Pratiques douteuses des banques
Posted by Québec de Droite in Banque, Immobilier on lundi 29 mars 2010
Alors qu'Ottawa s'apprête à resserrer encore une fois les règles entourant le financement hypothécaire, il demeure facile de se procurer un prêt sans aucune mise de fonds, a constaté La Presse Affaires.
Le comptant minimal exigé pour qu'une hypothèque soit assurée par la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) est passé de zéro à 5% en octobre 2008, en vue de «protéger et renforcer le marché canadien du logement». Or, selon notre enquête, au moins cinq des huit grandes institutions financières du pays continuent à prêter à des demandeurs qui n'ont pas de liquidités, tant que leur dossier de crédit est sain.
La Presse Affaires a appelé les banques en prétendant être un client doté d'un bon revenu, mais dénué d'épargnes et de placements, intéressé à l'achat d'une maison sans comptant. Les préposés de Desjardins, CIBC, la Banque Nationale, la Banque Laurentienne et la Banque Scotia nous ont proposé diverses solutions pour obtenir un prêt malgré cette absence de fonds.
Le plus souvent, les employés offraient une hypothèque avec un «retour en argent» équivalent à 5% de la valeur du prêt, en échange d'un taux plus élevé. D'autres nous ont proposé des marges de crédit, prêts personnels et prêts-REER en vue d'emprunter les 5% requis.
Ces pratiques sont tout à fait légales. Mais selon Louis Gagnon, professeur de finances à la Queen's School of Business, elles sont «épouvantables». Et, surtout, contraires à l'esprit des changements apportés par Ottawa, qui visent à restreindre quelque peu l'accès au financement hypothécaire pour éviter la formation d'une bulle immobilière.
«Ce n'est vraiment pas bien, parce que ça va non seulement à l'encontre de l'esprit de la loi, mais aussi à l'encontre de la sûreté de notre système financier», a lancé M. Gagnon en entrevue téléphonique.
Mo Chaudhury, professeur à la faculté de gestion Desautels de l'Université McGill, estime que les banques cherchent peut-être à percer de nouveaux créneaux en prévision de la baisse prochaine des prêts pour les propriétés spéculatives. «C'est pourquoi elles sont aussi agressives avec le marché des premiers acheteurs.»
Quoi qu'il en soit, M. Chaudhury ne s'offusque pas de voir les institutions prêter à des acheteurs sans mise de fonds. Les banques sont en affaires pour courir des risques, dit-il. «Dans ce cas-ci, si elles peuvent être assurées que vous avez un travail relativement stable et payant, je pense que c'est un bon risque pour les banques.»
Quel risque M. Chaudhury ?
C'est là qu'intervient la SCHL, qui garantit les titres hypothécaires créés par les banques au moyen de leurs hypothèques. Les banques cristallisent ainsi leurs profits et ne s'exposent à aucun risque en cas de défaut de paiement de l'emprunteur.
Autrement dit, c'est la SCHL qui prend les risques. Un coup d'oeil à ses résultats montre d'ailleurs que la SCHL a bien répondu à l'appel du ministre des Finances, Jim Flaherty, l'automne dernier, en augmentant considérablement ses cautionnements pour les titres hypothécaires. Au 31 décembre 2007, la SCHL en avait pour 165,3 milliards de dollars (G$). En 2008, ils ont augmenté de 68,6 G$, pour atteindre 233,9 G$, alors que la SCHL prévoyait qu'ils diminueraient. Cette année, elle prévoit une autre augmentation de plus de 100 G$
Vous pouvez également mieux comprendre la meilleure tenue de nos banques par rapport aux banques américaines et européennes. La majeure partie du portefeuille hypothécaire des banques canadiennes est garantie par le gouvernement, donc par nous. Elles affichent donc peu de pertes.
N’oubliez pas que ceux qui achètent depuis quelques années des maisons garanties par la SCHL ont créé de la croissance économique sans en avoir véritablement les moyens et notre gouvernement le sait. Ils ont garantis des profits aux banques aux dépends de la sécurité financière des familles.
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