Québec vante le faible coût de construction de ses routes

Statut :

Le coût des infrastructures routières est devenu un sujet politiquement explosif, au cours des derniers mois, en raison des allégations de malversations dans la construction.

L'opposition a soutenu que des cas de collusion contribuaient à gonfler les prix, une thèse contestée par le gouvernement, qui a plutôt attribué ces différences de coûts aux rigueurs du climat québécois.

En février, Mme Boulet avait annoncé que le MTQ allait effectuer une analyse des coûts des infrastructures routières pour répondre à des préoccupations soulevées par le vérificateur général Renaud Lachance.

M. Lachance s'était étonné que le gouvernement ne dispose d'aucune donnée comparative lui permettant d'établir la valeur des contrats ou d'apprécier la rigueur des prix pratiqués par les entrepreneurs répondant à ses appels d'offre.

Rapport :

Alors que le communiqué de presse remis aux journalistes stipulait que «de façon générale, les coûts de construction d'une chaussée au Québec sont équivalents à ceux observés au Nouveau-Brunswick et inférieurs à ceux de l'Ontario», Mme Leclerc a cependant rapidement contredit cette affirmation.

Coûts construction «Je ne peux pas généraliser et répondre oui ou non à votre question, a-t-elle répondu à un journaliste qui la questionnait à ce sujet. Chaque chaussée et chaque structure de chaussée, chaque autoroute, qu'elle soit urbaine ou rurale a des caractéristiques propres qui en font un objet unique.»

L'étude conclut néanmoins que les coûts de construction du tronçon étudié, soit 823 162 $, étaient inférieurs de 17,5 pour cent à ceux de l'Ontario et similaires à ceux du Nouveau-Brunswick

Opposition :

PQ :

Vidéo - Construction 2 «La ministre Boulet prétend que son gouvernement n'a pas joué à l'autruche à l'égard des allégations de corruption et de collusion dans l'industrie de la construction. Or, doit-on lui rappeler que c'est son ministère, dont elle est l'unique responsable, qui a laissé dormir sur les tablettes pendant plus de cinq ans un rapport interne révélant que la situation est effectivement endémique. Il aura fallu que le Vérificateur général en fasse état pour qu'on se décide enfin à réagir, et encore, pas de la façon souhaitée et souhaitable», déplore M. Bergeron.

 

Le porte-parole de l'opposition officielle, le député péquiste Stéphane Bergeron, s'est étonné que le MTQ ait choisi d'étudier un tronçon d'autoroute du Bas-Saint-Laurent, en milieu rural, alors que tous les soupçons de collusion concernent principalement la région de Montréal.

Selon M. Bergeron, dont le parti réclame depuis des mois une enquête sur le milieu de la construction, l'étude du MTQ manque de crédibilité et il aurait mieux valu confier le travail à un consultant externe, pour évaluer si des malversations ont un impact sur le coût des routes.

«Pourquoi ne pas avoir choisi un tronçon de la région métropolitaine, a-t-il demandé. Pourquoi ne pas être allé au fond des choses par rapport à ce que ça coûte réellement dans les faits et surtout, pourquoi ne pas avoir confié cette étude à une firme indépendante?»

ADQ :

Le porte-parole adéquiste en matière de finances, François Bonnardel, a affirmé que malgré les conclusions de l'étude, les routes coûtent plus cher à construire au Québec.

«C'est complètement ridicule, a-t-il dit. Quand tu regardes la situation, les parlementaires ne sont certainement pas rassurés et la population non plus. Quand tu fais ta propre auto-évaluation des coûts comparatifs de construction, je pense que c'est prendre les gens pour des idiots.»

Reconstruction

Le ministère a aussi évalué le prix pour des travaux de reconstruction d’une chaussée, toujours en milieu rural.

Il en ressort que le recouvrement d’une route similaire coûte 5 % plus cher en Ontario et 4 % de plus au Nouveau-Brunswick.

Étonnamment, la différence est mince même si les matériaux granulaires qui servent de fondation, comme le concassé et le sable, sont nettement plus abordables au Québec.

L’enquête dit effectivement que ces matériaux coûtent 188 % plus cher en Ontario et 65 % de plus au Nouveau-Brunswick.

Quant au bitume, l’une des composantes les plus dispendieuses d’une chaussée, il coûte 7 % de moins au Québec qu’en Ontario, selon les conclusions du ministère.

Source :

Étude du MTQ sur les coûts de construction routière - DES RÉSULTATS PARTIELS POUR UNE CONCLUSION PARTIALE

Le MTQ est incapable d'évaluer le coût des routes.

Routes: l'opposition critique l'étude du MTQ

Chaussées: 15 % moins coûteuses au Québec?