L’omertà municipale

Il manquait 1.8 milliard dans les régimes des employés municipaux on as empruntés, avez-vous consulté les contribuables avant de faire cet emprunt ?

Typique copinage entre les politiciens et les syndicats.

Au départ les régimes de prestations déterminés auraient dû disparaître dans toute la fonction publique, ce qui se fait depuis des années dans le secteur privé.

Le passif s'est gonflé à cause de la chute des taux d'intérêt des obligations canadiennes à long terme qui servent de mesure étalon pour l'évaluer. Ils sont passés de 6,4% en 2000, à 1,8%, fin 2009. Plus les taux sont faibles, plus il faut d'argent pour faire face aux engagements futurs d'un régime.

En d’autres termes, nos obligations ont augmenté de 150 %, tandis que nos rendements n’ont été que de 40 %, la différence va être payée par qui? Ce sont nous les contribuables

C’est le modèle des régimes à prestations déterminés, qui est totalement
dépassé selon la réalité économique actuelle.

C’est la problématique majeure de ces régimes, on garantît des déboursés,
mais le rendement n’est pas garanti pour subvenir à ces déboursés.

Or, dans le cas du secteur public, c'est le gouvernement qui agit comme promoteur.

Autrement dit, les contribuables (secteur privé) subventionnent largement les régimes de retraite des employés du secteur public.

Il est frustrant de voir que les contribuables ayant un régime de retraite moins avantageux ou n'ayant aucun régime de retraite sont injustement tenus de payer des impôts élevés pour subventionner les régimes de retraite fort généreux du secteur public.

Dans le monde, quant un pays maintient des déficits structurels et il n’est pas capable de le résorbé, de tels régimes seront convertis en prestations fixes et si vraiment on sent sort pas avec ce déficit structurel, on vas être obligés de les convertir en simple RRQ, ce qui serait certainement plus équitable pour le reste de la population.

Bienvenue dans la vraie vie , M. les employés d’États et municipaux.

Extrait de: L’omertà municipale, Michel Hébert, Journal de Québec, 16/01/2010

Le chef d’antenne de TVA, Pierre Bruneau, a mis le maire de Montréal dans l’embarras, cette semaine, en posant deux questions pertinentes sur la hausse des taxes municipales. Une fatalité qui désespère évidemment les Montréalais, mais qui concerne tous les Québécois.

Ils ne savent peut-être pas, ou ils l’ont oublié, mais les contribuables de Maniwaki, de Sherbrooke et de Sept-Îles paient eux aussi, via leur gouvernement, pour solutionner les problèmes financiers de Montréal, causés par sa lourde et coûteuse bureaucratie.

Gérald Tremblay a donné des réponses hésitantes, accentuant son malaise devant l’évidence déplorée par M. Bruneau : la hausse des taxes municipales est due en bonne partie au financement des grassouillets régimes de retraite des employés municipaux. Un avantage rarissime aujourd’hui, et dont nous savons peu de choses, n’est-ce pas M. le maire?

Monstrueux déficit

Cette année, les contribuables montréalais ajouteront 90 millions dans ce puits. La crise a eu des impacts certains, mais il y a autre chose : s’il faut payer davantage, c’est aussi parce que la Ville et ses employés n’ont pas toujours payé leur dû. Et ils ont creusé un monstrueux déficit. La Ville et ses perspicaces employés se sont offert des « congés » de cotisation qui, selon le ministère des Affaires municipales, ont été le « facteur déterminant » dans le creusage du déficit. En clair, le financement des régimes de retraite a été stoppé sans que l’on touche aux avantages. Et tous ont sous-contribué durant 60 ans. Les retraités d’hier et d’aujourd’hui jouissent donc d’avantages dont ils n’ont pas payé la juste part. La facture a été refilée aux contribuables. Doit-on les remercier?

Le maire Tremblay a confusément répondu à Pierre Bruneau en disant d’abord que « c’est dans les conventions collectives ». Haussant le ton pour se donner contenance, il a ajouté qu’à son arrivée à la mairie en 2001, il manquait 1,8 milliard dans les régimes de retraite. « J’ai réglé le problème », a-t-il dit à Pierre Bruneau. C’est ici que ça concerne tous les Québécois : le gouvernement paie pour « régler le problème » de Montréal. On est rendu à 300 millions depuis 2004. De quoi susciter la joie dans les PME de Laval, de Saint-Félicien ou de Matane, où l’on offre pas de régimes de retraite. Les politiciens acceptent rarement de parler clairement des avantages qu’ils consentent aux fonctionnaires. C’est pareil à tous les niveaux. Les fonds publics sont partagés à huis clos, dans le respect d’un silence qui n’est pas sans rappeler l’omerta sicilienne.

À Québec, le maire Labeaume résiste aux tentations du secret des complices, mais plusieurs redoutent le pouvoir de conviction des actuaires... En 2006, la capitale a par ailleurs, elle aussi, eu un chèque de 20 millions pour la retraite de ses employés. Cela devrait réjouir les contribuables de Montréal et les autres… Selon une synthèse du dossier des retraites fait par le ministère des Affaires municipales, l’effort gouvernemental consenti pour la retraite des cadres, des cols bleus, des cols blancs, des policiers et des pompiers de Montréal représente « 60 millions par année pendant 30 ans ».

La solution Bourque

L’ancien maire Pierre Bourque avait trouvé une solution plus équitable : utiliser des revenus de placements, des surplus actuariels ponctuels et plafonner l’augmentation des salaires à 2,5 % de manière à verser 1,1 milliard et éliminer le déficit rapidement. Toujours selon les analyses du ministère, l’opération aurait pu réussir et nous ne serions pas collectivement obligés d’en jeter chaque année dans le puits. Mais Montréal a plutôt puisé dans ses surplus, entre 1998 et 2003, pour éviter à ses employés de souffrir de la lutte au déficit imposée par Lucien Bouchard. La métropole a ainsi esquivé l’obligation de réduire le salaire de ses employés. « Du même coup, conclut le ministère, la Ville de Montréal a réduit son effort à la réduction de son déficit actuariel » qui a poursuivi sa progression.

Rien ne se perd, rien ne se crée. En matière de finances publiques comme en chimie. Le vrai drame, l’indécence plutôt, c’est que tout cela a été fait (et se fait toujours) à l’insu de la majorité travailleuse. Ce serait différent si les négociations étaient télédiffusées. Comme les audiences de la commission d’enquête sur le crime organisé. Nous serions sans aucun doute plusieurs à écouter.