Retraites des fonctionnaires US : une faillite à mille milliards... ou plus

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Commentaire d’un blogueur sur leur site:

Rédigé par : Gilles | lundi 23 août 2010 à 08h14

@vincent

Ah mais que voilà un article qui ouvre le bal à point nommé. Quelques éléments de réflexion complémentaires sur ce sujet :

> Or, les états doivent, de par la loi, garantir
> les fonds de pension de leurs fonctionnaires.

Apparemment c'est pas aussi simple que ça et c'est un sujet fort débattu. Rien que la semaine dernière, j'étais tombé sur ça : http://market-ticker.org/archives/2589-More-Ill-Noise-And-Other-States-PENSIONS.html qui semble indiquer que les Etats ne sont pas engagé au delà des ressources des fonds eux mêmes. En fait, si je comprend bien, c'est un poil compliqué : il y a le fait que les fonds de pensions sont sous capitalisé (pas assez d'actif dans le fond pour garantir les niveaux de retraites promis), et également que certains Etats se sont servi dans ces fonds colossaux pour financer leurs dépenses, comme l'Etat Fédéral s'est servi dans le fond de la Social Security pour financer son déficit. Quand je dis qu'ils se sont servi, c'est qu'ils ont pris une partie de cet argent (et TOUT cet argent concernant l'Etat Fédéral et la Social Security), et ont donné des reconnaissances de dette en échange, qu'ils sont peu en état de rembourser aujourd'hui. D'après Denninger, si un Etat ne peut pas voler l'argent des fonds, il n'est pas légalement tenu à renflouer les fonds s'ils font faillites.

> Pour ce faire, ils se sont dotés d'un organisme
> mutualiste, le PBGC, supposé assurer les pertes
> de certains fonds. Mais face à l'ampleur de la
> crise, le PBGC n'aura pas assez de fonds pour
> garantir quoi que ce soit.

D'après ce que je comprend, justement, la plupart des fonds de retraites des fonctionnaires (Federal, State or Local) ne sont PAS couverts par ce fond comme l'indique le site du PBGC (http://www.pbgc.gov/about/insurepension.html), selon une grande tradition que les collectivités publiques ayant accès quasi direct et discrétionnaire au portefeuille de leurs administrés, n'ont pas besoin d'assurance.

Maintenant, il est vrai que le problème est moins légal que politique(de la même manière que l'Etat Fédéral n'était PAS tenu de rembourser les dettes de Fannie Mae par exemple, mais que toute le monde s'attendait à ce qu'il le fasse, et c'est ce qui s'est produit in fine), même si la pression de la réalité économique jouera de plus en plus en défaveur de ceux qui espèrent un sauvetage.

Maintenant, pour tenter une rapide comparaison avec la France : vu d'ici, ce qui s'est passé avec la Social Security ou les fonds de pensions des fonctionnaires aux Etats Unis parait suréaliste. Comment a t-on pu laisser l'Etat Fédéral dépenser tout l'argent du fond qui devait permettre de payer les pensions et les soins médicaux de la génération du Baby Boom, en échange d'IOUs (reconnaissance de dette) qui valent de moins en moins au fur et à mesure que la capacité de l'Etat Fédéral de rembourser ses dettes s'évanouit ? Comment a-t-on pu laisser faire ce tour de passe passe absurde consistant pour une nation à se prêter de l'argent à soi même ? Comme si je mettais de l'argent de côté dans un compte pour mes vieux jours, puis décidais finalement de tout dépenser pour partir en vacance et acheter des belles voitures, et quand on me signale que je n'ai plus un sou dans mon compte épargne retraite, je brandis une reconnaissance de dette signé par moi même, dans laquelle je m'engage formellement à me rembourser les sommes correspondantes le jour de mon départ à la retraite ... Comment, de la même manière a t-on pu laisser tous ces fonds de pensions afficher des objectifs absurdes, des promesses de pension totalement décorellées de la capacité à les financer ? On pourrait se dire : mes ces américains sont complètement fous !!

On aurait raison, mais on oublierait juste une chose : la présence de ces fonds, même sous capitalisés, ou remplis d'IOUs à la valeur douteuse, permet justement de visualiser l'ampleur du problème. Au moins, là bas, on a fait semblant de mettre de l'argent de côté pour financer les dépenses futures. De ce côté ci de l'atlantique, un tel scandale est impossible, car il n'y a PAS DE FOND du tout. Personne ne fait ne serait-ce que semblant de mettre un seul sou de côté pour financer les retraites ou les dépenses de santé des fonctionnaires. Il n'y a aucune caisse susceptible de faire faillite : les pensions sont versées directement par le budget de l'Etat. Les américains ont mis trop peu d'argent de côté pour financer leurs retraites : on en a mis aucun. Rien. Nada. Zéro. Au moins, ils ont des outils qui leur permettent de mesurer l'ampleur de leur problème (tel fond est sous capitalisé à hauteur de x % etc..). Ici, le problème n'est pas mesuré car personne ne veut simplement reconnaitre qu'il existe.

Dernier point, toujours sur un aspect légal : d'un point de vue du droit, la social security aux Etats Unis ne peut pas être en faillite, car ce n'est PAS un système d'épargne retraire. La Cour Suprême s'est déjà prononcé clairement à ce sujet : les cotisations à la Social Security ne sont pas des cotisations, ce sont des TAXES, des IMPOTS. Et les pensions versées ne sont PAS contractuelles : ce sont des prestations de WELFARE, comme le RMI en France par exemple. Ces prestations peuvent être amendées, ou supprimées, d'un point de vue légal, de façon arbitraire et sans aucune voie de recours légal. Le problème est donc avant tout politique. Mais d'un point de vue comptable c'est important : ces engagements ne sont pas des DETTES, car il n'y a pas obligation de les remboursées (à l'inverse d'un bon du trésor par exemple). Ce sont des promesses, non contractuelles, qui n'engagent que ceux qui y croient.

En tout cas, ce sont des questions éminemment d'actualité, car les retraites sont l'une des composantes inévitables de notre imminente faillite collective


Cahier spéciale : Régime de retraite par répartition, (11-09-10)

1)       Qui est Charles Ponzi ?

2)       Qui est Bernard Madoff ?

3)       Les régimes de retraite de l’État n’est qu’une gigantesque arnaque de Ponzi !

4)       La retraite de la fonction publique une arnaque double

5)       La capitalisation

6)       Historique du modèle Chilien

7)       Le système suédois de retraites par points

8)       Plus de 82 % des Français sont pour la capitalisation

9)       Italie: équité entre privé et public

10)    Retraites des fonctionnaires US : une faillite à mille milliards... ou plus


Lecture complémentaire : Un tsunami pour les retraites de la fonction publique (PDF)