Travail au noir et évasion fiscale au Québec, Grèce vs Québec

Au départ l’État ne crée aucune richesse elle ne fait que la redistribuer, le travail au noir ou l’évasion fiscale est influencé selon 4 principaux facteurs.

1)      Des impôts top régressifs : Il est prouvé qu’un impôt dépassant 40 %, vous obtenez un seuil d’intolérance vis-à-vis des créateurs de richesse, les gens qui travaillent ne travaillent pas pour l’État, mais pour eux, le Québec possède les impôts les plus régressifs de l’Amérique du Nord.

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2)      Une iniquité de la distribution de la richesse : Difficile de dire aux créateurs de richesse de ne pas justifier de l’évasion fiscale, quand il sait très bien qu’à la retraite il risque d’être sur le seuil de la pauvreté et voir son voisin qui travaille pour la fonction publique d’avoir une retraite dorée pour le restant de ces jours ou constater le voisin qui est sur le BS et n’a aucun problème à bien vivre ou tous ceux qui travaillent (37.8 %), mais ne paie même pas d’impôts, tout cela par le pauvre bougre du privé qui paie des impôts.

3)      Une mauvaise gestion des fonds publics : quand il constate que ça fait longtemps que la santé devrait avoir du privé et seuls les groupes d’intérêts s’y opposent acharnement ou voir des milliards engloutis dans l’éducation et constater le si haut taux de décrochage, en se demandant foncièrement si le gouvernement est géré par les politiciens ou par les groupes d’intérêts, (1).

4)      Dernier élément et non le moindre la corruption, constater que le gouvernement refuse une commission d’enquête sur la construction quant plus de 80 % l’exige, est un manque flagrant de démocratie élémentaire et de constater que les intérêts du parti dépassent les intérêts du peuple. D’entendre chaque jour dans les médias des actions reliés à la collusion, au copinage et à la corruption fait perdre toute crédibilité de l’État.

Une bonne règle de gouvernance:

G-18 Dans certains pays d’Europe, il y a des impôts aussi régressifs, par contre ils gèrent les dépenses de l’État de façon très serrée, minimise les iniquités de distribution de richesse et les groupes d’intérêts.

Il faut que le gouvernement démontre au peuple qu’il gère l’argent en bon père de famille, c’est au gouvernement d’avoir le fardeau de la preuve pour justifier un impôt si régressif.

Malheureusement au Québec, ça fait des décennies que cette rigueur de la gestion des fonds publics est déficiente d’où le pourquoi du 220 milliards de dettes publiques pour seulement 7.8 millions d’habitants.

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Le fisc québécois peut dormir sur ses grandes oreilles : sa réclame sur le thème « Le travail au noir c’est du vol » risque peu d’être contestée. Les intellectuels et ceux de la Nomenklatura qui sont subventionnés ou stipendiés par l’État se trouvent du bon côté du guichet. Leur seul péché consiste parfois, comme tout le monde, à embaucher au noir pour leurs travaux domestiques. Quant aux petits travailleurs au noir, ils sont incapables, ou ont peur, de se défendre.

Pourtant, soumise à la critique rationnelle, la réclame du fisc est éminemment contestable. Si le travail au noir est du vol, qui donc sont les victimes ?

G-19 Une idée reçue voudrait que la réponse soit : « Tous les contribuables ». En ne payant pas « leurs » impôts, les travailleurs au noir imposeraient un fardeau fiscal accru à ceux qui ne cachent pas, ou ne peuvent pas cacher, leurs revenus au fisc. Or, comme le suggère l’école économique des Choix publics, c’est l’inverse qui se passe. L’économie souterraine constitue un frein automatique à l’appétit spoliateur du Léviathan. Harold Demsetz soutient même que l’État ne peut prélever plus de la moitié de ce que les gens produisent puisque, à partir de ce point, l’économie souterraine croît en proportion des exactions étatiques (Economic, Legal, and Political Dimensions of Competition, North-Holland, 1982).

L’État canadien-québécois, qui voudrait bien passer le mur du 50%, a intérêt à diaboliser le travail au noir et l’évasion fiscale qu’il implique. Car c’est bien à la moitié de ce que les gens produisent et gagnent qu’équivaut la somme totale des impôts actuels. Les peuples ont déjà fait des révolutions, dont l’américaine et la française, contre des impôts moins spoliateurs.

Les travailleurs au noir ne volent pas tout le monde puisque, au contraire, ils empêchent l’État d’être encore plus vorace. En ce sens, tout le monde profite du travail au noir, qui est une forme de résistance pacifique, un substitut à la révolution. Béni soit le travail au noir, et on devrait décorer chaque travailleur contrevenant que les flics du régime envoient ou menacent d’envoyer en prison. Peut-être, un jour, émettra-t-on des timbres à la mémoire de ces résistants qui s’ignorent.

