Un bon encadrement réglementaire pour le gaz de schiste

Extrait de : Un bon encadrement réglementaire pour le gaz de schiste, Claude Garcia, Argent, 05/09/2010

Un débat fait rage, depuis quelques semaines au Québec, au sujet de l’exploration du gaz de schiste. L’industrie, qui a déjà investi 200 M$, souhaite évidemment poursuivre son travail d’exploration. Des citoyens, à la lumière d’accidents survenus en Pennsylvanie et à la suite de plaintes relatives au comportement de certaines entreprises, souhaitent un moratoire. Dans une tentative pour calmer le jeu, le gouvernement a confié au BAPE, le 29 août 2010, le mandat d’étudier l’industrie du gaz de schiste au Québec en faisant appel aux meilleurs ressources disponibles pour « que le Québec développe une expertise propre à son contexte ».

D’abord un peu d‘histoire.

Gaz Schistes La recherche de pétrole et de gaz naturel au Québec, principalement dans les Basses-Terres du Saint-Laurent et dans les contreforts des Appalaches, a débuté à la fin du 19ième siècle. Dans les années 1960, la compagnie Shell a acquis des droits d’exploration sismique sur plus de 2 000 km dans le territoire décrit plus haut. En 1973, Shell a cédé tous ses droits à la SOQUIP, une société d’État créée quatre ans plus tôt avec le mandat d’explorer la présence de pétrole ou de gaz sur le territoire québécois.

Seulement deux des nombreux puits forés par la Soquip ont conduit à la découverte de zones de gaz suffisantes pour une exploitation commerciale à échelle réduite de 1980 à 1994. On a abandonné depuis plusieurs années ces efforts d’exploration. En rétrospective, ce n’est pas l’absence de gaz ou le manque d’appui du gouvernement qui ont empêché la Soquip de réussir mais plutôt le manque de connaissances technologiques appropriées.

La voie à suivre

Quarante ans après la création de la Soquip et après plus d’un siècle d’effort d’exploration, on a trouvé du gaz sur le territoire québécois. Ce serait faire fi de tous ces efforts si on décrétait maintenant un moratoire. Assurons-nous plutôt que le bureau du BAPE, chargé de développer l’expertise du Québec dans ce domaine, fasse bien son travail en écoutant à la fois les citoyens et l’industrie  Rien ne devrait l’empêcher d’apprendre des erreurs ou des accidents qui se sont produits ailleurs pour proposer un encadrement approprié à cette industrie naissante mais fort prometteuse.

Les dirigeants de l’industrie sont favorables à un encadrement réglementaire plus rigoureux. Un porte-parole de la société Talisman Energy a proposé, le 10 août 2010, à l’État de New York de suivre l’exemple de la Pennsylvanie et d’augmenter de 100 $ à 4 000 $ le coût d’un permis de forage et de redéployer les fonds ainsi obtenus dans la supervision de l’industrie.

Le gouvernement doit mettre en place, le plus tôt possible, le cadre réglementaire qui permettra à la société québécoise de profiter de cette richesse qui lui appartient.

1.       Un bon régime de redevances.

2.       Couplé à la concurrence entre les intervenants du secteur privé.

Assurera au Québec de maximiser les bénéfices qu’il tirera de cette industrie naissante.

L’histoire nous enseigne que la création de richesse est optimale lorsque l’État encadre de façon appropriée l’activité économique.

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    # by Ou le mot citoyen prend tout son sens - 21 septembre 2010 à 16 h 21

    Il existe déjà un encadrement pour l'exploitation des mines et ressources naturelles au Québec. Par contre, avec la complicité des gouvernements, ils ne sont que très rarement respectés. Il suffit de regarder comment le développement se fait dans le nord et ce qu'ils font avec les mines abandonnées! Plus ça au Québec!

    Si le développement du gaz de schiste se fait, ce sera en respect de l'homme et de l'environnement. Ce n'est pas le cas présentement. Nous ne perdons rien à prendre notre temps. Pourquoi donc se dépêcher? Parce que les libéraux sentent la soupe chaude, ils ne pensent pas pouvoir rester au gouvernement longtemps et ils veulent être certains que ce soit LEURS copins qui profitent de cette ressource.

    Les québécois ne sont pas dupes et vous ne nous ferai pas accroire que nous souffrons d'immobilisme. Nous sommes lucides et nous voulons prendre des décision éclairées, en société. Nul ne sert de courir, les prix de l'énergie ne peuvent que monter et donc les profits également.

    http://www.unionrevolte.blogspot.com

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    # by Un Québec de Droite - 21 septembre 2010 à 16 h 33

    220 milliards de dettes, et nous sommes lucides.

    Pas sûr ...

    Pour l'encadrement, oui je crois qu'on peut prendre un certain temps, il n’y a pas urgence, il faut juste que ça soit bien fait.