Les infirmières ont le choix !

Nos infirmières ont le choix, devant l’intransigeance des syndicats de modifier les conventions collectives, ‘Les anciennes’ ne veulent pas faire de la rotation on écœure les nouveaux arrivants et ceux-ci vont chercher d’autres alternatives, ce qui est tout à fait légitime.

Les infirmières

Mère de deux garçons, Chantal Lanctôt, 33 ans, est l'une des infirmières, de plus en plus nombreuses, qui tournent le dos au secteur public pour gagner leur vie dans les agences d'infirmières privées

Elle doublera ainsi son salaire horaire (en abandonnant toutefois son régime de retraite et ses avantages marginaux). Mais surtout, dit-elle, elle gagnera un horaire de travail qui sera établi en fonction de ses disponibilités.

Quand elle est retournée aux études pour devenir infirmière, il y a quatre ans (pour quitter le domaine de la restauration), elle savait qu'elle travaillerait un week-end sur deux, de soir ou de nuit, et souvent à Noël ou au Jour de l'an.

Mais elle ignorait qu'on la forcerait à prolonger ses quarts de travail contre son gré.

Elle termine en principe à minuit. Toutefois, on lui ordonne souvent de rester jusqu'à 5 h, parfois jusqu'à 8 h du matin.

"Quand tu dois recommencer à travailler à 16 h, tu es fatiguée, tu manques d'énergie et le risque d'erreurs augmente. Dans mon métier, nous n'avons pas le droit à l'erreur : on ne peut pas se tromper de médicament ou de patient. Nous sommes les yeux des médecins.

«Quand il y a quelque chose de grave, poursuit-elle, c'est compréhensible. Mais c'est de plus en plus régulier. Avant, c'était au moment des vacances, l'été, puis le week-end, puis de nuit et maintenant, c'est n'importe quand.»


Les syndicats

Le nombre d'infirmières québécoises qui pratiquent à l'extérieur du Québec va progresser au cours des prochaines années, estime la présidente de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec.

Selon elle, l'Ontario est l'endroit qui exerce la plus grande pression, même si la Suisse attire son lot d'infirmières depuis des années. «Il y a toujours eu des infirmières en Suisse où ils sont plus agressifs, mais ça reste marginal», dit celle qui ne s'inquiète pas outre mesure des départs vers ce pays d'Europe.

Des solutions à étudier

Pour elle, certaines solutions suisses mériteraient d'être envisagées pour le Québec. C'est le cas des rotations de jour et de nuit ainsi que les horaires de 12 heures. «Malheureusement, plusieurs font de la rotation une vache sacrée à laquelle on ne peut toucher. Ils refusent de discuter de ça», dit-elle. «Il faut une sorte de new deal.»

Pour elle, ces aménagements pourraient régler en partie les problèmes de temps supplémentaires obligatoires, qu'on ne retrouve pas en Suisse.


Les agences privées

«Je dis quand je veux travailler et l'agence me trouve de l'ouvrage, dit-elle. Quand ma journée est finie, elle est finie.»

Urgence médicale code bleuÀ l'hôpital, sa situation ne ressemble pas du tout à ça.

«Quand tu dois finir de travailler à minuit et qu'on te dit  10 minutes avant la fin de ton quart que tu vas devoir rester jusqu'à 5 h du matin, c'est bien difficile d'organiser ta vie, de trouver une gardienne, etc. Je n'en pouvais plus», a raconté hier cette infirmière de l'urgence.

Sylvie, infirmière

« Ça fait 9 ans que je suis infirmière et 4 ans maintenant que je travaille pour Urgence Médicale Code Bleu. Ce que j’apprécie vraiment, c’est la possibilité de créer moi-même mon horaire. Ça me permet de faire concorder mes quarts de travail avec ceux de mon conjoint et d’être présente au maximum pour voir grandir mes enfants. Je leur évite de passer de trop longues périodes de temps à la garderie. En plus, j’ai la chance d’avoir de la formation continue, toujours utile dans un milieu qui évolue aussi vite. Je suis fière de travailler pour une agence qui se soucie également de ma famille. »


La Suisse

Pour le conférencier et expert en ressources humaines, Carol Allain, de plus en plus d'infirmières québécoises risquent de se laisser tenter par la Suisse.

«On l'accueille bien la Québécoise ici. On lui offre ce qu'elle veut, un environnement agréable, de la formation, la possibilité de voyager», souligne le conférencier rencontré en marge d'une présentation qu'il faisait au Centre hospitalier universitaire Vaudois à Lausanne.

Selon lui, les établissements québécois sont loin de déployer autant d'effort notamment dans l'accueil des nouvelles infirmières. «Il faut se dépêcher», ditil si on ne veut pas en perdre trop.

