Moderniser la notion de briseur de grève
Posted by Québec de Droite in Code du travail, Syndicat on samedi 28 août 2010
Les jeunes libéraux ont eu quelques bonnes idées, mais celle-là ils ont été totalement déconnectés, remarqué à l’âge de 25 ans, il y en a très peu qui possède des entreprises. Il semble que cette proposition est liée au lock-out des journalistes du Journal de Montréal, par contre les répliques ne sont pas faites attendes. Le Québec étant un des pires endroits à investir en Amérique du Nord ce n’est pas le temps d’accroitre le fardeau réglementaire.
Extrait de : Congrès-Jeunes 2010 : Démocratie renouvelée, génération engagée
Moderniser la notion de briseur de grève contenue dans le Code du travail, afin qu’elle s’applique équitablement à tous les contextes de travail, notamment à ceux modifiés par le développement des nouvelles technologies de l’information et des communications. La nouvelle définition devrait s’appliquer à tout individu effectuant le travail d’un employé mis en grève ou en lock-out, même s’il opère hors de l’établissement physique touché par la grève ou le lock-out.
Extrait de : Code du travail - Le Conseil du patronat invite le premier ministre du Québec à privilégier la prospérité, CPQ, 16 août 2010
À la suite de la proposition faite samedi dernier par la Commission-Jeunesse du Parti libéral du Québec d'élargir la notion de « briseur de grève » aux individus travaillant à l'extérieur d'un établissement physique lors d'une grève ou d'un lock-out, le Conseil du patronat du Québec a fait parvenir aujourd'hui la lettre suivante au Premier Ministre du Québec, M. Jean Charest :
« Monsieur le Premier Ministre,
Le Conseil du patronat du Québec accueille avec incrédulité et incompréhension la proposition présentée cette fin de semaine par la Commission-Jeunesse du Parti libéral du Québec, visant à réformer le Code du travail en étendant la notion de « briseur de grève » aux travailleurs travaillant à l'extérieur d'un établissement physique lors d'une grève ou d'un lock-out.
Alors que, comme vous l'avez exprimé lors du dernier « redéploiement » ministériel, la préoccupation de votre gouvernement et celle de la population québécoise devraient être prioritairement de s'occuper de l'économie, il nous apparaît tout à fait contradictoire à la poursuite et à l'atteinte de cet objectif primordial de considérer tout renforcement du Code du travail du Québec.
Ce code du travail - qui est déjà le plus sévère et le plus restrictif au Canada et en Amérique du Nord - est sans doute un des éléments qui contribuent au fait que le Québec continue, année après année, à traîner la patte sur le plan de la prospérité économique par rapport à tous ses concurrents.
Rendre encore plus contraignant le Code du travail constituerait une attaque en règle contre la compétitivité de notre économie. Dans un contexte de concurrence mondiale, cela équivaudrait à inviter les entrepreneurs à investir ailleurs que chez nous; c'est nous procurer un billet de première classe pour la médiocrité économique.
Je note par ailleurs que les dispositions actuelles relatives à la notion de « briseur de grève », que la Commission-Jeunesse du Parti libéral du Québec propose de renforcer, créent déjà un déséquilibre très favorable à la partie syndicale dans les relations du travail au Québec, dans un contexte où les principes d'équité et de justice pour toutes les parties devraient prévaloir avant tout.La notion de « briseur de grève » :
1) brime en effet le droit d'un employeur de poursuivre ses activités lors d'un conflit de travail,
2) alors qu'aucune contrainte n'empêche un syndicat de se prévaloir de son droit légitime de déclencher une grève si les négociations avec l'employeur achoppent,
3) ou à ses syndiqués de travailler ailleurs
4) et d'obtenir un revenu pendant une période de grève ou de lock-out avec le droit prioritaire de recouvrer leur emploi suite au conflit.
Si, pour une raison ou pour une autre, vous décidiez tout de même de revoir le Code du travail, les employeurs estiment que vous devriez reconsidérer certaines dispositions qui, selon nous, nuisent manifestement à l'économie du Québec. C'est le cas, par exemple,
5) de l'absence au Québec de l'obligation de tenir un vote secret pour l'obtention d'une accréditation syndicale alors que cette obligation existe dans toutes les provinces canadiennes comparables.
6) revoir l'obligation d'être membre du syndicat pour participer à un vote de grève au sein d'une entreprise, disposition que l'on retrouve seulement ici et qui, dans certains cas, peut conduire à des aberrations comme le fait qu'une minorité décide pour la majorité des travailleurs touchés.
En fait, plutôt qu'élargir la notion « de briseur de grève »,
7) il faudrait, au contraire, revoir la pertinence d'interdire le recours à des travailleurs de remplacement lors d'une grève ou d'un lock-out, disposition qui n'existe qu'au Québec et en Colombie-Britannique.
Rappelons ici que cette disposition a été introduite à l'époque pour prévenir la violence sur les lignes de piquetage, menace qui n'est plus pertinente dans le climat social actuel et qui, doit-on le préciser, touche encore moins le cas des travailleurs à distance dont il a été question en fin de semaine.
