L'IEDM s'attaque à la productivité des fonctionnaires
Posted by Québec de Droite in Fonction publique on mardi 9 mars 2010
La fonction publique québécoise doit être plus productive croit l’Institut économique de Montréal (IEDM) qui publie aujourd'hui un rapport en ce sens à quelques semaines de l'échéance des conventions collectives des employés de l'État.
Selon Germain Belzile, chercheur associé à l’IEDM et chargé de formation à HEC Montréal, il est important de mettre l’organisation du travail à l’ordre du jour des négociations avec les employés de l’État pour ainsi lier les hausses futures de leur rémunération à l’obtention de gains de productivité.
«La fonction publique doit se moderniser pour être plus efficace et productive. Il est anormal de constater que des concepts comme la flexibilité et la concurrence soient considérés comme presque tabous dans le domaine public, alors que ce sont des principes de base dans le secteur privé», explique M. Belzile.
À cet égard, le cas de l’Australie, pays auquel le Canada se compare souvent, est particulièrement «pertinent». affirme l'Institut. À la fin des années 1990, le gouvernement australien a amorcé une importante réforme qui a mené à la disparition de la sécurité d’emploi pour la fonction publique fédérale.
M. Belzile appelle à une réflexion sur la pertinence de la sécurité d’emploi sous sa forme actuelle. Il propose par exemple qu’elle soit limitée dans le temps en octroyant des contrats de travail fermes d’une durée de cinq ans, renouvelables au besoin.
La flexibilité et la concurrence dans les nouveaux modèles de gestion sont déjà bien intégrées dans l’entreprise privée. Le service public, pour rester concurrentiel et équitable, doit suivre la même voie.
Le manque de flexibilité des conditions de travail dans le secteur public a mené, entre autres, à la politique de réduction des effectifs par attrition et au principe de remplacement d’un retraité sur deux dans la fonction publique.
En d’autres mots, plutôt que d’éliminer des postes parmi les employés moins productifs ou compétents au cours de leur carrière, le gouvernement attend à la retraite pour réduire mécaniquement la taille de la fonction publique.
L’Australie la sécurité d’emploi y a été abolie dans les années 1990. L’idée n’était pas de passer le buldozer dans les bureaux et de faire disparaître les affectifs. À preuve, le niveau d’emploi est resté le même.
· On a plutôt voulu s’assurer que les personnes compétentes occupent les emplois, indépendamment de leur ancienneté et de leur permanence.
· Les plus jeunes, s’ils sont mieux qualifiés, peuvent obtenir des promotions même s’ils ont moins d’années d’ancienneté.
· La flexibilité obtenue aurait permis l’obtention de gains de productivité et la réduction des coûts de fonctionnement de l’État.
D’autres pays comme la Suède, le Danemark et la Suisse, des juridictions qui ont la réputation de bien traités leurs travailleurs et d’offrir un excellent filet social à leur population, ont également aboli la sécurité d’emploi dans leur fonction publique. Préconiser la même chose au Québec est un péché mortel aux yeux d’une certaine gauche, plus soucieuse de défendre des privilèges que le bien commun.
Source: Le point sur des mesures pour accroître la productivité de la fonction publique, IEDM, Germain Belzile, Mars 2010
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