Quelques nouvelles économiques des États-Unis
Posted by Québec de Droite in Crise économique, États-Unis on mardi 17 août 2010
Extrait de : La reprise imaginaire, Nathalie Elgrably-Lévy, Argent, 12 août 2010
Voilà déjà plusieurs mois que les observateurs de l’économie américaine cherchent des signes permettant de confirmer la fin de la récession. En avril dernier, le président Obama a contribué à leur quête en déclarant que la santé économique des États-Unis s’améliorait.
Selon le rapport de conjoncture publié par la Réserve fédérale il y a quelques jours, l’activité économique continue de progresser dans l’ensemble du pays, même si elle ralentit ou stagne dans certaines régions.
À en juger par le ton rassurant du document, on pourrait presque penser que la période de turbulences économiques ne sera bientôt qu’un mauvais souvenir.
Pourtant, les nouvelles en provenance de l’Oncle Sam sont inquiétantes, voire carrément symptomatiques d’une économie en décadence. Et si la reprise américaine n’était qu’imaginaire? C’est du moins ce que suggèrent les douze faits suivants :
1. La dette du gouvernement américain, qui dépasse 13 000 milliards de dollars, atteint environ 92% du PIB.
2. En 2010, le gouvernement américain devra emprunter presque autant d’argent que tous les autres pays du monde réunis.
3. La dette totale des États-Unis (gouvernements, entreprises et particuliers) est de l’ordre de 360% du PIB, dépassant ainsi le niveau de 300% observé durant la Grande Dépression.
4. Les engagements de l’Oncle Sam au titre des programmes de sécurité sociale, de médicaments d’ordonnance et de Medicare totalisent près de 110 000 milliards de dollars, soit l’équivalent de 760% du PIB.
5. Les faillites personnelles ont augmenté de 9% de juillet 2009 à juillet 2010. Uniquement lors de ce dernier mois, près de 138 000 consommateurs ont déclaré faillite.
6. Les saisies immobilières ont atteint un nouveau sommet au deuxième trimestre 2010, en hausse de 38% par rapport à la même période l’an dernier.
7. En mai dernier, 40,8 millions d’Américains, soit 13% de la population, bénéficiaient d’aide alimentaire (food stamps). Selon les estimations, le nombre de prestataires devrait s’élever à 43,3 millions en 2011.
8. De 2008 à 2009, on a enregistré un bond de 216% du nombre d’Américains expatriés qui ont renoncé à leur citoyenneté d’origine pour échapper à un régime fiscal de plus en plus oppressant.
9. Depuis le premier janvier, 109 banques ont fermé leurs portes. Depuis le début de la crise, ce sont 274 banques qui ont déclaré forfait.
10. En juillet, le taux de chômage officiel s’est maintenu à 9,5%. En revanche, il atteint 16,5% si l’on tient compte des personnes découragées et de celles qui travaillent à temps partiel pour des raisons économiques.
11. Huit comtés de la Californie enregistrent un taux de chômage supérieur à 20%, l’un d’eux atteignant même 27,3%.
12. Pour éliminer le déficit de 2010 uniquement, il faudrait multiplier tous les taux d’imposition par 2,4. Un taux de 10% passerait à 24%. Celui de 35% atteindrait 85%!
Washington déclare régulièrement que la conjoncture américaine s’améliore, alors que les faits montrent que les États-Unis, jadis la première puissance économique mondiale, sont sur le déclin.
Le président Obama avait promis que les très onéreux plans de relance et de sauvetage dont il faisait la promotion constituaient l’unique moyen d’éviter une détérioration des conditions économiques. Toutefois, les politiques keynésiennes, encore encensées il y a quelques mois, se sont soldées par un échec lamentable.
C’est ce qui se produit toujours quand on veut défier le GBSE… le gros bon sens économique!
Nathalie Elgrably-Lévy est économiste senior à Institut économique de Montréal
Extrait de : Une récession pas comme les autres, Jean-Paul Gagné, Argent, 09-08-2010
La quasi-stagnation de l’économie américaine déçoit, mais ne me surprend aucunement.
La raison : la récession que la crise financière a créée n’en est pas une comme les autres.
Cette récession a été créée par une crise du crédit, qui se prolonge. Les banques ont la main sur le frein, car elles possèdent toujours une grande quantité de mauvais actifs (des produits dérivés toxiques). Elles conservent donc leur capital, au cas où ça irait encore plus mal, ce qui n’est pas exclus (quoi que improbable).