Certes, le travail au noir défavorise certains individus. S’il ne constitue pas du vol à l’endroit des contribuables – c’est-à-dire de ceux qui paient plus qu’ils ne reçoivent –, il prive de ressources le fisc et ceux qui vivent aux crochets de l’État. C’est sans doute au nom de ceux-ci – et en leur nom personnel – que les bureaucrates du fisc mènent leur campagne de pub avec notre argent.

Le problème est que, pour toute morale digne de ce nom, ce n’est pas voler que d’empêcher quelqu’un de prendre ce qui ne lui appartient pas. Si on a déjà pu soutenir que des impôts raisonnables sont nécessaires pour accomplir des tâches essentielles d’intérêt public, il est évident que les impôts actuels n’ont rien de raisonnable et que seule une petite portion de ce que nous sommes forcés de payer finance des fonctions essentielles de l’État.

L’impôt sert à financer quoi ? Leurs lois qui nous interdisent de consommer ou de fumer ce nous voulons, d’importer ou de lire ce qu’ils définissent comme « pornographique » ou « séditieux » ; leurs douaniers qui reniflent nos valises quand nous rentrons dans ce qu’ils appellent notre pays ; leur subventionnement et leur contrôle de l’éducation et de la culture ; leurs lois qui autorisent leurs inspecteurs de ceci et de cela à pénétrer sur des terres, dans des maisons, dans des bureaux ou dans des usines qui ne leur appartiennent pas ; le numéro d’esclave (dit « assurance sociale ») dont ils marquent leur bétail, les papiers d’identité qu’ils nous imposent, leurs obligations de déclaration, leurs formulaires dégradants ; leurs systèmes de fichage, leur bases de données croisées ; leur prohibition de la légitime défense, leur criminalisation des honnêtes gens ; leur monopole de la santé ; leur corporatisme soutenu par le bras armé de l’État, leurs assauts contre la liberté du travail ; leurs autorisations administratives et leurs permis de ceci et de cela ; leurs élections réglementées, leur contrôle de la liberté d’expression ; leurs soi-disant services, prétextes d’une bureaucratie qui tisse autour de nous un filet infranchissable.

Si nous ne pouvons nous passer de cet État tutélaire, c’est parce qu’il crée une dépendance, bien pire que n’importe quelle drogue, générant ainsi les conditions mêmes de son existence et de sa croissance (voir Anthony de Jasay, L’État. La logique du pouvoir politique, Belles Lettres, 1994).

Bref, l’impôt sert surtout à financer leur tyrannie tranquille, leur fascisme soft. Mussolini avait hélas ! bien raison d’espérer que le 20e siècle serait « le siècle de l’État ». Le travail au noir ne prive pas de services publics les pauvres individus démunis, mais, au contraire, il sert à empêcher nos États monstrueux de croître encore davantage.

Le pouvoir a peur du dicton libertarien « l’impôt, c’est du vol », et sa novlangue veut nous faire croire que le volé est le voleur. Ceux que La Boétie appelait les « mange-peuples » se présentent comme les victimes des petits travailleurs au noir. Encore un coup et Police-Québec s’appellera Amour-Canada.

Le travail au noir, c’est du vol ? Disons-le hautement au nom de ceux qui ne savent pas l’exprimer ou ont peur de parler : cette propagande du fisc est naïve, cucul, obscène. Si l’État était lui-même soumis à ses lois sur la publicité trompeuse, une charrette de politiciens et de bureaucrates se retrouverait bientôt dans les prisons dont leurs prétendues lois menacent constamment les individus pacifiques.

Sans doute faudrait-il nuancer un peu : parler du capital social d’honnêteté que l’État myope est en train de détruire et que la résistance même met éventuellement en péril, s’interroger sur la règle de droit si tant est qu’elle signifie encore quelque chose, examiner la valeur morale de la « common opinion of mankind ». Mais la conclusion générale demeurerait à peu près intacte : empêcher de nuire davantage notre tyrannie administrative à la Tocqueville en lui retirant ne serait-ce qu’un dollar est devenu une œuvre d’utilité sociale, un service que nous rendons à nos enfants et aux générations futures.

Encourager la désobéissance et le travail au noir est une responsabilité sociale.

Source : Travail au noir: une réclame cucul et obscène, Pierre Lemieux, La Presse,
1er décembre 1999

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Depuis quelques semaines, il est beaucoup question du travail au noir au Québec. Des sommes d’argent considérables sont dépensées annuellement par les autorités publiques pour contrer ce «fléau» sans pour autant qu’il se résorbe. La raison est que le travail au noir, ici comme ailleurs, est une réaction à l’appétit vorace des législateurs.

Qu’est-ce qui poussent les gens vers l’économie souterraine? 

