Un cadeau de Noël de la Cour suprême, bien apprécié

Grâce à un jugement de la Cour suprême du Canada rendu mardi, les journalistes canadiens auront désormais un outil de plus pour se protéger contre les poursuites en diffamation : l’«intérêt public du journalisme responsable».

À partir de maintenant, tout journaliste ou blogueur qui est poursuivi en diffamation devra démontrer que sa nouvelle est d'intérêt public et qu'il a agi de façon responsable pour être blanchi.

Cette nouvelle règle s’appliquera même si certains faits s’avèrent faux.

Selon Richard J. Paradis, professeur en politiques de communication à l’Université de Montréal, c’est une excellente nouvelle.

«Déjà, les journalistes ont de la difficulté à relater les faits à cause de crainte de poursuites des gens riches. C’est une immense victoire parce qu’il n’y a pas de recours après la Cour suprême.»

Selon lui, c’est aussi une très bonne nouvelle pour la population qui aura accès à plus d’information.

        

Il faut éviter que les poursuites ou les menaces de poursuites en diffamation servent
d'armes permettant aux riches et aux puissants d'entraver la diffusion
d'informations et le débat essentiel à une société libre.

— Extrait du jugement

Une avocate de la Société Radio-Canada, Edith Cody-Rice, soutient également que le jugement de la Cour suprême est « très fort », parce qu'il rétablit l'équilibre entre le principe de la liberté de presse et celui de la protection de la réputation des citoyens.

Extrait audio: Reportage Marc Godbout, Radio-Canada, 23 décembre 2009