Date butoir pour les infrastructures municipales

Infrastructures municipales :

·         À cause de la date butoir du 31 mars 2011 imposée par le Plan d'action économique des infrastructures du gouvernement Harper, toutes les municipalités ont senti l'urgence de devancer et d'accélérer la modernisation de leurs infrastructures. Plus de 3 milliards de dollars de travaux sont prévus cette année. C'est presque trois fois plus qu'en temps normal.

·         Pourquoi cette ruée? Parce que les municipalités veulent tout simplement profiter de la manne des subventions fédérales et provinciales accordées en vertu de ce plan fédéral, à la condition de terminer les travaux d'ici la fin de mars 2011. Les travaux d'infrastructures effectués en vertu du programme fédéral sont financés en parts égales, un tiers par le fédéral, un tiers par le provincial et un dernier tiers par le municipal.

Extrait de : Trop de projets, pas assez de temps, Mathieu Turbide, Journal de Montréal, 18/09/2010

Les municipalités du Québec craignent de perdre des centaines de millions $ de subventions parce qu'elles n'auront pas le temps de terminer dans les délais les travaux d'infrastructures qui sont financés par Québec et Ottawa.

Pour combattre la crise économique, les gouvernements fédéral et provincial ont mis sur pied, l'an dernier, de généreux programmes d'infrastructures pour faire travailler l'industrie de la construction.

Mais à quelques mois de la fin de ces programmes spéciaux, plusieurs municipalités qui ont reçu des subventions peinent à trouver des entrepreneurs pour réaliser leurs travaux.

Une course contre la montre

Municipale - Invitissement Les contracteurs sont trop occupés et ne peuvent répondre à la demande, particulièrement dans le domaine des travaux d'égouts et d'aqueducs.

«Il y a une espèce d'engorgement créée par le fait que tout le monde arrive dans les mêmes délais. On est dans la dernière vague des projets qui peuvent se réaliser. C'est une course contre la montre», constate le président de la Fédération québécoise des municipalités, Bernard Généreux.

De fait, les programmes de subventions d'infrastructures se terminent bientôt et les travaux doivent absolument être terminés avant l'échéance pour que les municipalités puissent toucher leurs subventions. Le programme PRECO, par exemple, qui subventionne la réfection de conduites souterraines, se termine le 31 décembre prochain. La date butoir pour les autres programmes est fixée au 31 mars 2011.

«Il y a une surchauffe dans le secteur. les contracteurs, leurs carnets sont bien pleins, dans bien des régions. Souvent, quand on ouvre les soumissions, il n'y a aucun soumissionnaire », ajoute M. Généreux, qui cite en exemple un cas récent à Roberval, où la municipalité malgré deux appels d'offres pour un projet, n'a toujours pas trouvé de soumissionnaire.

Hausse des prix

Conséquence normale de cette situation où il y a plus de demande que d'offre : les prix augmentent.

«Les prix explosent par rapport aux estimés, souligne M. Généreux. Le résultat, c'est que quand on ouvre des soumissions de ce temps-là, c'est 50- 60 % plus élevé que les estimés. Alors la question, c'est: est-ce que je suis capable dans mon budget de payer cet écart-là? Bien souvent, c'est non.»

La FQM, comme plusieurs autres organismes, demande au gouvernement fédéral -qui est maître d'oeuvre de ces programmes -de prolonger les délais permis pour réaliser les travaux.

«On ne demande pas plus d'argent, mais simplement de lever cette date butoir au moins jusqu'à l'automne prochain pour nous permettre de réaliser nos travaux», plaide le président de la FQM.

Même si plusieurs entrepreneurs ont confirmé cette situation, ce n'est pas tout le monde dans l'industrie qui partage le pessimisme de la FQM.

«Pas si pire»

«On ne constate pas une hausse des prix, loin de là. Si les municipalités ont de la misère à trouver des soumissionnaires, c'est possiblement dû au fait qu'on arrive à l'automne et qu'un appel d'offres lancé en septembre, ça veut dire des travaux qui commencent en décembre. Le risque est bien plus grand», souligne Pierre Tremblay, directeur général adjoint de l'Association des constructeurs de route et grands travaux du Québec (ACRGTQ).

Tout en reconnaissant qu'il y a beaucoup de travail, M. Tremblay rappelle toutefois que son association a souvent répété aux «donneurs d'ouvrage» de lancer leurs appels d'offres au plus tôt, au printemps, afin de ne pas vivre ce genre d'étranglement

Extrait de : Plus de souplesse, Mathieu Turbide, journal de Montréal,18/09/2010

Québec espère qu'Ottawa fera preuve de souplesse et acceptera de prolonger les délais pour les travaux d'infrastructures subventionnés.

«On souhaite que le gouvernement fédéral soit ouvert à considérer les situations particulières, surtout pour les travaux qui sont plus à risque. Et qu'il puisse y apporter des assouplissements», a indiqué Sylvain Bourassa, porte-parole du ministre des Affaires municipales, des Régions et de l'Aménagement du territoire, Laurent Lessard.

M. Bourassa rappelle toutefois que les municipalités savaient, dès le départ, qu'elles auraient à respecter des dates butoir.

«Ça faisait partie des ententes que nous avons signées avec le fédéral. Les municipalités s'étaient engagées à les respecter», fait remarquer le porte-parole du ministre.

Toutefois, il est évident, dit-il, que des situations particulières ont provoqué des retards dans plusieurs projets.

«On nous a rapporté des cas où des entrepreneurs en travaux d'aqueducs ne pouvaient pas mettre la main sur une partie du matériel qu'ils doivent louer pour travailler, comme des tuyaux de raccordement», note-t-il.

Le gouvernement fédéral s'est montré ouvert à certaines prolongations des délais, mais seulement dans des cas plus extrêmes, comme en Saskatchewan, en raison des inondations

Le ministère des Affaires municipales est à dresser un portrait précis de la situation en communiquant avec chacune de 1 100 municipalités du Québec.

«On a fait des suivis à deux reprises de-puis le début de l'année. On est en train d'en faire un troisième pour savoir exactement où en sont les projets qui ont été subventionnés, si les appels d'offres ont été lancés, s'ils sont en marche ou non», indique M. Bourassa.

* Les gouvernements du Canada et du Québec ont accordé un total de 700 millions $ pour le programme PRECO. Les municipalités fournissent de leur côté 300 millions $.

* Au total, le fédéral a mis 4 milliards $ dans son Plan d'action économique