Facteurs influençant les baisses des exportations
Posted by Québec de Droite in Cout de la masse salariale, Entreprise, Exportations, Fardeau réglementaire, Investissement privé, PME, Productivité, Recherche et développement on jeudi 4 mars 2010
Extrait de: Pourquoi les exportateurs perdent du terrain, François Normand . Les Affaires . 27-02-2010
Quatre facteurs qui expliquent le déclin des exportations québécoises.
1. Les entreprises ne sont pas assez productives
La productivité est le nerf de la guerre pour un exportateur. " Si une entreprise innove, mais qu'elle n'est pas capable de fabriquer un produit de façon efficace, elle ne pourra pas exporter ", dit Simon Prévost, président des Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ).
Or, les entreprises québécoises affichent un niveau de productivité inférieur à ses principaux partenaires économiques. Ainsi, en 2008, la production de biens et de services par heure travaillée au Québec s'établissait à 39,60 $ US, par rapport à 41,80 $ US en Ontario, à 44,80 $US au Canada et à 50,70 $ US aux États-Unis, selon le MDEIE.
Les entreprises québécoises affichent aussi un retard important en matière d'investissement dans les technologies de l'information et des télécommunications, de même que pour les machines et le matériel.
Par exemple, de 2000 à 2007, l'investissement dans la machinerie a progressé à un rythme annuel moyen de 3,8 % au Québec, mais de 5,5?%, en Ontario, et de 6 % dans l'ensemble du pays.
2. Beaucoup de R-D, commercialisation déficiente
Les entreprises québécoises sont celles qui font le plus de R-D au Canada, selon Statistique Canada. De 2000 à 2007, leurs dépenses en R-D en pourcentage du PIB ont été systématiquement supérieures à celles des sociétés des autres provinces. Les avantages fiscaux généreux au Québec expliquent en partie cette situation.
Le hic, c'est que les entreprises québécoises éprouvent souvent des difficultés à commercialiser leurs innovations, selon Claude Demers, président de l'Association de la recherche industrielle du Québec. " Par exemple, aux États-Unis, c'est difficile de vendre aux filières industrielles dans les secteurs militaire et de la sécurité civile ", dit-il.
Autre problème lié à la commercialisation : l'insuffisance " d'intelligence économique ". Trop d'entreprises fabriquent encore des produits sans savoir vraiment qui les achètera à l'étranger (pays, secteurs, entreprises), et surtout à quelles conditions (prix, caractéristiques des produits).
Je vous donne un fait vécu, ma compagnie était spécialisée sur des procédés de production de haute technologie dans un champ d’activité très précis, nous étions reconnus parmi les meilleurs mondes on était rentable et sans subvention entre autres.
Un de mes fournisseurs avait pu développer un nouveau processus de production grâce aux millions en R/D fournis par Investissement Québec et la FTQ. Quant ce fut le temps de commercialiser le produit, ces deux partenaires avaient refusé d’investir en commercialisation prétextant ce n’était pas leur modèle d’affaires. (La FTQ avait les droits de brevet sur la technologie).
On sait très bien qu’il peut en coûter aussi chers à commercialiser un produit que de le développer, moi-même et quelques amis étaient prêts à investir les millions pour la commercialisation en contrepartie nous voulions l’exclusivité pour 5 ans. On ne voulait pas défricher le terrain et voir un compétiteur arriver deux ans plus tard avec la même technologie.
La FTQ pensant être plus brillante tenta de vendre la technologie, ce qui fût un échec, résultat des millions investi sur un produit qui resta sur la tablette.
Pourquoi on investit plus en R/D qu’en commercialisation, ça fait gagner plus de votes. Investir 1 million en R/D ça fait travailler facilement au moins 15 individus, ingénieurs, consultants, professeur est …, on fait travailler les gens en région, les chercheurs, les consultants.
Investir 1 million en commercialisation, peut-être 4 personnes qui se promènent dans les foires mondiales pendant un an.
Combien de milliards qui ont été investit en R/D où les produits sont resté sur les tablettes sans avoir le financement nécessaire pour la commercialisation, une grande partie j’en suis sur.
Typique d’un politicien qui ne connaisse rien en affaire, mais utilise l’argent des contribuables pour mousser leurs votes.
Un produit n’a aucune valeur marchande, s’il n’est pas commercialisé.
3. Environnement d'affaires défavorable
Le problème ne se situe pas sur le plan de la fiscalité des grandes sociétés. En 2009, le taux d'imposition du Québec (11,9 %) était inférieur à celui de l'Ontario (14 %), selon l'Institut C.D. Howe.
En revanche, celui des PME québécoises (8 %) est deux fois plus élevé que la moyenne canadienne, ce qui est problématique compte tenu du nombre élevé de PME exportatrices dans la province.
La réglementation représente un enjeu, selon Norma Kozhaya, directrice de la recherche et économiste en chef au Conseil du patronat du Québec (CPQ). " Les entreprises nous disent que l'environnement d'affaires est plus contraignant au Québec ", dit-elle.
Selon le CPQ, les entreprises québécoises paient par année plus de 15 milliards de dollars (G $) en taxes sur la masse salariale, soit plus qu'en Ontario, et ce, qu'elles soient rentables ou non. À titre comparatif, c'est trois fois plus que les 5 G$ d'impôts sur les sociétés versés au gouvernement du Québec.
4. Nos principaux secteurs d'exportation sont en déclin
Plusieurs de nos principaux secteurs d'exportation sont des secteurs dits traditionnels ou " mous ", où la demande est de moins en moins forte, et pas seulement en raison de la conjoncture économique.
Le papier journal en est un bon exemple. Ce secteur est frappé de plein fouet par la révolution numérique. D'autres secteurs sont aussi en déclin, comme le meuble, notamment en raison de la concurrence des pays émergents.
Cela dit, une transition s'est amorcée de 1998 à 2008, selon les MEQ. Ainsi, les produits à faible intensité technologique (textile, bois, papier) occupent une part moins importante dans nos exportations, tandis que ceux à moyenne intensité sont en progression (aliments, pièces automobiles, métaux transformés).
Les produits à haute intensité, comme les avions et autres véhicules aériens, sont demeurés relativement stables, représentant toujours près de 20 % des exportations totales.
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