Le plan de relance Canadien n’a pas fonctionné

Extrait de : Le plan de relance n’a pas fonctionné, Niels Veldhuis et Charles Lammam, Institut Fraser, Été 2010

Les dépenses de relance du gouvernement Canadien n’ont eu pratiquement aucun effet sur la reprise économique au Canada.

Nous avons présenté un plan ambitieux : le Plan d’action économique du Canada […] Ce plan fonctionne […] Notre performance le prouve », déclarait fièrement le ministre fédéral desFinances, Jim Flaherty, dans son discours du budget de mars dernier (Canada, Ministère des Finances, 2010a, p. 4-6). Les commentaires de M. Flaherty font peut-être de beaux discours politiques, mais les plus récentes données de Statistique Canada tracent un portrait très différent.

Elles montrent que le plan de relance du gouvernement a eu un effet négligeable sur la reprise économique au Canada pendant la deuxième moitié de 2009. En d’autres mots, le plan de relance n’a pas fonctionné.

Le gouvernement fédéral s’appuie sur la transition d’un PIB en déclin pendant le deuxième trimestre de 2009 vers un PIB en croissance pendant les troisième et quatrième trimestres comme preuve que son Plan d’action économique a fonctionné. Cependant, quelle partie de ce tournant peut être réellement attribuée aux dépenses de relance du gouvernement?

Croissance du PIB canadien Pour mesurer si le plan de relance du gouvernement a eu un impact sur la reprise économique de 2009, nous avons examiné des données de Statistique Canada à propos de la contribution des dépenses de consommation (courantes) et d’investissement (c.-à-d., pour les infrastructures) des administrations publiques ainsi que de l’activité du secteur privé dans l’amélioration de la croissance économique à deux moments clés.

Du deuxième au troisième trimestre de 2009, la croissance du PIB s’est améliorée de 1,1 point de pourcentage (de -0,9 % à 0,2 %). De cette amélioration de 1,1 point de pourcentage à la croissance du PIB, la contribution des dépenses de consommation et d’investissement des administrations publiques s’est établie à seulement 0,1 point de pourcentage chacune . Les investissements du secteur privé ont apporté une contribution de 0,8 point de pourcentage et ont été le moteur de la croissance économique du deuxième au troisième trimestre de 2009.

Rénovation du secteur résidentiel

Malgré les tentatives du gouvernement visant à stimuler la rénovation dans le secteur résidentiel grâce au très publicisé crédit d’impôt pour la rénovation domiciliaire, les données de Statistique Canada montrent que les investissements résidentiels n’ont pas contribué au changement dans la croissance du PIB du deuxième au troisième trimestre de 2009.

Renouveler le parc informatique

De même, la mesure fiscale temporaire du gouvernement fédéral destinée à encourager les entreprises à renouveler leur matériel informatique n’a pas contribué de façon notable aux investissements du secteur privé qui ont propulsé la reprise économique pendant cette période.

Stimuler les dépenses de consommation

Un autre objectif du plan de relance fédéral consistait à stimuler les dépenses de consommation du secteur privé. Bien que la hausse de ces dépenses a effectivement contribué à l’amélioration de la croissance économique du deuxième au troisième trimestre de 2009, cette contribution fut mince.

Réduction fiscale

Au mérite du gouvernement fédéral, soulignons que la réduction de 4,5 milliards de dollars de l’impôt sur le revenu des particuliers comprise dans son plan de relance a sûrement eu un impact sur les dépenses de consommation, compte tenu de la nature permanente de cet allégement fiscal. Les recherches universitaires laissent entendre qu’un allégement fiscal général contribue bien plus à l’amélioration de la croissance économique qu’une hausse des dépenses gouvernementales. Malheureusement, moins de 10 % du plan de relance fédéral a été dédié à un allégement fiscal permanent (Canada, Ministère des Finances, 2010; calculs des auteurs).

Dépense publique

La contribution des dépenses d’investissement des administrations publiques à la croissance du PIB fut sensiblement constante du début de 2008 à la fin de 2009.Ce résultat n’est pas surprenant, étant donné que plus de 40 % du plan de relance du gouvernement fédéral avait été réservé pour des initiatives liées aux infrastructures (Canada, 2009, p. 241) qui prennent du temps à planifier et à mettre en œuvre.

Notre crainte pour l’avenir est que les dépenses en infrastructures auront lieu au moment où l’économie commencera naturellement à croître à nouveau, ce qui signifie que le gouvernement entrera en concurrence avec le secteur privé pour obtenir des ressources. Cette situation mènera à une hausse des coûts et à une réduction des projets du secteur privé

Malgré les prétentions du gouvernement fédéral, son plan de relance n’a pas fonctionné. Toutes ces dépenses n’ont servi à rien et forceront les Canadiens à assumer une dette encore plus lourde pendant de nombreuses années.