Entrepreneurship chez les jeunes Québécois

Faits saillants, par rapport au reste du Canada :

  • Deux fois moins de jeunes entrepreneurs passant de l’intention à la réalisation de démarches de création au Québec
  • Cependant, nos jeunes entrepreneurs sont plus nombreux à se lancer en affaires dans leur région d’origine
  • Deux fois moins de jeunes Québécois propriétaires d’entreprises et ces dernières sont davantage dans des secteurs à faible valeur ajoutée
  • Autant de fermeture d’entreprises au Québec que partout ailleurs au Canada
  • Nos jeunes entrepreneurs possèdent des revenus familiaux nettement inférieurs et sont moins scolarisésEntrepreneurship Jeunesse

Mario Girard, pdg de la Fondation de l'entrepreneurship, et Anthony Lacopo, président de Utopia Image, parle de la faiblesse de l'entrepreneurship chez les moins de 34 ans

Québec, le 13 février 2010 – La Fondation de l’entrepreneurship (www.entrepreneurship.qc.ca) a dévoilé hier une note jeunesse issue de son Indice entrepreneurial québécois réalisé en collaboration avec Léger Marketing. Le sondage, provenant de l’édition 2009 de l’Indice, démontre un écart défavorable important entre les jeunes entrepreneurs québécois et ceux du reste du Canada à l’égard de plusieurs indicateurs significatifs. Un portrait préoccupant qui indique que le Québec doit mettre les bouchées doubles afin de corriger la situation.

Un entrepreneuriat jeunesse pas si fringant que l’on croyait

Certes, le Québec peut compter sur différentes politiques mises en place depuis quelques années afin de promouvoir l’entrepreneuriat auprès des jeunes ; le sondage de la Fondation révèle cependant qu’il faudra redoubler d’effort avant de pouvoir croire à un entrepreneuriat jeunesse florissant. Les données recueillies démontrent en effet que le taux de passage de l’intention à la réalisation de démarches de création est deux fois moins élevé au Québec (20,9 %) que dans le reste du Canada (40,3%) et qu’il y a également au-delà de 50 % moins de propriétaires d’entreprises parmi les jeunes au Québec (3,7 %) que dans le reste du Canada (8,6 %). Pourtant, autant de jeunes ont déjà fermé une entreprise (2,0 % au Québec contre 1,9 % dans le reste du Canada). Note positive, le pourcentage de jeunes entrepreneurs qui se lancent en affaires dans leur région d’origine est plus élevé au Québec (58,3 %) que dans le reste du Canada (40,5 %).

Parmi les entreprises créées, les démarrages se font surtout dans des secteurs à faible valeur ajoutée comme le commerce au détail (19,4 % au Québec contre 6,7 % dans le reste du Canada) et la construction (9,7 % au Québec contre 4,7 % dans le reste du Canada). Nos jeunes entrepreneurs québécois sont également moins présents dans les technologies de l’information (3,2 %) et dans les secteurs à forte valeur ajoutée que les jeunes Canadiens (10,1 %).

D’autre part, on note que le statut social de notre jeune entrepreneur n’est pas particulièrement enviable. En effet, les jeunes démarcheurs et propriétaires-dirigeants du Québec ont des revenus familiaux nettement inférieurs (respectivement 40,6 % et 30,4 % avec un revenu familial de moins de 40k) à ceux des jeunes entrepreneurs du reste du Canada qui se trouvent, eux, dans la tranche supérieure de revenus (respectivement 42,3 % des jeunes démarcheurs et 42,9 % propriétaires-dirigeants gagnant plus de 80k). Sur le plan de la scolarité, on constate également qu’il y a plus de diplômés universitaires parmi les jeunes propriétaires-dirigeants du reste du Canada (38,4 %) que ceux du Québec (25,0 %).

Changement de cap nécessaire vers la performance, l’entrepreneuriat à valeur ajoutée et la création de richesse

« Ces données sur nos jeunes entrepreneurs québécois annoncent un déficit entrepreneurial inquiétant ; le Québec doit revoir sa ‘chaîne’ entrepreneuriale, à commencer par un système d’éducation qui saura générer davantage d’entrepreneurs ainsi que valoriser la performance, la création de richesse et les secteurs à forte valeur ajoutée tels la technologie, a déclaré Mario Girard, PDG de la Fondation de l’entrepreneurship. Certes, le Québec peut compter sur plus de jeunes qui en sont à leur première expérience entrepreneuriale (83 % des entrepreneurs en création d’une première entreprise sont des jeunes par rapport à 53 % pour ceux du reste du Canada), une donnée positive découlant des impacts du Défi de l’entrepreneuriat jeunesse. Il s’agit cependant d’un entrepreneuriat par définition ‘vert’ donc plus inexpérimenté. Nos jeunes entrepreneurs sont talentueux et créatifs et doivent pouvoir compter sur un accompagnement accru – particulièrement de la part d’entrepreneurs plus expérimentés. Le milieu des affaires a donc un rôle crucial à jouer dans cette ‘révolution’ entrepreneuriale. »

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