Les nuages sur l'économie canadienne
Posted by Québec de Droite in Canada on samedi 11 septembre 2010
Extrait de : Les nuages sur l'économie canadienne, Gérald Fillion, Radio-Canada, 10 septembre 2010
Le ministre des Finances Jim Flaherty expliquait jeudi midi que le secteur privé doit prendre le relais du public dans la relance de l'économie. Les chiffres sur l'emploi du mois d'août, publiés par Statistique Canada, lui donnent raison : ce sont encore les secteurs liés aux entités gouvernementales qui participent le plus à la reprise économique au pays. Faible reprise, doit-on préciser, et rien ne laisse entrevoir une accélération de la croissance.
Ainsi, en août, le secteur privé a supprimé près de 40 000 emplois, la plus forte compression en 13 mois. Grâce au retour en classe, le bilan de l'emploi est positif :
80 000 nouveaux emplois à temps plein, dont près de 70 000 dans le secteur de l'éducation.«Dans l'ensemble, l'emploi a progressé dans le secteur public (+58 000) et dans le travail indépendant (+18 000), mais il a reculé dans le secteur privé (-40 000). Depuis juillet 2009, l'emploi a progressé de 4,3% dans le secteur public et de 2,9% dans le secteur privé, tandis que le nombre de travailleurs indépendants a légèrement diminué de 0,8%, source: le Québec, champion de la création d'emplois au pays»
Le problème du secteur public: sont des emplois qui consomment
la richesse (dépenses gouvernementales), non qui la crée.La meilleure nouvelle, et la plus encourageante, c'est la hausse des salaires qui se poursuit. En reportant les mois de juillet et d'août sur 12 mois, donc en annualisant ces deux mois, les salaires grimpent à un rythme de 4 %, ce qui est très bien.
La balance commerciale
Cela dit, il ne faut pas être complaisant et croire que le Canada est à l'abri de toutes les intempéries. Les données les plus significatives à ce sujet, ce sont celles sur la balance commerciale du Canada, diffusée jeudi. Pour un deuxième mois de suite, les exportations ont baissé au Canada, recul de 0,7 % en juillet, un quatrième mois de déclin au cours des six derniers. La chute des exportations jumelée à la hausse des importations donne pour résultat un déficit commercial mensuel record de 2,7 milliards de dollars.
Moins d’exportations, moins de richesse.
Nos exportations vers les États-Unis ont glissé de 2,2 % en juillet, ce qui est énorme. Demandez à n'importe quel entrepreneur qui compte sur le marché américain de vous expliquer ses journées et vous avez de bonnes chances de trouver là quelqu'un qui dort mal depuis quelque temps.
Faut-il le rappeler : 75 % de nos exportations sont destinées au marché américain. Nos livraisons dans les autres pays ont beau augmenter, n'en demeure pas moins que notre premier et principal partenaire commercial, ce sont les États-Unis.La confiance des citoyens
Or, le président Obama vient d'annoncer un nouveau plan de relance, plus modeste certes, mais destiné encore à stimuler une économie qui peine à redémarrer. Les pressions se font de plus en plus fortes pour que le gouvernement américain augmente encore son enveloppe.
Le professeur Nouriel Roubini expliquait à CNBC cette semaine qu'il faut « subventionner la création d'emplois » pour redonner un équilibre à l'économie, relancer la confiance, la consommation et la création de richesse.
Quand on s'intéresse aux perspectives économiques au pays, il faut s'intéresser aussi aux citoyens, consommateurs et contribuables, travailleurs et bénéficiaires. Les signaux envoyés par les marchés et par les données économiques abîment à n'en pas douter la confiance des gens dans la reprise qui est censée être en cours.
Et les gestes posés par les instances publiques pourraient avoir pour conséquence d'abaisser encore un peu la confiance des Canadiens en attaquant directement son pouvoir d'achat.Augmentation du taux directeur
La Banque du Canada a choisi d'augmenter son taux directeur, faisant ainsi cavalier seul parmi les grandes puissances du monde, à l'exception de l'Australie. Pourtant, l'économie ralentit, il n'y a pas de réelle pression inflationniste et la reprise est fragile chez nos partenaires américain et européen. Cette décision a un impact sur les détenteurs d'hypothèque à taux variable au moment où des économistes tirent la sonnette d'alarme sur le danger possible de bulle immobilière dans certaines régions du pays.
Par ailleurs, le gouvernement Harper a décidé de mettre fin immédiatement aux soutiens spéciaux décrétés pour les personnes bénéficiant d'assurance-emploi en annulant la prolongation de 5 semaines de couverture, de 20 semaines pour les employés ayant plus d'ancienneté.Augmentation de l’assurance emplois
De plus, le gouvernement a confirmé son intention d'augmenter les cotisations aux fonds de l'assurance-emploi pour réduire le déficit actuariel qui se dessine. Une proposition d'augmentation de 15 ¢ par tranche de 100 $ gagnés serait sur la table. Cela ferait passer les cotisations pour employés et employeurs de 1,73 $ à 1,88 $. Une telle hausse entraînerait la suppression de 170 000 emplois d'ici quatre ans au pays selon la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante. Ouch...
Typique d’un politicien, on dit aux secteurs privés, vous devez reprendre la relève, mais on les assassine en arrière, peut-être réduire les dépenses d’États au lieu d’augmenter le coût sur la masse salariale, qui vas rendre encore nos compagnies moins compétitives.
Oui, l'économie canadienne est forte. Oui, nous nous sommes mieux sortis de récession que quiconque parmi les pays du G7. Mais nous ne vivons pas sur une île calme et tranquille à l'abri des intempéries. Et l'on peut se demander s'il est vraiment arrivé le temps de l'austérité et du resserrement monétaire.
Il serait dommage de devoir tout reprendre en 2011 ou en 2012...
This entry was posted on samedi 11 septembre 2010 at 06:38 and is filed under Canada. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response.
Publier un commentaire