Règlementations excessives coûtent chers
Posted by Québec de Droite in Clientélisme, Construction, Groupe d'intérets, Syndicat on mercredi 5 mai 2010
On peut définir les groupes d'intérêt comme des regroupements organisés de votants (ou d'entreprises) ayant des préférences semblables pour une politique spécifique. En concentrant leur lobbying sur une mesure particulière, ces groupes peuvent gagner l'adoption d'une politique qui leur vaut des bénéfices directs, tout en en diluant le coût sur des millions de contribuables ou de consommateurs, extrait du livre: On n’as pas les gouvernements qu’on mérite, Jean Luc Migué.
LE CLOISONNEMENT DES MÉTIERS DANS L’INDUSTRIE DE LA CONSTRUCTION
Les travailleurs québécois de la construction souffrent toutefois d’un obstacle de taille par rapport à leurs collègues des autres provinces : un manque de flexibilité, qui trouve son origine dans la législation qui encadre l’industrie de la construction.
Sans cet obstacle, les travailleurs québécois de la construction pourraient hausser leur productivité, ce qui permettrait au gouvernement et aux contribuables québécois d’épargner sur les coûts de construction d’ouvrages, notamment pour les infrastructures.
L’industrie de la construction représente à elle seule 41 milliards de dollars de dépenses d’investissements, soit 13% du PIB de la province en 2008. L’efficacité de cette industrie a donc un impact majeur sur l’économie québécoise.
La Loi R-20 et le cloisonnement des métiers
L’industrie de la construction au Québec est la plus réglementée en Amérique du Nord. L’État est intervenu dans cette industrie en forçant les employeurs à n’embaucher que des salariés membres d’un des cinq syndicats reconnus.
Depuis 1968, les relations du travail dans l’industrie de la construction au Québec sont régies par la Loi sur les relations du travail, la formation professionnelle et la gestion de la main-d’œuvre dans l’industrie de la construction, communément appelée Loi R-20.
En vertu de cette loi, l’État réglemente notamment la description des métiers, ce qui a pour effet de nuire à la polyvalence des travailleurs. Par exemple, un employeur ne peut pas faire poser du gypse par un charpentier-menuisier, ne peut pas faire poser de la céramique par un poseur de revêtements souples (qui installe les tapis), etc. Pourtant, de nombreux travailleurs connaissent les rudiments de plusieurs métiers.
Il y a beaucoup plus de métiers réglementés au Québec (26) qu’ailleurs au Canada. Par exemple, l’Ontario ne compte que six métiers de la construction à certification obligatoire, tous les autres étant à certification facultative6. Quand la certification d’un métier est facultative, il est légal de l’exercer sans certificat de compétence, même si certains employeurs et syndicats l’exigent. En règle générale, toute personne qui démontre les habiletés nécessaires peut donc exercer un métier à certification facultative.
Ce cloisonnement des métiers au Québec mène à un système coûteux, qui engendre une division du travail rigide en corps de métiers, des règles d’embauche lourdes et des mécanismes de fonctionnement peu flexibles. Il empêche toute polyvalence recherchée par les entrepreneurs généraux et les donneurs d’ouvrage pour revoir les façons de faire et améliorer la productivité sur les chantiers. Par exemple, un entrepreneur qui se ferait prendre par un inspecteur de la CCQ à faire couler une petite dalle de béton par ses menuisiers qui sont déjà au chantier plutôt que par des cimentiers-applicateurs sera poursuivi devant les tribunaux.
En conséquence, l’achèvement d’un ouvrage nécessite davantage d’ouvriers et de sous-traitants, ce qui multiplie les étapes et occasionne beaucoup de pertes de temps.
De plus, il est difficile de responsabiliser les salariés quant à la qualité de leur travail, puisqu’ils n’exécutent qu’une petite partie du travail et que deux ou trois autres corps de métiers devront leur succéder pour terminer l’ouvrage.
Les conséquences du cloisonnement des métiers pour l’industrie de la construction
· Il faut plus de main-d’œuvre pour réaliser un ouvrage, ce qui multiplie les étapes et occasionne beaucoup de pertes de temps.
· Alors que l’industrie de la construction vit une pénurie de main-d’œuvre, ses salariés arrivent à peine à travailler en moyenne 963 heures par année.
· La structure patronale s’est avec le temps modelée sur la structure syndicale. On constate une prolifération de petits entrepreneurs spécialisés qui n’embauchent que pour un seul métier.
· Pour les métiers où il y a pénurie, les employeurs qui détiennent cette main-d’œuvre captive (car elle ne peut exercer un autre métier) peuvent ainsi augmenter le coût de leurs soumissions, faute de réelle concurrence.
· La prolifération de la sous-traitance sur le modèle de la structure syndicale, rend la gestion des chantiers et des projets beaucoup plus lourde, plus coûteuse et a un impact sur les échéanciers.
· Les entrepreneurs qui œuvrent sur des chantiers éloignés (comme dans le Grand Nord par exemple) doivent contrevenir aux règles et s’exposent à d’importantes amendes, car ils ont de la difficulté à recruter des travailleurs de tous les métiers réglementés à proximité.
En assouplissant le cloisonnement des métiers, les travailleurs québécois de la construction pourraient hausser leur productivité, ce qui permettrait au gouvernement et aux contribuables québécois d’épargner sur les coûts de construction d’ouvrages.
Extrait de: LE CLOISONNEMENT DES MÉTIERS DANS L’INDUSTRIE DE LA CONSTRUCTION, David Descôteaux, l’Institut économique de Montréal.
David Descôteaux, les syndicats de la construction, Radio-Ego, Durée : 15:44
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