Selon une étude bien documentée de Ressources humaines et Développement social Canada intitulée Observations concernant l'impact des dispositions anti-briseur de grève sur les travailleurs (octobre 2006), il est très clair que la société québécoise n'a aucunement bénéficié de cette disposition sur le plan économique. Avec un taux de syndicalisation de 39,8 %, le plus important taux au Canada et en Amérique du Nord, le Québec détient encore le plus bas PIB par habitant à parité de pouvoir d'achat par rapport à ses voisins (provinces comparables et États-Unis).
En vertu du ferme engagement que vous et votre gouvernement avez maintes fois exprimé de travailler constamment à la prospérité du Québec, engagement que le Conseil du patronat soutient de façon non équivoque, nous vous exhortons aujourd'hui de tout mettre en œuvre pour créer les conditions essentielles à l'accroissement de la compétitivité du Québec. L'élargissement de la notion de « briseur de grève » n'en fait certainement pas partie.
Veuillez agréer, Monsieur le Premier Ministre, l'expression de nos sentiments distingués.
Le président,
Yves-Thomas Dorval »
Extrait de : Les deux côtés de la médaille, Pierre Karl Péladeau, Canoe, 26/08/2010
Un faux débat
Faux débat parce que, faut-il le rappeler aux dirigeants syndicaux, l'objectif des dispositions anti-briseurs de grève lors de leur adoption était de prévenir la violence sur les lignes de piquetage et non d'empêcher une entreprise de poursuivre ses activités durant un conflit de travail.
…
Opportunisme cynique
Il est important de qualifier la démarche concertée des chefs syndicaux pour ce qu'elle est : de l'opportunisme cynique.
En effet, tel que le mentionnait le Conseil du patronat du Québec récemment dans son Bulletin de la prospérité du Québec :
«(...) des études ont démontré que la présence de restrictions à l'utilisation de travailleurs de remplacement est associée à des taux d'emploi et des taux d'investissement plus faibles. Cette interdiction augmente aussi la probabilité des grèves et contribue à en allonger la durée.»
Dans ce contexte, ne soyons pas dupes. Ce que les syndicats demandent, ce sont des amendements au Code du travail pour augmenter encore leur rapport de force déjà largement favorable au détriment de l'économie du Québec et des employeurs, qui seront dépourvus de tout moyen pouvant leur permettre de continuer leur production et d'ainsi, assurer la survie de leur entreprise lors d'une grève.
Assurer la pérennité
Comment faire autrement lorsqu'il faut rajuster à la baisse le nombre d'employés et que ceux-ci jouissent d'une sécurité d'emploi tous azimuts que le syndicat refuse de remettre en question ?
Au Journal de Montréal, il nous faut, comme nous l'avons fait avec succès partout ailleurs au Canada, dans nos centaines de journaux , implanter de nouvelles pratiques et méthodes de travail, afin d'assurer la pérennité de la plus importante source d'information et pilier de la démocratie : la presse écrite.
Dans ce contexte, nous ne pouvons malheureusement plus nous permettre des conditions de travail d'une autre époque : emplois garantis, semaine de 32 heures sur 4 jours, 6 semaines de vacances payées à 150 %, salaires de plus de 100 000 $ pour des chefs de pupitre et autres dispositions contenues dans une convention collective de 300 pages.
Or, plutôt que d'accepter de sauver le long terme, le syndicat a préféré la courte vue avec l'argument «le journal est profitable et nous avons un fond de grève pour durer deux ans». Cette version réelle est bien différente de la version syndicale, qui accuse l'employeur d'avoir jeté 253 familles à la rue sans raison.
Il semble bien, comme cela s'est passé à La Presse avec la CSN, qu'il faille aux syndicats des ultimatums de fermeture ou des fermetures pures et simples pour leur faire comprendre les impératifs économiques des entreprises québécoises, créatrices d'emplois et de richesse pour l'ensemble de la collectivité.
Timide réaction
Comme investisseur, le Fonds de solidarité de la FTQ comprend bien ces impératifs, tel que l'a démontré la très timide réaction de ses représentants lors de la mise à pied de milliers d'employés chez Transcontinental, peu de temps après qu'il y eut investi100 millions $.
Si une modernisation de nos lois du travail s'impose, ce n'est certainement pas celle prônée par les syndicats partisans du statu quo.
Si nous voulons continuer à jouir, comme collectivité, de tous les attributs et bénéfices que nous nous sommes mérités par notre travail durant les 50 dernières années au Québec, il faut avoir le courage de moderniser l'environnement législatif, comme l'ont fait plusieurs pays occidentaux, en permettant une productivité accrue et une plus grande flexibilité.
C'est certainement l'une des voies gagnantes pour poursuivre notre enrichissement collectif tout autant que sa redistribution.
Pierre Karl Péladeau,
Président et chef de la direction, Sun Media
Information additionnelle:
| 27/01/10 | Les dispositions anti-briseurs de grève indisposent les entrepreneurs étrangers, principale distinction: les dispositions, anti-travailleur de remplacement, le gréviste garde tous ces droits, mais l’employeur ne peut remplacer le gréviste, donc l’employeur doit limitées ces activités économiques, l’équilibre est rompu, l’accréditation automatique, vidéo. |
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