Démographie et niveau de vie

Cahier spécial : Productivité et prospérité au Québec, Bilan 2010

Le choc démographique

Le choc démographique n’est donc pas un mythe; c’est une réalité avec laquelle le Québec doit désormais composer. Cette section analyse l’impact du vieillissement de la population sur la performance économique du Québec.

En quoi consistent les changements démographiques

En 1981, plus du tiers (37,7 %) de la population était composée de personnes de 15 à 34 ans. Puis, en conséquence de la baisse subséquente du taux de natalité en 2009, la catégorie de la population affichant la plus forte densité s’est transposée aux 40-59 ans (30,5 %).

Graphique 1

Structure démographique Québec, 1981 et 2009

En fait, dès 2011 la proportion d’individus de plus de 64 ans sera supérieure à celle des moins de 15 ans. Au terme des projections, soit en 2036, ces proportions se situeront respectivement à 26 % (plus de 64 ans) et 14 % (moins de 15 ans).

Du fait de la baisse de la natalité, on assiste donc à une diminution importante du bassin de jeunes qui participent ou participeront à l’activité économique.

Ces changements démographiques ont par conséquent un impact significatif sur les mouvements à l’entrée et à la sortie du marché du travail.

Ainsi, en 2036, la proportion de la population ayant la plus forte propension à se retirer du marché du travail, soit les plus de 64 ans, sera près de deux fois supérieure à la proportion de la population qui pourra éventuellement participer à l’activité économique, en l’occurrence les moins de 15 ans. En conséquence, le potentiel de renouvellement des travailleurs actifs sur le marché du travail sera très faible.

Ici, je ne suis pas d’accord avec l’auteur, il suppose que l’âge de la retraite sera de 64 ans, peut-être pour la personne du secteur privé qui va être sur le seuil de la pauvreté, mais certainement pas les gens du secteur public, qui prennent une retraite dorée insolvable payée par le peuple, donc sa moyenne devra baisser.

N’ayant pas d’âge de retraite obligatoire, certain employé de l’État, se permet d’être à retraite à 52, 55 ans. Ces résultats sont corroborés par les résultats de l’Enquête sur la population active de Statistique Canada, qui montrent que l’âge de la retraite des travailleurs autonomes est beaucoup plus élevé que celui des employés des secteurs privé et public.

Graphique 2

Age moyen par secteur

Les données et les commentaires recueillis dans le cadre du sondage indiquent que cet écart n’est pas uniquement attribuable au fait que les travailleurs autonomes choisissent délibérément de travailler plus longtemps (car ils devaient indiquer à quel âge précisément ils auraient la possibilité de cesser de travailler). Il témoigne plutôt d’une inégalité fondamentale dans les options de revenu de retraite offertes aux travailleurs autonomes comparativement aux autres travailleurs canadiens. Il importe également de souligner que les répondants plus âgés fixent à un âge encore plus avancé le moment de leur retraite que les jeunes répondants.

Lorsqu’ils approchent 65 ans, les travailleurs autonomes se rendraient peu à peu compte qu’il ne s’agit pas d’un âge réaliste pour prendre leur retraite et reportent leurs projets afin d’épargner davantage. Au moins, 55 % des répondants de 65 ans et plus estiment qu’ils ne pourront prendre leur retraite avant d’avoir atteint 70 ans, évidemment c’est un problème que l’auteur ne veut pas entamer.

Donc, jusqu’à preuve du contraire, la date fatidique sera 2031 ( 5 ans plus tôt)à moins qu’on oblige la fonction publique à prendre leur retraite après 42 ans de service pour avoir leur plein fonds de pension (Québec : 33 ans provincial, 30 ans municipal), tel que la pluparts des pays européens ont déjà établis.

Puisque nos politiciens n’ont pas le courage de relever l’âge de retraite obligatoire, on se retrouve à augmenter le déficit actuariel des fonds de pension, ce qui accentue le modèle Ponzi de tel régime.

Le vieillissement de la population mettra certainement les finances publiques à rude épreuve. Tout d’abord, du fait de l’augmentation considérable du rapport de dépendance économique – nombre de personnes âgées de moins de 15 ans et de plus de 64 ans rapporté à la population en âge de travailler (15-64 ans) – les régimes de retraite publics par répartition se retrouveront au bord de l’asphyxie.

