Note de crédit du Québec

La situation du Québec présente d'inquiétantes similitudes avec celle de la Grèce.
La récession a frappé beaucoup moins fort ici qu'ailleurs en Amérique du Nord. La contraction économique l'an dernier dans la société distincte est estimée à 1,7%, comparativement à 2,6% d'un océan à l'autre, 2,4% aux États-Unis et plus de 5% au Mexique.
Le Québec se dirige vers un déficit de 4,7 milliards. Si on ajoute la part qui lui revient du déficit fédéral, soit 12 milliards, on en arrive à un déficit qui équivaut à 5,6% de la taille de son économie (303 milliards).
Mince consolation, 5,6% c'est deux fois moins que la Grèce, dont le PIB est plus petit que celui du Québec, en dépit d'une population plus grande.
Toutefois, selon une étude du ministère des Finances, la dette publique du Québec équivaut déjà à 94% de la taille de son économie, si on la mesure selon les critères de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE).
Son service coûte 6,2 milliards au Trésor cette année, soit 10% des revenus budgétaires. Dans quatre ans, cela pourrait passer à 9,8 milliards.

Déjà, la note de crédit du Québec (A high) est bien inférieure à celle du
Canada (AAA) et même du Nouveau-Brunswick (AA-), alors que
nous
vivrons un choc démographique plus grand.
Que faire?
Cela suppose un meilleur contrôle de la croissance des dépenses et une tarification des services aux prix du marché.
«L'expérience récente de la Grèce démontre les problèmes et contraintes que peuvent engendrer certains changements quand l'endettement d'un pays devient préoccupant pour la communauté financière internationale», concluent-ils.
Actuellement la firme Moody’s accorde une note Aa2 (stable) au Québec, ce qui est inférieur au Aa1 de l’Ontario. Les premiers de classe au pays sont l’Alberta et la Colombie-Britannique qui jouissent d’une cote AAA, la meilleure consentie par Moody’s.
L’agence DBRS, qui emploie une autre échelle de notation, a de son côté inscrit une cote A high (stable) au bulletin du Québec, ce qui est également inférieur aux notes de l’Ontario, de la Colombie-Britannique et de l’Alberta qui s’élèvent respectivement à AA low, AA high et AAA.
Une révision à la baisse de ses notes aurait un impact sur le bilan financier du Québec selon Charles Lefebvre, vice-président principal, chez Optimum Gestion de placement. «C’est difficile à prévoir mais c’est évident que le coût de financement de la dette sera plus élevé», a-t-il commenté.
Le gouvernement du Québec doit présentement verser des frais d’intérêt de 4,15% lorsqu’il vend des obligations sur le marché pour financer sa dette. Ce taux pourrait passer à 4,25% si les agences abaissaient d’un cran la cote de crédit de la province.