Les travailleurs, tout comme les entrepreneurs, sont surtaxés et surimposés. Inévitablement certains d’entre eux se tournent vers l’économie souterraine pour conserver une part plus importante du fruit de leur travail. De plus, les coûts de transaction, c’est-à-dire les efforts nécessaires préalables à la réalisation des échanges économiques, sont très élevés. Plutôt que de se plier à une multitude de règlements, les agents économiques vont décider «d’alléger volontairement les procédures» et ne pas déclarer toutes les transactions. 

Des questions d’ordre politique sont également en cause. Les gouvernements provincial et fédéral gèrent mal leurs recettes. Par exemple, les nombreux dépassements de coût dans la construction d’édifice (la Caisse de dépôt et placement), dans la construction d’infrastructure (le métro de Laval) et dans la gestion des programmes gouvernementaux (le registre des armes à feu, le programme des commandites, etc.) minent considérablement la confiance des contribuables.  

On peut affirmer sans trop se tromper que bien des gens sont prêts à payer de l’impôt pour financer certains services, tel que l’armée et les services de justice par exemple. Sauf qu’il y a des limites. Quand les gens voient que les bureaucrates et les politiciens agissent de manières irresponsables, ils sont enclins naturellement à vouloir conserver leur argent et le dépenser de la façon qu'eux jugent appropriée et responsable. 

La répression n’est pas le remède  

Ce n’est pas la répression qui est la solution à long terme. À court terme, le gouvernement récupérera peut-être quelques sous ici et là, mais à long terme, c’est tout à fait inefficace, puisque toujours à recommencer.

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G-22Les mesures coercitives de toute nature, telles que les règles sur l’embauche et sur les salaires, diminuent les possibilités d’emplois, allongent les délais et compromettent même la réalisation des projets. En fin de compte, tout le monde perd et ce sont souvent les salariés moyens, ceux de la restauration et de la construction par exemple, qui subissent les contrecoups les plus importants de cette répression.  

Si on admet que l’État doit assurer certains services, ce qui n’est pas nécessairement le cas, il faut toutefois se demander jusqu’où il doit étendre ses tentacules. L’État ne devrait-il pas se limiter à la protection de la liberté individuelle? Pour les travailleurs et les entrepreneurs qui s’activent au noir, il est clair cependant que les tentacules de l’État fouillent là où elles ne devraient pas.  

Les véritables solutions 

Il faut trouver des solutions constructives pour remédier à cette situation et les seules valables à long terme sont de baisser les impôts et les taxes, d’assouplir de manière considérable les réglementations de nature économique et de créer un cadre légal où les politiciens ne pourront pas au gré de leurs fantaisies dépenser l’argent des contribuables à gauche et à droite. 

Non seulement la réduction des impôts stimule-t-elle la croissance économique, puisque cela libère les forces productives, mais les gens auront alors plus d'incitations à travailler en toute légalité. On peut ainsi diminuer l’évasion fiscale et le recours à l’économie souterraine en plus d’augmenter les recettes de l’État.  

Les pressions sont trop fortes actuellement sur les contribuables et ceux-ci ont l’impression d’être étouffés. Un impôt raisonnable peut suffire à l’État pour accomplir ses tâches essentielles, mais il faut avouer que ce seuil est depuis longtemps dépassé. À titre d’exemple, les 15% des contribuables les plus riches au Québec contribuent pour plus de 70% des recettes totales de l'impôt sur le revenu. Pire, ceux qu’on appelle les «riches» sont dans les faits des salariés de la classe moyenne qui ont déclaré des revenus annuels de 40 000 $ et plus. En pratique, comme le soulignait Jean-Luc Migué dans son article JOUR DE LIBÉRATION FISCALE (le QL, no 128), les gens qui ont un boulot de 9 à 5 doivent travailler jusqu’à une heure de l’après-midi pour s’acquitter des charges fiscales qui pèsent sur eux. Dans ce contexte, peut-on en vouloir aux gens qui veulent améliorer leur sort par le travail au noir? 

L’État et ses représentants soutiennent que les impôts non payés en raison du travail au noir constituent un vol, que ce «manque à gagner» doit être transféré sur ceux qui s’acquittent en toute légalité des charges fiscales qui sont imposées.  

En réalité, les échanges volontaires entre les individus ne sont certainement pas des crimes et le vol s’apparente bien plus avec la méthode étatique d’acquisition des ressources. En effet, les gens ne donnent pas volontairement au trésor public, ils se voient obligés de le faire. Dans ce cas, le travail au noir est, pour certains travailleurs et entrepreneurs, une réponse légitime à l’empiètement étatique. 

Source : Travail au noir: une réponse à l'appétit vorace du législateur, Jasmin Guénette, le Québécois Libre, 6 mars 2004

Source: Analogie entre la Grèce et le Québec, PDF