Nouriel Roubini, un prophète ?

Le 7 septembre 2006, Nouriel Roubini, professeur d’économie à l’université de New York, évoque devant une assemblée d’économistes au Fonds Monétaire International qu’une crise est sur le point de se produire. Selon lui, dans « les mois et les années à venir, les États-Unis risquaient de connaître une grave récession » s’articulant autour des points suivants : Des propriétaires incapables d’honorer leurs engagements et des milliards de dollars de titres adossés aux crédits hypothécaires entraînant la paralysie du système financier. Ces faits, avait poursuivi l’économiste, conduiraient à la faillite de Hedge Funds, de banques d’investissements, ou d’autres institutions financières majeures comme Fannie Mae et Freddie Mac.

Évidemment, le public s’était montré sceptique, voire moqueur. Le modérateur de la conférence invita les participants à siroter un verre en oubliant ces propos alarmistes.

Mais à l’été 2007, les prédictions de Roubini commençaient à se réaliser et lorsqu’il retourna devant le FMI en septembre 2007, plus personne ne se gaussait. « Ces propos semblaient être ceux d’un fou en 2006 » a déclaré au New York Times Prakash Loungani, économiste au FMI, qui avait invité Roubini à plusieurs reprises. « Mais il était devenu un prophète quand il est revenu faire une conférence au FMI en 2007 » a-t-il ajouté.

Nouriel Roubini

Né à Istanbul dans une famille de Juifs iraniens, il a vécu une enfance nomade : à l'âge de deux ans, il est déménagé à Téhéran (Iran), puis Tel Aviv (Israël) et finalement en Italie où il a complété l'équivalent d'un diplôme collégial. Par la suite, il a étudié en économie à l'Université Harvard aux États-Unis, où il a complété son doctorat en sciences économiques en 1988. Selon son superviseur, Jeffrey Sachs, il avait le talent inhabituel de comprendre les institutions économiques de façon mathématique et intuitive.

Il a occupé des postes d'enseignement à l'Université Yale.

Il a été économiste senior aux Affaires internationales pour le compte du Council of Economic Advisers (juillet 1998 – juillet 1999), organisation chargée de conseiller le président des États-Unis. Au Département du Trésor des États-Unis, il avait un rôle de conseiller senior auprès du sous-secrétaire aux Affaires internationales (de juillet 1999 à juin 2000).

Dans les années 1990, Roubini avait étudié l'effondrement des économies émergentes. En ligne avec le talent explicité par son superviseur Sachs, il a appliqué une approche historique et intuitive tout en s'appuyant sur sa connaissance des modèles économiques dans le but d'analyser ces pays. Il arriva à la conclusion qu'un commun dénominateur était la cause de ces effondrements : les pays financaient la balance courante par des prêts effectués à l'étranger. Il a prédit que les États-Unis serait probablement le prochain pays à subir un tel choc : en 2004, il a commencé à exposer ses théories à propos d'un tel effondrement.

En septembre 2006, il a annoncé lors d'un discours devant une audience de spécialistes, sceptiques, du FMI qu'une crise économique était en gestation : « Dans les mois et les années à venir, les États-Unis vont probablement vivre une dépréciation immobilière qui ne se voit qu'une fois dans une vie, un choc pétrolier, une diminution prononcée de la confiance des consommateurs et, ultimement, une grave récession[]. Il a prédit la cessation de paiements sur les hypothèques résidentielles, la non-viabilité des mortgage-backed securities dont la valeur atteignait des milliers de milliards de dollars américains et l'arrêt du système financier mondial. Depuis, l'économiste Prakash Loungani, à l'emploi du FMI, l'a surnommé « le prophète ».

Bien qu'il ait prédit que la crise financière de 2008 commencerait plus tôt qu'elle ne l'a fait, ses descriptions des causes et effets ont été confirmées. En conséquence, il est en 2009 un intervenant majeur dans les débats économiques se déroulant aux États-Unis et sur la scène internationale. Le New York Times affirme qu'il est « le sage qui a vu venir » et le Prospect Magazine, en janvier 2009, l'a mis en 2e place sur une liste des 100 intellectuels vivants les plus influents. Il a prononcé des discours devant le Congrès des États-Unis, le conseil des relations étrangères et le Forum économique mondial à Davos.

En 2009, il est régulièrement consulté par les gouverneurs des banques centrales en Europe et en Asie.

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    # by Philippe David - 5 mars 2010 15:20

    Il n'était pas le seul...

    http://www.youtube.com/watch?v=Z0YTY5TWtmU