemark) l’organisation qui gère le financement des soins de santé est la même que celle qui les fournit. Dans le deuxième type (France et Allemagne), ce sont deux organisations distinctes. La séparation des deux fonctions implique une relation contractuelle : l’acheteur peut choisir son fournisseur de service (de santé) et l’offreur doit connaître ce qu’il lui en coûte pour l’offrir avant de s’engager à le faire. Deux caractéristiques à toute fin pratique absentes de notre système.

Pour illustrer l’avantage de séparer les fonctions, imaginez une situation où vous tentez d’obtenir un produit, disons une maison, mais que c’est le promoteur immobilier qui dispose du budget pour cette dernière. Ce sera également lui qui décide quelle maison, à quel moment vous l’aurez et à quel endroit. Si la maison qu’il vous offre ne vous convient pas parce qu’elle est trop petite ou trop loin pour vos besoins, vous n’avez absolument aucune façon d’influencer les conditions selon lesquelles vous serez logés. C’est ce qui se passe lorsque la partie qui finance est la même que celle qui offre le service. Par contre, si le budget est entre vos mains, vous allez donner votre budget au promoteur immobilier qui est disposé à vous construire la maison qui vous convient. Évidemment, aucun d’entre eux ne vous construira une maison dont la valeur excède votre budget mais pour vous attirer, le promoteur le plus futé sera celui qui vous en offrira le plus contre votre budget. C’est ce qui se passe dans un système où il y a une relation contractuelle entre le fournisseur et l’acheteur de services.

Les pays de l’OCDE dont les fonctions de financement et de fourniture de soins sont intégrées s’inspirent de l’instauration de ce type de marché pour améliorer la qualité de leurs services de santé tout en contrôlant leurs coûts. Les moyens dont ils disposent pour tendre vers cette relation de marché sont :

1 - Rendre publique l’information sur la qualité des services, tels que le % d’infection nosocomiale par établissement et le temps d’attente par type de chirurgie;

2 - Financer les services de santé selon un montant prédéterminé selon la maladie et sa gravité pour le service qu’il rend;

3 - Séparer la fonction de fournir les services de santé et celle de les financer.

Les deux premiers moyens sont en voie d’être implantés partout dans le monde, y compris au Canada. Le Québec a déjà indiqué son intention de se diriger dans cette direction, mais jamais clairement et sans échéancier précis. La majorité des pays de l’OCDE et des provinces canadiennes financent leurs services de santé selon un prix prédéterminé par maladie et selon sa gravité, mais pas le Québec. Toutes les provinces canadiennes, à l’exception du Québec, publient leur coût moyen par maladie selon la gravité. En effet, au Québec, peu d’établissements connaissent le coût de leurs interventions. Ils ne peuvent donc pas évaluer leur fonctionnement d’une année par rapport à l’autre ou se comparer avec les autres établissements et s’améliorer en se comparant.

Des économies substantielles en perspective

Le Québec tarde à tous les niveaux par rapport à l’implantation des réformes de santé qui ont générés des résultats prometteurs dans les autres pays. Aucune solution n’est parfaite mais il est certain que plus on tarde, plus il en coûte cher, plus l’accès aux services est difficile, et plus on sera obligé de considérer des solutions plus drastiques.

Si le Québec contrôlait l’accroissement des coûts de santé au niveau de l’accroissement moyen depuis 1995 des coûts de santé en France et en Allemagne, soit 1,5%, c’est de l’ordre de 900 millions $ que l’on aurait épargné au Québec en santé pour l’année 2009-2010 par rapport à l’accroissement des coûts prévus. En regardant vers l’avenir, cette perspective devrait nous inciter à avancer dans cette voie

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(1): Zeynep Or, et al, Are Health Problems Systemic? Politics of Access and Choice under Beveridge and Bismarck Systems, Institut de recherche et documentation en économie de la santé, Septembre 2009

 

Si la croissance des dépenses de santé au Québec avaient été de 2,1%, comme en France, plutôt que de 5,4% depuis 1995, le budget du Ministère de la santé du Québec serait en 2009-2010 inférieur de 38% au niveau observé en 2009-2010, une économie annuelle récurrente de 10 milliards de $!

10 milliards de plus dans nos coffres, si notre de santé avait été plus efficace.

Ils démontrent à quels points que les puissants groupes de pression au Québec, veulent garder le statu quo (Syndicats, Technocrates, Ordre des médecins), mot d’ordre : si on ne se compare pas, on ne pourra pas démontrer notre laxisme.

