L’inflation : l’ultime solution à tous nos problèmes ? ? ?

L’inflation est la nouvelle boîte de Pandore. Faut-il l’ouvrir ou pas ? La tentation est grande. Certains ont déjà mis la main sur le couvercle, et l’ont légèrement entrouvert.

1. Alléger la dette grâce à l’inflation

Enfin, un débat sur l'inflation ! Et porté par qui ? Par le gardien de l'othodoxie financière, le FMI lui même. Son économiste en chef, Olivier Blanchard, a osé briser un tabou il y a quelques jours en écrivant qu'après tout, viser 4% d'inflation serait plus favorable à l'économie (actuellement, les banques centrales s'efforcent de ne pas dépasser 2%). Se fixer un objectif un peu plus lâche, à lire l'article publié sous son autorité, permettrait aux banques centrales de se décrisper un peu. L'objectif de 2% les paralyse en effet : si elles pouvaient baisser plus rapidement leurs taux d'intérêt, elles donneraient un peu plus d'oxygène à l'économie quand celle-ci en a besoin.

On a droit, depuis la publication de cet article, à un concert de protestations en provenance des grands argentiers de la planète. « Le FMI joue avec le feu » a déclaré le patron de la Bundesbank, Axel Weber, dans une tribune au Financial Times Deutschland publiée jeudi. Ce qui est menacé, selon, lui, c'est pas moins que « la crédibilité acquise depuis des décennies par la politique monétaire » !

Ben Bernanke, le grand manitou de la Réserve fédérale, s'est lui aussi étranglé devant le congrès américain : « 4%, pourquoi pas 5%, 6%, 7% ? »

2. L'inflation est-elle forcément mauvaise pour les salariés ?

C'est ce que suggère le bon sens (les prix grimpent, donc mon pouvoir d'achat baisse). Historiquement, pourtant, les salariés se sortent plutôt bien des périodes d'inflation. Car leurs salaires augmentent aussi. Le partage de valeur ajoutée de l'économie, pendant les années 1970, a ainsi évolué en faveur des salaires, et au détriment du capital.

3. Quels sont les gagnants de l'inflation ?

L'inflation a-t-elle des vertus ? Elle ronge les créances, et donc est crainte par les épargnants. Mais symétriquement, elle est bénie par les ménages qui empruntent à taux fixe.

Normal : si votre salaire augmente (pour suivre les prix) mais que vos mensualités ne changent pas, vous faites une très bonne affaire. De très nombreux Canadiens sont ainsi devenus propriétaires à la faveur de l'inflation des années 70. Autre grand bénéficiaire de l'inflation, l'Etat, une ressource est la TVQ et TPS, qui grimpe avec les prix.

4. L'inflation peut-elle aider à résoudre la crise ?

Il y a une chose que l'inflation pourrait aider à résoudre, c'est le casse-tête de la dette publique. Historiquement, lorsque la dette publique d'un Etat est devenue insupportable, cela s'est toujours terminé par de l'inflation ou par des révolutions.

L'inflation permet en effet de faire diminuer le poids relatif des dettes, à commencer par celle des États. Si tous les prix et les salaires doublent, mais pas la valeur des dettes, celles-ci deviennent plus facile à rembourser.

5. Par contre, il y a un problème majeur

Drop the helicopters«In principle a modest dose of controlled inflation might work wonders.  In practice, however, it may be hard to achieve and the benefits may not be quite as obvious. Take public debt. According to Bloomberg, the weighted average maturity of all American public debt is now around five years, The inflation solution, The Economist, 11 Mars 2010»

Comme les pays sont surendettés, ça peut-être une catastrophe juste à tenter de rembourser les coûts des intérêts additionnels. Imaginez le Québec avec ces 250 milliards de dettes publiques, qui sont renouvelables en moyenne à l’intérieur de 5 ans, une augmentation de 2 % équivaudrait à plus de 5 milliards de plus à payer juste à cause de la hausse des intérêts.

Ajouter un potentiel de déficit structurel en spirale, les agences de notations risques de décoter le Québec, et les emprunts de l’États risquent d’être même plus chers sans même avoir de l’inflation.

Prenons l’exemple de la Grèce, selon UniCrédit, le taux des obligations grecques à 10 ans pourrait bondir jusqu’à 7,3%. A comparer aux 3% et des poussières des obligations allemandes, la référence en Europe.

6. Double attaque potentiel

Une augmentation des taux d’intérêts dû à l’inflation ( 2%)  et une décote (2 %) serait catastrophique pour le Québec, imaginez 4 % de plus sur la dette, 10 milliards à trouver ?

L’inflation a grimpé de 2,6% en un an aux États-Unis, ce qui n’est pas beaucoup, mais laissent présager d’une hausse dans les prochains mois, en particulier à cause de l’augmentation du cours des matières premières.

D’où le pourquoi, que le Québec doit réagir sérieusement sur son déficit.

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    # by Sébas - 22 mars 2010 à 21 h 29

    C'est vous qui affirmez ça?

    "C'est ce que suggère le bon sens (les prix grimpent, donc mon pouvoir d'achat baisse). Historiquement, pourtant, les salariés se sortent plutôt bien des périodes d'inflation. Car leurs salaires augmentent aussi. Le partage de valeur ajoutée de l'économie, pendant les années 1970, a ainsi évolué en faveur des salaires, et au détriment du capital."

    Les années 70, furent le début de la fin, côté taux d'endettements.

    Aujourd'hui c'est insoutenable

    L'inflation est TOUJOURS une mauvaise chose.

    L'inflation est causé par la hausse de la fausse monnaie-dette, étatique.

    L'inflation EST un taxe déguisée.

    Seuls quelques personnes profitent d'une hausse de l'inflation.

    Dans un monde sans monnaie étatique, l'inflation n'existerait pratiquement pas, sauf lorsqu'il y a un évènement catastrophique. La normalité sans monnaie étatique: à chaque hausse de productivité, les prix baisseraient...

    etc

    A écouter:
    « Money fix »
    http://themoneyfix.org/content/video-money-fix

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    # by Francois - 22 mars 2010 à 21 h 39

    J'appuie Sébas sur ce point.
    C'est le vol d'argent le plus hypocrite jamais perpétué par l'humain.
    Et c'est la façon de s'enrichir pratiquée par quasiment tous les gouvernements du monde...

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    # by Sébas - 22 mars 2010 à 21 h 58

    A écouter (2 minutes, seulement!)

    http://www.youtube.com/watch?v=WEDF9MVDAug

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    # by Un Québec de Droite - 23 mars 2010 à 01 h 03

    Je vous l'ai dit quelle était controversé!

    Juste pour le Québec une simple augemtation de 1 % va être un cauchemar n'ayant plus aucune marge manoeuvre.

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    # by Un Québec de Droite - 23 mars 2010 à 01 h 06

    Dans une semaine on savoir si notre gouvernment est sérieux pour résoudre le déficit, ou tout simplement va pelleter le problème en avant, à suivre ...