Les ménages canadiens sérieusement endetté

Extrait de : Les ménages canadiens ont de plus en plus de mal à joindre les deux bouts et sont préoccupés par leurs dettes, Pierre Saint-Arnaud, Le Droit,  13 septembre 2010

C'est ce qui se dégage de données publiées lundi par deux sources différentes.

D'une part, un sondage de l'Association canadienne de la paie révèle que trois Canadiens sur cinq (59 pour cent) auraient du mal à s'acquitter de leurs obligations financières si leur chèque de paie leur était remis une semaine plus tard. En d'autres termes, ils vivent d'un chèque de paie à l'autre.

Cette situation est particulièrement ressentie par les plus jeunes travailleurs et, sans surprise, les familles monoparentales. Ainsi, 65 pour cent des travailleurs âgés de 18 à 34 ans seraient en position précaire s'il leur manquait un seul chèque de paie, une augmentation de 30 pour cent par rapport à l'an dernier, alors que la proportion de familles monoparentales qui ne pourraient se passer d'un chèque de paie atteint 76 pour cent.

Par ailleurs, près de la moitié des répondants (47 pour cent) n'économisent que cinq pour cent ou moins de leur revenu net, alors que les experts en planification financière recommandent en général un taux de 10 pour cent pour la retraite.

Une imposante majorité de 81 pour cent des répondants affirment que, s'ils gagnaient 1 million $ à la loterie, le remboursement de leurs dettes viendrait au premier ou au deuxième rang de leurs priorités, une augmentation de 11 pour cent par rapport à l'an dernier.

Cette préoccupation n'étonne guère à la lumière des données rendues publiques au même moment par Statistique Canada.

L'agence nationale nous apprenait en effet lundi que la valeur nette des ménages a diminué 0,6 pour cent - ou 34 milliards $ - au deuxième trimestre de 2010. Cette baisse, la première depuis le premier trimestre de 2009, est en grande partie attribuable au recul des marchés boursiers en Amérique du Nord. Sur une base individuelle, la valeur nette des ménages par habitant est passée de 176 000 $ au premier trimestre de 2010 à 174 000 $ au deuxième trimestre.

En contrepartie, l'endettement des ménages par rapport au revenu personnel a connu une légère baisse, pour s'établir à 143,7 pour cent. Il s'agit de la première baisse depuis le premier trimestre 2006. Il faut cependant noter que ce taux demeure extrêmement élevé et n'est que de quelques points inférieur au niveau record de 148 pour cent au trimestre précédent.

Ces rapports donnent du poids aux préoccupations de la Banque du Canada, selon qui les Canadiens accumulent trop de dettes et pourraient se retrouver en situation précaire lorsque les taux d'intérêt commenceront à augmenter.

Le sondage de l'Association canadienne de la paie a été mené auprès de 2766 employés de l'ensemble du Canada. L'intervalle de confiance est de 95 pour cent et la marge d'erreur est de 1,86 pour cent, 19 fois sur 20.

Les données de Statistique Canada, quant à elles, sont contenues dans les Comptes du bilan national du deuxième trimestre de 2010.

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Baisse de la valeur nette des ménages

Valeur nette ménage La valeur nette des ménages a diminué de 0,6 % (ou de 34 milliards de dollars) pour s'établir à 5,9 billions de dollars. Il s'agit de la première baisse depuis le premier trimestre de 2009, et cette baisse est en grande partie le résultat du recul des marchés boursiers en Amérique du Nord. Les hausses de la valeur de certains actifs financiers, et plus particulièrement des dépôts, ont été plus que contrebalancées par les pertes au chapitre des valeurs mobilières, des investissements étrangers ainsi que des actifs d'assurance-vie et de retraite. Les portefeuilles d'actions des ménages ont régressé, qu'il s'agisse d'actions négociables ou de fonds communs de placement. L'indice composite Standard and Poor's / Bourse de Toronto a diminué de près de 6,2 %, après avoir connu des hausses pendant les quatre trimestres précédents.

Le passif des ménages a augmenté , principalement en raison des hypothèques et du crédit à la consommation. L'endettement des ménages sur le marché du crédit en proportion de leur revenu personnel disponible a diminué pour s'établir à 143,7 %, en baisse pour la première fois depuis le premier trimestre de 2006. Le ratio du service de la dette a aussi connu un recul au deuxième trimestre par rapport au trimestre précédent. Cette situation rend en partie compte de l'augmentation de 3,6 % du revenu personnel disponible au deuxième trimestre de 2010.

La dette des ménages sur le marché du crédit en proportion de leur valeur nette a augmenté après quatre baisses consécutives. Les capitaux propres des ménages exprimés en proportion des biens immobiliers ont connu une légère baisse, atteignant leur niveau le plus faible depuis le premier trimestre de 2002, après être demeurés relativement stables au cours des deux trimestres précédents.

La valeur nette des ménages par habitant a diminué, passant de 176 000 $ au premier trimestre à 174 400 $ au deuxième trimestre.

Source: Comptes du bilan national, Statistique Canada, Deuxième trimestre de 2010