Normalement, l’économie reprend après une récession lorsque les banques centrales abaissent les taux d’intérêt pour relancer la consommation et l’investissement par les entreprises.
La réserve fédérale menottée
Or, la Réserve fédérale américaine ne peut pas baisser davantage les taux puisque ceux-ci sont à terre. Son taux directeur étant à 0,25 %, il ne servirait à rien de le réduire à zéro.
Voilà pourquoi, la Réserve fédérale crée de la monnaie. En effet, celle-ci détient dans son actif depuis le milieu de 2008 entre 2 000 et 2 500 milliards d’obligations du gouvernement américain et de dérivés de prêts hypothécaires et d’autres créances acquis des banques. Avant cette création de monnaie, la Réserve fédérale maintenait un actif d’environ 800 milliards de dollars.
Son actif est donc au triple de sa valeur d’avant la crise. Cet écart a été créé par du « quantitative easing », soit de l’injection de monnaie faite dans le but précis de sauver l’économie d’une dépression comme le pays en a connue une dans les années 1930. Les banques centrales de nombreux pays, dont le Canada, ont eu recours à cet outil
Le fait que ces facilités de crédit soient toujours en place à la Réserve fédérale indique que l’économie américaine n’arrive à reprendre son souffle.
Pire, il se pourrait même que cette stratégie soit à nouveau utilisée si l’économie ne reprend pas, car il n’y a pas grand chose d’autre qui pourrait être fait.
Déficits et dette astronomiques
En fait, il y a deux autres avenues pour l’État, mais ni l’une, ni n’est praticable.
1. Le gouvernement américain pourrait réduire les impôts pour relancer la consommation. Or, celui-ci fait face à un déficit monstre, qui n’est pas en voie de se résorber. Certains économistes voudraient même que le président Obama reconduise les baisses d’impôt autorisées par son prédécesseur il y a dix ans, mais cela coûterait très cher au gouvernement.
Par contre, un retour aux taux d’impôt d’avant Geoges W. Bush pourrait faire retourner l'économie en récession. Le compromis sera probablement de maintenir les réductions pour les célibataires gagnant moins de 200 000 $ et les ménages ayant un revenu inférieur à 250 000 $. Les riches perdraient leur baisses d'impôt.
2. Le gouvernement pourrait mettre en place un autre plan de relance avec des dépenses et du financement de projets et d’infrastructures. Encore là, cela aurait un impact important sur le déficit et la dette, qui sont déjà à un niveau très élevé par rapport au produit intérieur brut.
Voilà pourquoi, la Réserve fédérale pourrait réinjecter de l’argent dans le système bancaire en achetant des créances des banques, avec l’espoir que les banques mettent plus d’argent à la disposition des consommateurs et des entreprises.
C’est toutefois une mesure qui serait vue comme dangereuse pour l’avenir de l’économie américaine et qui pourrait créer de la pression à la baisse sur le dollar américain.
Dépenses de consommation
Puisque les dépenses de consommation comptent pour 70 % de l’économie américaine, il est clair que celles-ci sont capitales pour la relance de l’économie. Or, celles-ci ne peuvent pas reprendre véritablement, car la récession a réduit l’emploi de 6 % et que la création d’emploi stagne. Outre les chômeurs, dont un grand nombre ne reçoivent même plus d'assurance emploi, l'économie américaine compte 8,5 millions de travailleurs à temps partiel, dont un grand nombre se cherchent de l’emploi à temps plein.
De plus, comme la valeur de l’avoir des ménages a baissé et que les consommateurs sont déjà très endettés (le quart des emprunteurs hypothécaires auraient un prêt hypothécaire dont la valeur excède celle de la maison), ceux-ci ne peuvent pas recourir au crédit comme avant pour consommer.
L’illusion de l’épargne
Les économistes font valoir que les Américains épargnent comme jamais. Il est vrai que le taux d’épargne est de l’ordre de 5 à 6 %, ce qui est très élevé historiquement, mais il faut bien comprendre ce chiffre, qui ne veut pas dire que cet argent se retrouve dans des comptes d’épargne à la banque.
En effet, l’épargne dans l’économie est l’écart résiduel entre l’ensemble des revenus des ménages après impôt et l’ensemble des dépenses de consommation.
