Le Québec face à ses défis, Fascicule 1. (1-4)

(5)    Dans le secteur de l’éducation, l’écart entre le Québec et l’Ontario a été chiffré à 1,5 milliard de dollars. Il s’explique entièrement par les dépenses plus élevées qu’assume le Québec au niveau postsecondaire, en raison essentiellement des frais de scolarité plus faibles assumés par les étudiants québécois.

Tout à fait d’accord avec position du comité, voici entres autres les commentaires de Mme Munroe Blum recteur de l’université McGill.

Mais Heather Munroe-Blum estime qu'il n'est «pas possible» de maintenir les frais à leur niveau actuel.

Elle explique que ce programme coûte 22000$ par étudiant, alors que les subventions et les frais de scolarité ne permettent à McGill de toucher que 12 000 $. «Il nous manque 10 000 $ par année, pour chaque étudiant», dit la rectrice.

Ce déficit est épongé grâce aux subventions que génèrent les étudiants inscrits dans des programmes moins coûteux et «déjà sous-financés», ce qui constitue une «injustice», selon Mme Munroe-Blum.

La rectrice fait valoir que les étudiants du MBA comptent cinq ans d'expérience sur le marché du travail et possèdent déjà un diplôme universitaire. «Ils viennent à nous avec des salaires élevés, dit-elle. Quand ils seront diplômés, ils pourront espérer gagner plus de 100000$ par an.»

En exigeant des frais d'environ 30000$, McGill n'aura plus besoin de la subvention de Québec. «On ne demande aucun argent du gouvernement. Ça coûte moins cher aux contribuables», dit-elle

Au-delà des considérations budgétaires, Mme Munroe-Blum croit que ces frais plus élevés permettront à McGill d'offrir un programme plus «compétitif». Malgré la hausse des coûts, les demandes d'inscription ont bondi de 40%, souligne-t-elle.

La ministre de l'Éducation désapprouve les sommes exigées par McGill. «Nous ne sommes pas en guerre avec la ministre, assure la rectrice. Nous sommes une université publique, mais nous voulons combiner l'accessibilité et la qualité. [Pour cela], il faut que nous soyons financés adéquatement et que nous ayons des marges de manœuvre», insiste-t-elle. Mme Munroe-Blum estime qu'il faut «examiner les autres possibilités» qui existent pour corriger la situation. Elle reconnaît que le Québec devra alors faire «des choix difficiles.»

Je suis aussi d’accord avec la position du comité dans le fascicule 2, maintenir la mixité privé et publique.

Par contre ça n’explique pas le haut décrochage au niveau secondaire, ce n’est pas le privé qui est en panne, mais le publique.

«Durant les années 1980, explique Malcolm Peabody, président de l'association Les amis du libre choix dans les écoles urbaines le début des charters Schools aux États-Unis, toutes les tentatives pour réformer les écoles ont raté. Elles ont été coulées par la bureaucratie de l'enseignement public et des syndicats de professeurs. Quand la bureaucratie exerce un contrôle sur les écoles, c'est un désastre.»

Le lauréat Nobel d'économie Milton Friedman affirme que les écoles publiques ne sont pas vraiment des écoles publiques, mais plutôt des écoles privées contrôlées par les syndicats.

 

Il a raison.

Je vous invite à lire le troisième rapport Allaire, sous la rubrique de l’éducation, par contre il faudra que le gouvernement puisse avoir du courage politique, pour sortir du bourbier du monopole syndicale (Formula Rand). Extrait du rapport Allaire:

Le statut d’école autonome

Une fois dotée du statut d’école publique autonome
(Charter School), l’école pourra choisir les approches pédagogiques qu’elle estime les mieux adaptées à sa clientèle. Elle pourra notamment choisir les livres scolaires et le matériel pédagogique, établir elle-­même le degré auquel elle recourt à la pédagogie par projet vs l’enseignement magistral. Répartir à sa guise les heures d’enseignement entre les matières. Modifier le calendrier scolaire compte tenu des contraintes applicables.

Autonomie et responsabilité

Cette autonomie additionnelle, par rapport aux écoles publiques régulières, sera contrebalancée par deux balises :

Les élèves continueront d’être assujetties aux examens nationaux du MELS afin de pouvoir comparer l’efficacité de l’école autonome à celle d’autres écoles s’adressant à une clientèle semblable sur le plan socioéconomique. Le MELS devra par ailleurs ajouter des examens nationaux à la fin de chacun des cycles d’enseignement et rendre les résultats comparables.

Personnalité juridique

Permettre aux écoles publiques primaires et secondaires d’acquérir la personnalité juridique

À l’heure actuelle, les écoles sont les succursales des Commissions scolaires. Cette proposition vise à inverser le lien de dépendance. Leur permettant d’acquérir la personnalité juridique, les écoles qui le désirent pourront se détacher de leurs commissions scolaires tout en demeurant publiques.

Les écoles publiques autonomes pourront continuer de traiter avec leur commission scolaire, mais sur une base différente.

Suite : Le Québec face à ses défis, Fascicule 1. (1-5)