Jarislowsky, n’importe quel temps comme ministre des finances !

Évidemment, il y a pas le temps de s’emmerder avec les groupes d’intérêts, donc on va le laisser à faire son travail habituel, qui fait très bien d’ailleurs.

Je fais un peu de publicité pour Jarislowsky, car c’est un homme que je respecte beaucoup.

Si on avait eu la moitié de sa sagesse de Jarislowsky pour gérer les finances du Québec, notre économie aurait été drôlement plus solide pour supporter la crise économique.

Extrait de : Jarislowsky... à prix d'ami, Stéphanie Grammond, La Presse, 18 septembre 2010

Jarislowsky Fraser, le plus important gestionnaire institutionnel à Montréal, lance pour la première fois une famille de fonds destinée au grand public. Des fonds simples, sans flafla, offerts à prix très concurrentiels, question de rester fidèle à la philosophie de son fondateur Stephen Jarislowsky qui a souvent critiqué l'industrie des fonds communs de placement.

Il n'y aura pas de casquettes ou d'autres cadeaux promotionnels à l'effigie de Jarislowsky Fraser, pas de panneaux-réclame vantant les mérites du plus important gestionnaire de portefeuilles à Montréal.

Le lancement d'une famille de fonds «made in Québec» est peut-être un événement en-soi, mais ce n'est pas une raison de faire du tapage. « On ne dépense aucun dollar en marketing. On fait ça à la Jarislowsky», lance Maxime Ménard, l'associé principal qui a mis les fonds sur pied, disponibles vers la fin de septembre.

Pour lui, cela signifie, «les produits les plus purs possible, avec des frais de gestion réduits au minimum pour laisser le maximum de rendement aux investisseurs.» De quoi plaire au fondateur Stephen Jarislowsky qui n'a pas toujours été tendre envers l'industrie des fonds qui chargent facilement 2% de frais de gestion par année.

Dans son best-seller publié en 2005, il écrivait: «Je déplore l'actuelle popularité des fonds communs de placements. Grâce à de la publicité rondement menée, ils attirent toutes sortes de petits investisseurs sans expérience. En plus des frais prélevés à l'acquisition et au rachat, ces produits encourent des frais d'exploitation qui d'ordinaire sont trop élevés, mal expliqués et imprimés en petits caractères.»

En prenant la défense des petits actionnaires, Stephen Jarislowsky s'est attiré la faveur du public. Le succès colossal du livre «Dans la jungle du placement» démontre à quel point l'octogénaire jouit d'un très grand respect auprès des investisseurs québécois. L'ouvrage a été vendu à plus de 50 000 exemplaires, dont 35 000 en français.

Le déclic

Jarislowsky Fraser compte sur cette marque de commerce pour faire sa place dans les fonds communs, même si l'industrie a déjà été consolidée par une poignée de gros joueurs.

Les banques canadiennes qui dominent aujourd'hui le marché ont eu tendance à rapatrier la gestion de leurs fonds pour les confier des gestionnaires internes. Cet été, Jarislowsky Fraser a perdu la gestion d'un fonds d'actions canadiennes de la Banque TD et d'un fonds équilibré de la Banque CIBC.

C'est l'élément déclencheur qui a convaincu la firme de lancer sa propre bannière. En trois mois, Jarislowsky Fraser est parvenu à ficelé trois fonds communs, à prix très concurrentiels, en utilisant la plateforme de la Banque Nationale. D'ailleurs, la formule pourrait servir à d'autres sociétés de gestion qui voudraient offrir des fonds au grand public.

Les trois nouveaux fonds de Jarislowsky auront des frais de gestion annuels de 0,65% à 0,75% pour les investisseurs qui les achètent sans l'aide d'un conseiller financier (Série E). Cette série sera disponible auprès de Courtage direct Banque Nationale, qui demandera une commission de 29$ (gratuit pour 100 000$ et plus). L'investissement minimal a été fixé à 10 000$ au départ et 1000$ pour les investissements subséquents.

Les investisseurs qui font appel aux services d'un courtier ou d'un planificateur financier, paieront des frais de gestion de 1,4% à 1,75%, ce qui inclut une commission de suivi de 0,75% à 1% pour leur conseiller. Ils peuvent aussi opter pour la série F s'ils versent déjà des honoraires à leurs conseillers. Dans un cas comme dans l'autre, l'investissement minimal est de 500$ au départ, puis de 50$ par la suite.

Le style Jarislowsky

Le fonds Sélect revenu sera dirigé par Chris Kresic, qui arrive de la Financière Mackenzie. Destiné aux investisseurs qui cherchent des revenus constants, le fonds versera une distribution fixe mensuelle de 4%. Le portefeuille contiendra une bonne portion d'obligations de sociétés, «qui versent un rendement plus intéressant, mais ne sont pas toujours évidentes à gérer pour un particulier. Nous, on peut apporter une valeur ajoutée», assure Denis Durand, associé principal.

Le fonds Sélect équilibré sera investi environ à 60% en actions et 40% en obligations, la répartition d'actifs classique d'un régime de retraite, indique M. Durand. Le portefeuille sera défensif, mais permettra de profiter de la croissance des marchés grâce à des actions à dividendes élevés et des obligations de sociétés.

Enfin, le fonds Sélect actions canadiennes investira dans 20 à 30 titres à dividendes élevés parmi les plus grands noms du pays. Mais environ 15% du portefeuille sera consacré à des sociétés étrangères. «Il y a beaucoup de compagnies dividendes élevés à l'international, comme Vodafone qui distribue 5,2%», note M. Durand.

Le portefeuille vise une croissance stable. Les gens savent que «lorsque les marchés sont très spéculatifs, on ne performe peut-être pas autant que les cow-boys. Mais au moins quand les marchés baissent, ils nous disent: vous sauvez notre capital. Et quand on arrive à la retraite, c'est ça qui nous intéresse», raconte M. Durand.

Depuis un an, ses gestionnaires d'actions canadiennes ont livré un rendement de 6,3%, alors que la Bourse canadienne a grimpé de 12% (en date du 30 juin). Jarislowsky Fraser était moins présent dans les titres aurifères, jugeant l'avancée du prix de l'or très spéculative.

Mais Jarislowsky Fraser tire toujours son épingle du jeu à long terme, assure M. Ménard. Sur 10 ans, le rendement annuel composé de son portefeuille d'actions canadiennes s'élève à 9,6%, contre seulement 3,3% pour la Bourse canadienne.