Ainsi, dans la mesure où les ménages remboursent plus rapidement leur prêt hypothécaire pour ne pas perdre leur maison, ils se trouvent à épargner même s’ils ne déposent pas d’argent dans leurs comptes bancaires ou même s’ils n’achètent pas de produits de placement.
Il ne faut donc pas trop compter sur l'épargne comme moyen de relancer l'économie.
Pas simple la politique économique aux États-Unis !
Extrait de : Canada: les exportations reculent de 2,5%, la Presseaffaire, 11 août 2010
Les nouvelles étaient encore pires aux États-Unis, compte tenu que l'économie nationale, déjà passablement affaiblie, comptait sur les exportations pour garder sa reprise sur le respirateur artificiel.
Le déficit commercial des États-Unis a gonflé de 19% pour atteindre 49,9 milliards $ US en juin, soit bien davantage que prévu. Le déficit est à son plus haut niveau depuis octobre 2008.
«C'est spectaculairement terrible», a estimé Ian Shepherdson, économiste en chef de High Frequency Economics, dans une note à ses clients. «Tôt ou tard, les importations doivent reculer, mais entre-temps, notez que les données de juin (...) annoncent une révision à la baisse» de 0,4% de la croissance.
Mais les rapports de mercredi, qui surgissent moins de 24 heures après que la Réserve fédérale des États-Unis eut averti que la croissance serait plus faible que prévu, ont inquiété les investisseurs à travers le monde.
Selon M. Porter, la probabilité de voir une récession à double fond aux États-Unis - qui pourrait avoir des conséquences au Canada - est maintenant plus forte.
Les exportations vers les États-Unis ont baissé de 1% en raison de la faiblesse des exportations de produits énergétiques, tandis que les importations augmentaient de 0,8%. Par conséquent, l'excédent commercial du Canada avec les États-Unis s'est rétréci, passant de 3,4 milliards $ en mai à 3 milliards $ en juin.
Extrait de : Freddie Mac essuie une perte nette de 4,7 milliards, Presse Affaires, 09 août 2010
L'organisme de prêts hypothécaires semi-public Freddie Mac a annoncé lundi qu'il avait encore accusé une lourde perte au second trimestre et un chiffre d'affaires en baisse.
La perte nette s'élève à 4,713 milliards de dollars contre un bénéfice de 302 millions de dollars un an plus tôt, indique l'organisme dans un communiqué.
«Nous reconnaissons que le chômage élevé et d'autres facteurs continuent à poser de vraies difficultés pour le marché du logement», constate le directeur général Charles Haldeman, cité dans le communiqué.
Extrait de : Les Américains plus près de leur argent, Radio Canada, 3 août 2010
Les ménages américains n'ont pas augmenté leurs dépenses en juin alors que les revenus des consommateurs sont demeurés stables, de nouvelles indications que la relance économique a ralenti au printemps.
Un autre fait à noter, le taux d'épargne des Américains a atteint le mois dernier son niveau le plus élevé en près d'un an.
C'est ce qui transpire des données du département du Commerce américain publiées mardi. Il s'agit d'une troisième performance mensuelle décevante de suite.
Ce manque de croissance des dépenses et des revenus démontre que l'économie a terminé le deuxième trimestre sur une note relativement faible. Des économistes prédisent que la croissance ralentira encore davantage au cours des prochains mois. Le taux de chômage élevé, la crise de confiance des consommateurs et de nouveaux problèmes sur le marché immobilier viendraient ébranler la reprise entamée il y a un an.
Le taux d'épargne personnelle a atteint 6,4 % en juin, son niveau le plus élevé en près d'un an. Ce taux est maintenant environ trois fois supérieur à la moyenne nationale de 2,1 % décelée en 2007, avant le début de la récession.
Des épargnes plus importantes freinent les dépenses à court terme, même si elles permettent aux consommateurs de remettre de l'ordre dans leurs finances personnelles. Il faut savoir que les dépenses des ménages représentent 70 % de l'activité économique américaine.
Une partie de la faiblesse des revenus enregistrée en juin découle de la disparition de milliers d'emplois temporaires qui avaient été créés pour faire le recensement. La fin du recensement a retranché 3,4 milliards $US à la masse salariale du gouvernement fédéral.
This entry was posted on mardi 17 août 2010 at 11:27 and is filed under Crise économique, États-Unis. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response.
Enregistrer un commentaire