Baromètre mondial de la corruption

Transparency International

Baromèter mondial de la corruption -1

Transparency International est l’organisation internationale de la société civile au premier plan de la lutte contre la corruption. Grâce à ses 90 sections nationales dans le monde entier et son Secrétariat International basé à Berlin, en Allemagne, TI sensibilise l’opinion publique aux ravages de la corruption et travaille de concert avec les gouvernements, le secteur privé et la société civile pour développer et mettre en œuvre des mesures efficaces visant à enrayer la corruption. www.transparency.org

 

Perceptions de la corruption dans des secteurs clés observées dans l’opinion publique

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Le Baromètre mondial de la corruption 2009 a demandé à plus de 73 000 individus du monde entier dans quelle mesure ils considéraient six secteurs et institutions clés comme corrompus.

Les partis politiques ont été perçus comme corrompus par 68 pour cent des personnes interrogées, suivis de près par la fonction publique (agents publics/fonctionnaires) et le parlement : respectivement 63 et 60 pour cent. Le secteur privé et le système judiciaire ont également été jugés corrompus par la moitié des personnes interrogées. Autour de 43 pour cent des personnes sondées pensent aussi que les médias sont atteints par la corruption.

Lorsqu’il leur a été demandé lequel des six secteurs/institutions ils considéraient comme le plus corrompu, les individus ont le plus souvent cité les partis politiques et la fonction publique, avec respectivement 29 et 26 pour cent. Les moins mentionnés ont été les médias et le système judiciaire : respectivement 6 et 9 pour cent des personnes interrogées considéraient l’une de ces institutions comme la plus corrompue,
(Figure 1).



Évolution des opinions sur les institutions

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Lorsque l’on examine les perceptions de la corruption dans des secteurs clés sur plusieurs années, les résultats ne varient guère entre 2004 et 2009. Une analyse de l’opinion publique dans 41 pays et territoires couverts par le Baromètre en 20048 et 2009 montre que l’opinion publique sur les partis politiques, les parlements, le système judiciaire et les médias n’a pas évolué de façon notable. Le pourcentage de personnes interrogées qui considèrent le secteur privé comme corrompu a, toutefois, progressé de 8 points de pourcentage sur la même période (Figure 2).



Usage des mécanismes de dépôt de plainte

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Malgré les preuves montrant que les individus sont souvent confrontés à la corruption, seule environ 1 personne sur 5 déclare avoir déposé une plainte officielle au cours des 12 mois précédents.

La (Figure 9) résume les motifs donnés par les personnes interrogées pour ne pas avoir signalé la corruption. La moitié des sondés a indiqué que les mécanismes de dépôt de plainte officielle n’étaient pas efficaces, alors qu’un quart jugeait que le processus prenait beaucoup trop de temps.

Les résultats montrent que des efforts plus grands sont nécessaires pour veiller à ce que l’opinion publique ait accès et croie à l’efficacité des mécanismes de dépôt de plainte officielle.

Le Baromètre a découvert que les chômeurs et les femmes étaient moins susceptibles de porter plainte lorsqu’ils étaient victimes de corruption. En revanche, les personnes les plus enclines à passer par les canaux officiels pour signaler des cas de corruption étaient notamment les hommes, les individus ayant un emploi et les personnes issues de foyers à revenus intermédiaires.


L’opinion publique sur le secteur privé

La captation de l’État est considérée comme un phénomène répandu

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Pour la première fois, cette année, le Baromètre a demandé aux citoyens ordinaires dans quelle mesure ils pensaient que le secteur privé avait recours à la corruption pour manipuler le processus d’élaboration des politiques dans leur pays, un phénomène souvent appelé captation de l’État.

Le Baromètre révèle que 54 pour cent des personnes interrogées pour l’enquête pensaient que la corruption était un moyen auquel le secteur privé avait souvent recours pour façonner politiques et règles. Ce chiffre est en fort décalage par rapport à celui avancé par le secteur privé. L’Indice de corruption des pays exportateurs de TI montre que seuls 32 pour cent des hauts dirigeants d’entreprises, interrogés dans les pays couverts par le Baromètre 2009, déclaraient que la corruption était souvent employée pour influencer des résultats spécifiques en matière de politique.

65 pour cent des personnes sondées pour le Baromètre dans les pays à revenus intermédiaires supérieurs (bon nombre de ces économies émergentes où la croissance et la transition politique sont synonymes de marchés et règles en perpétuelle évolution) voient comme un phénomène courant la captation de l’État par le secteur privé. Alors que 55 pour cent des personnes interrogées dans les pays à hauts revenus déclaraient qu’il était courant que les pots-de-vin influencent le processus d’élaboration des politiques, dans les pays à bas revenus ils n’étaient que 45 pour cent à exprimer la même opinion.

Conclusions

Le Baromètre mondial de la corruption offre aux responsables politiques, aux entrepreneurs et à la communauté anticorruption l’opportunité exceptionnelle d’évaluer au fil du temps l’état de la corruption, telle qu’elle est reflétée par les opinions et les expériences des gens ordinaires.

Le Baromètre mondial de la corruption 2009 montre que les niveaux de corruption à travers le monde sont toujours trop élevés : environ 10 pour cent du grand public a déclaré avoir payé un pot-de-vin l’année précédente et les personnes les plus vulnérables sont également les plus durement touchées.

Partout dans le monde, les citoyens ordinaires ne sont pas convaincus par les efforts de leur gouvernement en matière de lutte contre la corruption. C’est tout particulièrement vrai à propos du secteur privé qui, à leurs yeux, contribue à influencer la politique, capter l’État et corrompre l’intérêt public. Ces avis sceptiques sont sans aucun doute le reflet d’un manque de transparence généralisée qui a contribué au démarrage de la crise financière en 2008. Cependant, de bonnes nouvelles apparaissent à l’horizon. Dans la plupart des pays, les personnes interrogées ont répondu qu’elles étaient prêtes à payer plus pour des affaires honnêtes. Les entreprises devraient comprendre que l’adhésion aux normes les plus exigeantes en matière de lutte contre la corruption, en parole et en acte, leur confère une valeur marchande.

De nombreuses institutions publiques conservent une image négative. Pour le public, les partis politiques demeurent les institutions les plus corrompues, même si les expériences directes vécues par les personnes interrogées montrent que la police est l’institution la plus susceptible d’extorquer des pots-de-vin, suivie par les services fonciers et le système judiciaire. Il en ressort que les institutions clés de la société, en particulier les institutions qui établissent l’intégrité et la responsabilité du gouvernement et celles qui garantissent les droits des individus, sont compromises.

Sans aucun doute, dans plusieurs pays, la corruption met en péril la légitimité à la fois du gouvernement et de ceux qui gouvernent.

Extrait de : Baromètre mondial de la corruption 2009, Transparency International