Bulletin de la prospérité du Québec (2), coût de la main-d’œuvre

Le déclin démographique qui s’amorce posera par ailleurs de nouveaux défis et exigera des réformes en profondeur si le Québec souhaite maintenir son niveau de vie, de même que les programmes sociaux chers à ses citoyens.

Dans ce contexte, la création de la richesse devient une priorité absolue pour le Québec, et la seule stratégie qui s’offre à lui pour offrir à sa population la prospérité à laquelle elle aspire.

Un bulletin

Pour synthétiser l’information, le Bulletin accorde au Québec une note allant de « A » à« D » en fonction de son rang dans le groupe de référence. Quand le groupe de référence est constitué des quatre provinces canadiennes retenues, la note correspond tout simplement au rang du Québec parmi ces provinces. Quand des comparaisons internationales sont possibles, la note accordée au Québec dépend de son rang dans l’ensemble des provinces et des pays.

Coût de la main-d’œuvre

1.       Coût pour l’employeur des taxes sur la masse salariale

2.       Salaire minimum en proportion du salaire médian des salariés

Coût main d'oeuvre -2

Coût pour l’employeur des taxes sur la masse salariale

Pertinence

Les taxes sur la masse salariale s’ajoutent au salaire nominal pour composer le coût total du travail du point de vue de l’employeur. Dans les industries à forte intensité de travail, les taxes sur la masse salariale peuvent représenter un élément de coût important. Pour les entreprises en mesure de choisir dans quel endroit établir leurs installations, ce facteur peut certainement influer sur leur décision.

Par ailleurs, les taxes sur la masse salariale ont une incidence négative sur les salaires des travailleurs, la création d’emplois et la croissance économique, en plus de gonfler les prix pour payer pour ces coûts additionnels.

Coût masse salariale 

Québec = D (indicateur 8)

La province de Québec, parmi les quatre provinces canadiennes de référence, est celle où les taxes sur la masse salariale sont les plus importantes et gonflent le plus le coût total du travail à cause notamment des cotisations au Fonds des services de santé. On peut noter par ailleurs que les taux au Régime québécois d’assurance parentale ne cessent d’augmenter depuis son instauration. Quant aux cotisations à la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) par 100 $ de masse salariale assurable, même si le nombre de lésions et de décès par 1 000 travailleurs a diminué sensiblement, elles sont demeurées constantes au Québec alors qu’elles ont diminué en Alberta et en Colombie- Britannique entre 2000 et 2009.

Salaire minimum en proportion du salaire médian des salariés

Pertinence

En effet, un salaire minimum trop élevé a pour effet de réduire la demande pour les emplois faiblement qualifiés ou de pousser une partie de ces emplois vers le travail au noir. Ce n’est pas tant le niveau absolu du salaire minimum qui importe, mais davantage son niveau relatif par rapport à l’échelle des salaires dans chaque État, exprimé par le salaire médian. Selon l’économiste Pierre Fortin, une augmentation de 1 point de pourcentage du rapport entre le salaire minimum et le salaire moyen, entraînerait une perte d’environ 8 000 emplois au Québec avec des effets plus néfastes lorsque le salaire minimum augmente au-delà de 48 % du revenu moyen. Par ailleurs, comme les emplois au salaire minimum sont occupés aux deux tiers par des personnes âgées de 15 à 24 ans, un salaire minimum trop élevé peut devenir une incitation au décrochage scolaire. Rappelons aussi que la hausse du chômage générée par une hausse exagérée du salaire minimum peut être une des causes de l’entrée à l’aide sociale de travailleurs peu qualifiés confrontés à peu d’options de travail.

Même si l’augmentation du salaire minimum est bien intentionnée, elle comporte donc plusieurs conséquences économiques dont les effets vont parfois à l’encontre des objectifs visés.

Salaire minimum Comparaison

Québec = B (indicateur 9)

À l’échelle canadienne, le Québec s’est donné le salaire minimum le plus élevé relativement au salaire médian provincial, ce qui le situe au quatrième rang parmi les quatre provinces de référence. Ce record résulte à la fois du montant du salaire minimum, qui, en 2008, se situait au second rang, après l’Ontario, et du salaire médian québécois, qui était le moins élevé parmi ceux des quatre provinces.

Sur le plan international, le salaire minimum relatif du Québec était le huitième moins élevé parmi les pays considérés, ce qui le classe vers le milieu du peloton.

En 2009 et 2010, le gouvernement du Québec a augmenté significativement le salaire minimum, qui est passé de 8,50 $ l’heure en 2008 à 9,50 $ en mai 2010. Nous connaîtrons prochainement l’effet de ces hausses sur le classement du Québec à l’échelle internationale. Notons que des hausses aussi rapides et importantes sont plus difficiles à absorber pour les entreprises que des hausses graduelles et planifiées.

Source : Bulletin de la prospérité du Québec, Norma Kozhaya, Conseil du patronat du Québec, Août 2010