«La génération Y n'a pas d'attache au Québec, elle va où elle veut quand elle veut», indique-t-il.

LAUSANNE - L'horaire de travail des infirmières québécoises en Suisse n'a rien à voir avec celui des infirmières du Québec. La plupart sont sur des quarts de travail de 12 h 30 répartis sur trois ou quatre jours pour un maximum de 41,5 heures par semaine.

Pour Julie Dussault, cet horaire est tout ce qu'il y a de plus efficace. Au lieu d'avoir trois changements de quart par jour dans un hôpital, il n'y en a que deux.

«Avec des quarts qui débutent à 19 heures et les autres qui finissent à 19h30, ça donne une de-mi-heure pour passer les dossiers», explique l'infirmière de Laval qui vit depuis six ans en Suisse.

«Au Québec, tu prends quinze minutes pour faire le rapport à tes frais. Tu as juste hâte de sacrer ton camp.»

Les infirmières ont également des horaires de jour et de nuit en alternance. «Tout le monde fait des nuits, soirs, jours dans l'équipe», explique Steve Blanchet qui travaille sur un horaire de 8 h 30 à l'Hôpital de l'enfance de Lausanne. «Ça évite les tensions entre équipes.»

Des vacances au choix

Ce qui plaît toutefois le plus, c'est le fait qu'ils peuvent presque toujours prendre des vacances au moment où ils le souhaitent. «On est tous égaux, j'ai des vacances en été, ce que je n'avais jamais eu au Québec», dit Steve Blanchet.

Ces horaires flexibles permettent de voyager facilement ou de prendre soin de ses enfants. «J'ai un 70 % ce qui fait que j'ai 10 quarts de douze heures par mois», dit Maric Telmosse qui est maman d'une petite fille de trois ans. «Au Québec, on court tout le temps.»

Quand une infirmière est malade, elle n'est pas remplacée. On divise la tâche avec le personnel en place.

Pas besoin de syndicat

Tous ces aménagements font en sorte que plusieurs infirmières suisses ne sentent pas le besoin d'être syndiquées. «Au travail, j'ai un horaire flexible. Je ne vois pas l'intérêt d'avoir un syndicat pour me défendre», souligne Steve Blanchet.

Pour Patricia Santerre qui vit en Suisse depuis douze ans, le fait de ne pas avoir à compter sur l'ancienneté pour obtenir des vacances est merveilleux. «Je ne suis plus syndicaliste. Tu vois ici un système de pourparlers qui est à l'avantage de tous», indique-t-elle.

De toute façon, la pénurie est telle que les infirmières ont le gros bout du bâton. «C'est un pays d'opportunités, pas de restrictions. Tu pars sans soldes et quand tu reviens, ils sont contents.»

Le coût de la vie en Suisse

Un logement trois et demi coûte facilement entre 900 et 1200 $ dans la ville de Lausanne. Si on veut un quatre et demi, il faut s'attendre à payer 1500 $. Pour ce qui est d'une maison, il n'y a pratiquement pas d'infirmières qui ont les moyens d'en avoir uneLes assurances privées de santé sont aussi dispendieuses. Selon les forfaits, il faut payer quelques centaines de dollars par mois en plus d'un déductible variant de 1500 à 2500 $.

Si toutes les infirmières reconnaissent que la vie coûte plus cher, le salaire leur laisse quand même plus d'argent dans les poches. «Je vivais très bien. Le coût de la vie est balancé avec les salaires et on est moins imposés là-bas», dit Sophie Racine qui a vécu à Lausanne trois ans. «Il faut s'attendre à payer le double pour un loyer (son 4 1/2 lui coûtait 1700 francs suisses). Une soirée au cinéma me coûtait 17 francs suisses (environ 17 $)», conclut-elle.

Un système de santé public-privé

Les Suisses doivent payer une assurance privée pour ses soins de santé. Cette assurance coûte quelques dizaines ou centaines de francs suisses par mois selon la formule retenue. Il y a ensuite un déductible qui varie en fonction de cette couverture. Le financement de la santé se fait également via les impôts. Au cours des derniers mois, les caisses d'assurance santé privées ont été éprouvées par la crise économique. Ainsi, les hôpitaux privés doivent prendre certaines mesures pour réduire leurs coûts et éviter des hausses trop draconiennes qui pourraient leur faire perdre des clients qui optent pour des couvertures privées plus étendues. Un des privilèges de cette couverture privée : le patient peut choisir le médecin qui va le traiter dans l'établissement.

Source : Plusieurs articles du Journal de Montréal

  1. gravatar

    # by Bernard - 17 mars 2010 22:04

    ... ici, c'est a la police qu'on donne tout. Rien de trop beau pour la police... ah! J'oubliais, et aussi aux pompiers.