Modèle Québécois selon un blogueur

Je lis souvent les blogues pour connaître l’état d’esprit des concitoyens sur une situation.

Voici une réponse d’un blogueur qui représente une lucidité sur la problématique générale du Québec.

Extrait de : À l'assaut du modèle québécois, Robert Dutrisac, Le Devoir, 31 mars 2010

Le premier ministre Jean Charest et le ministre des Finances, Raymond Bachand, ont dévoilé hier à Québec un budget qui permettra à l’État québécois de comprimer ses dépenses tout en alourdissant le fardeau fiscal de la classe moyenne

Sylvestre Michel, jeudi 1 avril 2010 06h29

Modèle québécois?

L'expression "modèle québécois" me laisse perplexe. Un modèle, c'est quelque chose que dont on veut s'inspirer ou que l'on souhaite suivre. Quelqu'un peut-il citer un seul exemple?

La caractéristique principale du "modèle québécois", c'est malheureusement la pauvreté. Nous faisons partie du club des états pauvres en Amérique du nord. C'est le cas depuis longtemps, et la "révolution tranquille" n'a rien changé à cet état de chose.

Cette pauvreté a été masquée pendant un certain temps par des politiques irresponsables de dépenses largement supérieures aux revenus en partie financées par l'Ontario ou l'Alberta de même que par nos enfants (par dette interposée), mais la réalité nous rattrape.

Les caractéristiques principales du "modèle québécois" en ce moment sont notamment:

-Des dépenses gouvernementales beaucoup plus élevées per capita que pas mal partout ailleurs en Amérique du nord;

-Une dette per capita plus élevée que partout en Amérique du nord (la cinquième au monde ou quelque chose comme ça. On va bien rigoler quand les taux d'intérêt vont remonter à un niveau plus normal);

-Un niveau de productivité parmi les plus faibles;

-un score nul ou à peu près en ce qui concerne l'innovation;

-un très faible taux de création de nouvelles entreprises;

-une courbe démographique suicidaire;

-un système d'éducation délabré;

-un mépris total pour l'activité économique, la richesse ou la création de richesse (sauf quand on veut la taxer dans les poches des autres évidemment).

Je suis sûr que j'en oublie.

Heureusement, toutes les solutions ont été identifiées:

-Taxer les riches. Le problème, c'est qu'il n'y en a à peu près plus au Québec. Corrigez-moi, mais il y a quelque chose comme 1% de la population qui gagne plus de 100K. Il y a peu d'argent à aller chercher là. Il s'agit par ailleurs d'une population très mobile, qui est déjà la plus taxée en Amérique du nord. Le peu de gens fortunés qui restent vont s'en aller, ils ne paieront plus rien du tout en TVQ etc. et ils vont aller créer de la richesse ailleurs.

-Taxer les entreprises... Ok, qui va créer le peu de richesse qui se génère dans cette province si on détruit le peu d'actifs économiques que nous avons, la fonction publique? La CSN? Le gouvernement? Les gens qui veulent tout avoir gratuitement, qui disent être incapables de payer $200 par année pour des soins de santé alors qu'ils ont bénéficié de plus de 4K de réduction d'impôt au cours des dernières années?

-Manifester ou renverser le gouvernement... Amusant, mais je ne pense pas que cela va régler grand chose.

-Aller chercher notre dû à Ottawa. Il sont patients nos voisins. Je ne pense pas que nous accepterions de les financer à perpètre comme ils le font déjà.

On pourrait aussi parler d'identité je présume, ou chier sur les immigrants. Encore mieux, réaliser l'indépendance! Se concentrer sur des questions importantes quoi!

Les problème principaux de ce budget, sont qu'il ne fait rien ou très peu pour régler les véritables problèmes économiques de notre belle province et qu'il n'est par réaliste car il repose aux deux tiers sur des compressions d'augmentation de dépenses (pas de dépenses, mais bien d'augmentation de dépenses!) qui ont peu de chances ce se réaliser. C'est un budget de pompier, pas un budget d'avenir.

L'autre problème, et il est de taille, c'est que les gens n'ont pas confiance et ont l'impression désagréable que leur argent est détourné pour se retrouver dans les poches de petits (ou gros ) filous. Il est difficile de demander aux gens de faire un effort dans un tel climat. On ne peut pas nier que d'importantes questions se posent à ce sujet

Au bout du compte et à long terme, il n'y a rien de gratuit. Il faut payer pour les services que nous voulons avoir, et on ne peut pas refiler la facture aux autres (financer nos services en creusant le déficit comme nous l'avons fait revient à faire payer nos enfants pour nous, ce qui me semble particulièrement odieux).

Si nous voulons augmenter notre niveau de vie, il faut valoriser l'activité économique et l'éducation, être plus entreprenants, productifs et innovants et cesser de mépriser la création de richesse et les gens qui y contribuent. Le Québec se comporte comme un gros syndicat (les solutions proposées sont éloquentes à ce sujet) et on commence à peine à en payer le prix.

Ce budget, c'est comme un lendemain de veille, et ce n'est qu'un début si rien n'est fait pour remédier aux problèmes sous-jacents. S'il sonne le glas du modèle québécois, et bien bon débarras!

Sylvestre Michel, jeudi 1 avril 2010 14h10

Ce budget consacre la faillite du "modèle québécois"

Nous dépensons beaucoup plus que nos moyens depuis de nombreuses années et beaucoup plus que les autres Nord-américains qui sont beaucoup plus riches que nous dans la plupart des cas (ce qui fait beaucoup de beaucoup!), nous nous créons une dette écrasante, nous faisons croire aux gens que les services sont gratuits alors que les coûts de ceux-ci sont en réalité hors de contrôle et nous négligeons depuis longtemps notre développement économique.

Qu'est-ce qu'il y a de magique ou de si particulier au Québec qui permette de dépenser beaucoup plus que les autres avec des revenus beaucoup moindres? Il est évident que ce n'est pas soutenable.

Nous vivons par ailleurs dans un monde coupe-gorge, où la concurrence n'a jamais été aussi féroce entre individus, entreprises et états, un monde où le savoir, l'innovation, l'entrepreneurship et la productivité qui nous font cruellement défaut en tant que collectivité sont essentiels, et il semble malheureusement évident que nous sommes en train de nous faire manger tout ronds. Nous ne voyons pas cela car nous vivons dans une bulle, mais elle est en train de crever cette bulle, et ça fait évidemment très mal.

Je suis tout à fait d'accord avec autres intervenants qu'il y a un manque total de compassion dans tout cela, que la pauvreté est un drame épouvantable et qu'il y a des éléments de ce budget qui ne sont pas justifiables.

La seule manière de remédier à notre pauvreté collective toutefois, c'est de créer de la richesse et de sortir le Québec de l'ornière économique dans laquelle il se trouve. Pas n'importe comment évidemment, pas en détruisant l'environnement ou en volant les autres, mais il faut créer de la richesse tout de même.

La "recette" de redistribuer de l'argent que l'on a pas, de la richesse que nous ne créons pas, autrement connue sous le nom de "modèle québécois", a prouvé son inefficacité depuis le temps où nous l'appliquons sans succès. Les québécois sont aussi pauvres qu'avant.

Quelqu'un de beaucoup plus intelligent que moi n'a-t-il pas a dit que la folie consiste à refaire constamment la même chose en espérant pourtant un résultat différent?

On dira avec raison que ce n'est pas juste, et c'est vrai, mais continuer à faire ce que nous avons toujours fait n'est pas une solution, il me semble que cela crève les yeux.