Imaginer un budget provincial de la santé de plus de 27 milliards et vous-être incapable de savoir comment coûte une simple opération de la hanche, incroyable? ça va de soi, si vous être incapable de savoir le coût, vous être incapable de savoir quel établissement est le plus productif.

Croyez –vous qu'une compagnie pourrait survivre, si elle ne connaît pas ses coûts d’opérations ?

Un système santé mixte n’est pas la solution ultime, mais surtout obligerait d’avoir de la comparaison. Ce n’est pas une question d’avoir un système à 2 vitesses comme certain prétende, mais d’avoir de la concurrence. Il y a un constat qui est accepté dans le monde entier, un monopole n’est pas productif, peu importe qu’il soit privé ou public.

Je vous fais une analogie avec les écoles publiques et privées, pensez-vous vraiment que nos écoles publiques seraient plus performantes s’il n’y avait pas d’écoles privées, absolument pas. Même si nos écoles publiques ont de la difficulté d’efficacité (syndicats et technocratie), ils se font constamment challenger par l’école privée, une chance, imaginer la situation s’il n’y avait pas de comparaison.

D’où pourquoi la mixité ?

N’oubliez pas notre mantra : Concurrence oblige efficacité, efficacité oblige imputabilité.

On demande aux gens de payer les impôts les plus régressifs de toute l’Amérique, et notre gouvernement qui dépense 28 milliards en santé et est incapable de savoir le coût d’une simple opération chirurgical ?

Oui le Québec, est distinct pas à peu près !

Extrait de: Le monopoles de la santé au banc des accusés, Jean Luc Migué

Comment peut-on expliquer, demande encore Migué,  cette préférence de la Monopole de la santé - Miguémajorité pour un système public qui la dessert mal? La théorie des choix publics nous éclaire à ce sujet. « L'affection apparente de la population pour la médecine socialisée repose, non pas sur le noble idéal de la compassion, mais sur le souci calculateur du grand nombre d'accéder à l'assurance santé illimitée aux frais des autres » et aussi « sur l'ambition de l'appareil politico-bureaucratique de contrôler une part toujours plus grande de l'économie. » Le régime public vise à faire supporter la majeure partie de ses coûts par les contribuables dont les revenus sont supérieurs à la moyenne et qui ne composent pas la majorité des votants. Ceci fait bien sûr l'affaire des politiciens en quête de votes, mais il s'agit d'une politique à courte vue puisque, ce faisant, la majorité des contribuables paie en réalité trop cher pour des services de piètre qualité qui sont produits par un système inefficace.

 

Selon les derniers chiffres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les dépenses canadiennes à ce chapitre sont de 3326$ par habitant (les chiffres de l'ICIS et de l'OCDE divergent légèrement en raison de méthodologies différentes).

C'est certes beaucoup moins qu'aux États-Unis, où on observe des dépenses de 6401$. Mais les États-Unis présentent un cas à part à cause de l'hypertrophie du secteur privé.

Parmi les pays qui se comparent au Canada, on note la Belgique (3389$), la France (3374$) et l'Allemagne (3287$).

Par contre, des pays dotés d'excellents systèmes de santé y parviennent en dépensant beaucoup moins: 2532$ en Italie, 2358$ au Japon, 2331$ en Finlande, 2261$ en Espagne, pour ne nommer que ceux-là.

Les Canadiens (et les Québécois) ne sont pourtant pas plus bêtes que les Japonais ou les Italiens.

Commentaire de l’ancien ministre Couillard:

La différence, et l’ex ministre Couillard met le doigt sur le bobo, c'est que le système québécois de santé est l'otage de puissants lobbies qui se préoccupent d'abord de leurs intérêts.

Laissons la parole: «À partir du moment où vous donnez le signal qu'il y a de l'argent, tous les groupes du système viendront à la porte pour réclamer leur part: médecins, personnel, établissements du réseau.»

 

Joanne Castonguay

Titulaire d’une maîtrise en sciences économiques de l’Université de Montréal, Joanne Castonguay cumule près de 15 ans d’expérience en services-conseils auprès d’organisations telles que SECOR Conseil, CIRANO et maintenant CIM conseil Immobilisation et Management. Avant de se joindre à CIM, elle était responsable de la recherche à l’Association médicale du Québec, une direction de développement et de transfert des connaissances sur la pratique médicale. Précédemment, elle assurait la direction de projets dans une variété de secteurs, notamment en santé, en gouvernance de projets publics et en technologies de l’information et des communications.