Dix idées pour trouver cinq milliards

Le premier paragraphe est très pertinent.

·         La jeune génération semble déjà avoir bon dos : elle s’apprête, sans son consentement, à assumer le fardeau de l’irresponsabilité collective de ses ainés.

·         Un fardeau qui résulte à la fois des gouvernements qui ont créé des programmes sans en mesurer tous les coûts.

·         Tout en dissimulant leur déficit par des manipulations comptables.

 

Les dirigeants de ces gouvernements auraient pu avoir le même slogan:

 

« après moi le déluge! »

 

Extrait de: Dix idées pour trouver cinq milliards : une initiative citoyenne, Paul Daniel Muller, Argent, 11 Janvier 2010

La jeune génération, à laquelle Paul St-Pierre Plamondon lance un appel dans le texte ci-haut, semble déjà avoir bon dos : elle s’apprête, sans son consentement, à assumer le fardeau de l’irresponsabilité collective de ses ainés. Un fardeau qui résulte à la fois des gouvernements qui ont créé des programmes sans en mesurer tous les coûts que de ceux qui ont réduit les impôts tout en dissimulant leur déficit par des manipulations comptables. Les dirigeants de ces gouvernements auraient pu avoir le même slogan: « après moi le déluge! ».

Maintenant il faut payer les pots cassés. Dans les semaines et les mois à venir, les Québécois, par le truchement de leur gouvernement, auront à choisir si, comment et à quel rythme ils vont résorber le déficit actuel d’environ cinq milliards. Dans son dernier budget, le gouvernement exprime le souhait d’y parvenir en quatre ans, d’ici l’exercice 2013-2014. Pour ce faire, il doit prendre des décisions d’une valeur de cinq milliards de dollars par année.

Déjà, des voix s’élèvent pour suggérer que cette côte est trop raide, et qu’il faut de nouveau reporter à plus tard les choix difficiles. Au contraire, notre groupe s’est constitué pour dire que l’on peut et que l’on doit régler le problème. Il existe des solutions. Nous en proposons toute une série, dont la valeur totale dépasse les cinq milliards $. Bref, les Québécois ont des options et peuvent en débattre. Mais à la fin, le gouvernement doit prendre ses responsabilités.

Les solutions que nous mettons de l’avant se répartissent en deux catégories. La première contient les idées qui auraient un impact direct et immédiat sur le budget: réduire telle dépense, supprimer tel avantage fiscal, abolir telle organisation, augmenter tel tarif. Elles portent à la fois sur la colonne des dépenses et sur celle des revenus. Elles peuvent être mises en place assez rapidement. Au total, elles pourraient régler à elles seules le déficit budgétaire.

Nos idées déplairont sans doute à plusieurs groupes de pression, mais elles nous paraissent néanmoins justes et raisonnables. Dans tous les textes de cette série qui sera publiée au cours des prochains jours, nous avons pensé à nos concitoyens les moins favorisés.

Bien que nécessaires, les solutions de cette première catégorie ne sont pas suffisantes. Si le gouvernement s’y limitait, il perpétuerait les pratiques, les modes d’organisation, les blocages qui, justement, nous ont amené dans l’actuelle impasse budgétaire. De façon plus fondamentale, il faut revoir nos façons de fournir les services publics et lever certains verrous qui freinent la création de richesses. C’est à ce travail plus structurant, mais aussi à plus long terme, que s’attaque la seconde catégorie de solutions. Autrement dit, si nous n’engageons pas maintenant des réformes en profondeur, nous serons obligés, année après année, de couper des services ou à taxer davantage.

Nous signons chacun de ces textes à titre personnel. Les idées qu’ils véhiculent ne représentent pas les positions de nos employeurs, de nos clients ou des différentes organisations auxquelles nous sommes affiliés. C’est une initiative citoyenne!

Nous avons, au sein même de notre groupe, des divergences d’opinion sur les moyens à prendre. Normal : les économistes, pas plus que les ébénistes ou les éducateurs, ne pensent pas tous pareils. Par exemple, dans un texte publié aujourd’hui sur Canoe, Marcel Boyer relativise le problème de la dette en distinguant son niveau absolu de son niveau relatif.

Personne ne prétend détenir la formule magique. Mais nous sommes tous convaincus de la nécessité d’agir de manière décisive, plutôt que de procrastiner encore et encore. Dans le forum associé à cette série, nous continuerons le débat entre nous, tout en invitant les lecteurs, vous, à y participer.

Paul Daniel Muller

Titulaire d’une maitrise en arts (MA, sciences économiques) de l’Université Concordia, Paul Daniel Muller est un praticien des politiques publiques qui travaille depuis 20 ans à les concevoir, les promouvoir, les implanter et les évaluer. Il a exercé son métier aux gouvernements du Québec, comme consultant auprès d’agences gouvernementales, d'entreprises et d'associations, ainsi que dans un groupe de réflexion (think tank). Paul Daniel Muller contribue régulièrement aux débats relatifs aux politiques publiques. Il a commis un essai sur la rénovation du modèle québécois, « Place à l’initiative », en collaboration avec Léon Courville, publié en 2003 chez Québec Amérique. Il a été président de la Commission politique de l’ADQ ainsi que président de l’Institut économique de Montréal.