Réaction hostile à l’égard des fonctionnaires fédéraux

SupersizedDans un récent rapport, l’Institut C. D. Howe, un centre d’études et de recherches  conservateur, soutient que les régimes de retraite de la fonction publique du Canada, des Forces canadiennes et de la Gendarmerie royale du Canada accusent un important déficit.

Le rapport, intitulé « Supersized Superannuation: The Startling Fair Value Cost Of Federal Government Pensions », est immédiatement entré dans la mire des médias et a fait les manchettes partout au pays. Il a attiré l’attention tant des responsables gouvernementaux que des dirigeants syndicaux et des fonctionnaires.

En outre, il a mis le feu aux poudres et semble avoir déclenché chez la population canadienne dans son ensemble une réaction hostile à l’égard de tous les fonctionnaires.

Rarement a-t-on vu un rapport diviser autant l’opinion publique.Un déficit de 522

La conclusion la plus renversante du rapport, c’est que ses auteurs, en utilisant ce qu’ils appellent des évaluations de remplacement et la comptabilité à la juste valeur, ont calculé que ces régimes accusaient un déficit cumulatif de près de 522 milliards  de dollars à la fin de l’exercice 2008-2009.

Cela sous-entend que ce déficit est de quelque 58 milliards de dollars de plus que ce que reflètent les comptes de pensions du gouvernement pour le même exercice. Si c’est le cas, alors les contribuables et les adhérents aux régimes seront exposés à des risques sous-évalués.

Les auteurs du rapport concluent que la réduction des coûts et des risques jouerait un rôle crucial dans le rétablissement des finances fédérales à un niveau durable. Il s’ensuit du rapport que les régimes de retraites seraient probablement ciblés à cette fin.

Évidemment, les Canadiens à l’extérieur du Québec ont le même problème, la moitié d’entre eux n’ont pas assez de capital cumulé pour leurs retraites, et voir qu’ils vont s’endetter plus de 522 milliards pour satisfaire des retraites dorées à leurs fonctionnaires fédéraux les a enragés

Remarqué que le pouvoir syndical est beaucoup moins fort à l’extérieur du Québec pour tenter de maintenir l’immobilisme, de sérieuses questions se sont posées sur la continuité de telle faveur, et les pressions politiques s’accentueront pour modifier de tel régime.La méthode pour

Ce que C.D. Howe notait c’est que la méthode pour évaluer le déficit cumulé n ’était pas la bonne, le gouvernement devrait utiliser la « comptabilité à la juste valeur, s’appelle aussi communément la comptabilité au prix de marché (CPM) » – devait être plus appropriée, sinon plus exacte, que les méthodes de la comptabilité au coût d’origine.

De plus, en exposant le coût réel du déficit, elle démontre le gouffre des régimes de la fonction publique fédérale et l’écart dans l’ensemble des retraites du secteur privé, évidemment toute la fonction publique (syndicats) s’est opposée par ce type d’évaluation disant qu’elle n’était pas appropriée, par contre C.D. Howe réitère sa position, en voici un extrait :

The movement in pension accounting toward fair-value approaches is driven by sound logic. Smoothed asset values and liabilities estimated on the basis of assumed investment returns decades into the future are shaky foundations for deferred-compensation promises, from the perspectives of both the person making the promise and the person to whom it is made. Only by valuing assets and liabilities at their value in exchange can pension-plan sponsors and participants understand the true cost and risks of their plans.

Experience in steel, cars, telecoms and other mature industries has shown how understating the cost and volatility of DB obligations can lead plans to run accumulated deficits larger than their sponsors can cover, leaving pensioners short and/or taxpayers picking up the pieces. We need to get a better handle on public-sector pensions before similar accidents happen on a more colossal scale.

La réponse classique des syndicats est dans ce style:

L’absence de réaction de la part des hauts fonctionnaires de l’État témoigne clairement de leur participation à l’étude. On peut s’attendre à ce que le gouvernement se serve du rapport pour s’en prendre au régime de retraite de la fonction publique. Après tout, chaque fois que le gouvernement est confronté à des décisions financières difficiles, ce sont toujours ses propres employés qui en font les frais.

Puisque le vérificateurLes syndicats n’admettront jamais publiquement cette iniquité de Le peuple Québécoisdistribution de richesse, le peuple québécois devra considérer ce privilège illégitime, car ils n’ont jamais consentis de s’endetter de 82 milliards sinon plus, pour satisfaire 10 % de la population.

Seul une démocratie directe (référendum) pourra légitimer une telle dépense, sans cela on devra considérer ce privilège comme un simple copinage entre les syndicats et les politiciens.

Source: Supersized Superannuation: The Startling Fair-Value Cost of Federal Government Pensions, Alexandre Laurin, William B.P. Robson, C.D. Howe Institute, December 2009

Source: Ottawa's real pension debt, By Alex Laurin And Bill Robson, Financial Post, December 18, 2009