Décrochage scolaire: le Canada fait piètre figure

Extrait de : Décrochage scolaire: le Canada fait piètre figure, Ariane Lacoursière
La Presse, 08 septembre 2010

Au Canada, 20% des jeunes de 15 à 19 ans ne fréquentent plus l'école, bien plus que les 15% enregistrés dans les autres pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Le taux de décrochage a diminué de 5% depuis 1998 dans les 33 pays de l'OCDE, parmi lesquels se trouvent les États-Unis, le Japon, la France, la Finlande et l'Allemagne. Pendant ce temps, au Canada, le taux de décrochage a stagné à 20%.

À l'échelle canadienne, les provinces et territoires du Nord ainsi que la Saskatchewan (23,3%) et l'Alberta (25,5%) présentent les plus forts taux de décrochage scolaire. Le Québec suit avec un taux de décrochage 22,5%, soit bien plus que le voisin ontarien (15,9%).

Psychologue et chercheur à l'Université Laval, Égide Royer croit que le fait que la fréquentation scolaire soit obligatoire jusqu'à 18 ans en Ontario, comparativement à 16 ans au Québec, aide à améliorer la persévérance scolaire. Le fait que les enseignants ontariens soient regroupés dans un ordre professionnel aide aussi en ce sens, selon M. Royer.

M. Perron partage cette opinion. Il ajoute qu'au Québec, les élèves du secondaire sont très nombreux à travailler durant leurs études. Au secondaire, un élève sur deux travaille pendant l'année scolaire. Le travail devient parfois plus important que les études. Ça joue un rôle dans la persévérance scolaire», dit-il.

Leçons d'éléphant M. Perron affirme que le fort taux de décrochage des garçons au Québec doit aussi être considéré. «Ici, les jeunes garçons présentent toujours un taux de décrochage de 10% à 15% plus élevé que les filles. On ne peut pas ignorer cela», soutient-il.

M. Royer, qui vient de publier le livre Leçons d'éléphant: pour la réussite des garçons à l'école, est du même avis. Il ajoute que chez les jeunes garçons, le fait d'avoir ou non des modèles masculins à l'école peut influencer la réussite scolaire.

Or, alors que l'Ontario compte 16% d'enseignants au primaire et 47% au secondaire, le Québec ne compte que 13% d'enseignants au primaire et 38% au secondaire. «C'est un autre facteur dans la persévérance scolaire, note-t-il. On ne peut plus parler de décrochage scolaire sans parler de genre. Un peu comme l'anorexie se manifeste et s'analyse différemment chez les filles et les garçons, la persévérance scolaire doit être traitée de la même façon.»

Extrait de : Éducation: l'OCDE plaide pour des investissements plus efficaces, cyberpresse.ca, 07 septembre 2010

·         En 2007, la Finlande avait 62,6% de diplômés de l'enseignement supérieur, l'Islande 56,6%, les États-Unis 37,3%, le Royaume-Uni 34,9%, la Turquie 19,5% et le Mexique 18,14%.

·         En outre, «en moyenne dans l'OCDE, 35% de la tranche des 25-34 ans ont un diplôme d'études supérieures, contre 20% des 55-64 ans».

·         En outre, pour un gouvernement, «un homme diplômé de l'enseignement supérieur générera 119 000 dollars américains de plus en recettes fiscales et en cotisations sociales sur toute sa vie active, qu'une personne n'ayant pas fait d'études supérieures.

·         En moyenne dans l'OCDE, l'éducation représente 5,7% du PIB (6% en France, 7,6% aux États-Unis, 4,9% au Japon).

·         Le rapport s'intéresse aussi aux étudiants étrangers, soulignant que les plus nombreux sont originaires de Chine et d'Inde. « Les jeunes Chinois représentent 17% de tous les étudiants étrangers inscrits dans les pays de l'OCDE et ont comme première destination les États-Unis (21,6%) puis le Japon (15,3%).

·         Autre fait marquant: il apparaît que «dans la plupart des pays de l'OCDE», les enseignants sont «toujours moins bien payés que d'autres professionnels à qualifications égales: un enseignant gagne environ 79% du salaire moyen. En Hongrie, Islande, Israël, Italie, République tchèque, ce rapport tombe à moins de 60%.

Extrait de : Education : l'OCDE plaide pour "optimiser les ressources", figaro.fr, 07/09/10

Investir dans les études supérieures est nécessaire, mais dans le contexte actuel de rigueur budgétaire il faut surtout "optimiser" les ressources et "adapter" les systèmes d'éducation au marché du travail, estime l'OCDE dans son rapport annuel sur l'éducation publié mardi.

"Dans le contexte actuel de rigueur budgétaire, on constate un grand besoin d'efficacité et d'efficience dans la réponse des systèmes d'éducation à la demande de compétences sur un marché du travail qui évolue rapidement", y écrit le secrétaire général de l'OCDE Angel Gurria.

Aussi les pays doivent-ils "trouver de nouveaux moyens de générer un meilleur rendement pour leurs investissements dans l'éducation", dit-il.

Or "il est inquiétant de constater qu'au cours de la dernière décennie, dans de nombreux pays, l'augmentation significative des dépenses par élève/étudiant ne s'est pas accompagnée d'améliorations de la qualité des résultats d'apprentissage", ajoute-t-il, sans citer ces pays.

Et de mettre en garde: "A l'avenir, on ne mesurera plus la réussite des systèmes d'éducation selon le niveau de dépenses consenties par les pays dans ce domaine ou selon le taux d'obtention des diplômes, mais à l'aune des résultats indicatifs atteints et de leur impact sur le progrès économique et social", selon lui.

Le rapport, qui rassemble des chiffres de 2007 et 2008, porte sur les 31 pays membres de l'OCDE et intègre des données sur le Brésil, la Fédération de Russie et pour la première fois sur la Chine, l'Inde et l'Indonésie.

Il montre que la proportion des diplômés du supérieur a fortement augmenté en quinze ans, passant "d'environ 20% d'une classe d'âge en 1995 à autour de 40% aujourd'hui", a souligné à l'AFP Eric Charbonnier, expert de l'OCDE.

"Le marché du travail a réussi à absorber tous ces nouveaux qualifiés", a-t-il ajouté, soulignant qu'environ "75% de ces jeunes occupent des emplois qualifiés".

Pour la première fois, est publiée une statistique qui montre qu'"en moyenne dans l'OCDE, qu'on soit immigré ou natif du pays, les chances de trouver un emploi quand on est diplômé de l'enseignement supérieur sont les mêmes", selon M. Charbonnier.

En revanche, "lorsqu'on n'a pas de diplôme, le taux de chômage d'un immigré est beaucoup plus fort que celui d'un natif", a-t-il dit.