Par ailleurs, l’augmentation du nombre de personnes âgées, notamment les personnes dépendantes, entraînera une hausse de plus en plus importante de la demande de services sociaux et de santé.

Rapport de dépendance démographique du Québec 1971-2036

Ainsi, depuis 2007 la proportion de la population âgée de 15 à 64 ans a commencé à décroître ce qui devrait avoir pour conséquence de réduire la capacité du marché du travail à supporter l’ensemble de l’économie.

La dégradation du profil démographique suppose par ailleurs que chaque travailleur potentiellement actif sur le marché du travail devra supporter un plus grand nombre d’individus non actifs, à savoir les moins de 15 ans et les plus de 64 ans, (dépend de quel secteur ?, Q.D.)

À partir de 2010, le taux de dépendance démographique du Québec augmentera substantiellement, ce qui signifie que chaque travailleur potentiellement actif devra supporter un plus grand nombre d’individus non-actifs.

Ainsi, alors qu’en 2009 le rapport de dépendance démographique était de 0,44, il passera à 0,69 en 2036.

En 2036, le Québec comptera près de 7 personnes potentiellement inactives contre 10 potentiellement actives sur le marché du travail.

À titre comparatif, le Québec comptait un peu plus de 4 personnes potentiellement inactives contre 10 potentiellement actives en 1981.

Graphique 3

Dépendance démographique du Québec 1971-2036 modif

Un point de référence qui est souvent utilisée est la date, où la dépendance est à 50 %, elle se situe en 2016 pour le Québec.

Un autre point de référence est le nombre de 2 travailleurs par retraité, selon ISQ la date fatidique est  2031. Vous remarquerez que le niveau de dépendance entre 2031 et 2036 est presque identique, 0,67 au lieu de 0,69.

Cette date va graduellement créer de la pression économique sur le gouvernement.

Remarquez, la façon que le Québec est dirigé actuellement, on risque de frapper le mur bien avant !, Q.D.

Au terme de cette analyse, un constat ressort : le vieillissement de la population aura un impact significatif sur les mouvements à l’entrée et à la sortie du marché du travail, donc sur la capacité de l’économie du Québec à générer de la richesse à partir du bassin de travailleurs potentiellement actifs.

Ces transformations modifieront par conséquent la capacité du marché du travail à supporter l’économie, ce qui pourrait affecter de manière significative le niveau de vie des Québécois.

Impacts des changements démographiques sur le niveau de niveau de vie des Québécois.

Afin de mesurer adéquatement la capacité potentielle du marché du travail à générer de l’activité économique, le profil démographique est dorénavant mesuré par le rapport entre la population âgée de 15 à 64 ans et la population totale. Le taux d’emploi est par ailleurs mesuré par le rapport entre le nombre total d’emplois et la population âgée entre 15 et 64 ans. Les projections concernant la démographie et l’emploi proviennent respectivement de l’Institut de la Statistique du Québec 6 et du Conference Board du Canada. La composante d’intensité du travail a été fixée à la moyenne des heures travaillées par emploi observée entre 1999 et 2008, soit 1697 heures par emploi.

Changements démographiques et productivité du travail, 2010-2026

En considération des changements démographiques qui s’opéreront au Québec au cours des prochaines années, on estime que le Québec devra :

Relever de moitié le taux de croissance de sa productivité du travail s’il veut maintenir la croissance annuelle moyenne du niveau de vie observée depuis le début des années 80 (1,42 %). Alors que la croissance annuelle moyenne de la productivité du travail était de 1,05 % entre 1981 et 2008, elle devra passer à 1,61 % entre 2009 et 2026.

Graphique 5

Productivité démographique 2010-2026

On constate que dès 2013, le Québec devra élever substantiellement son niveau de productivité du travail s’il désire maintenir la croissance de son niveau de vie malgré les changements démographiques à venir.

(Ce qui est tout à fait impossible, si en 25 ans, on a eu qu’un accroissement de 1.05 % par année, dans les années les plus prospères, il ne faut pas s’entendre qu’on puisse avoir un accroissement de 1.61 % de productivité sous un environnement d’une crise économique (décroissance investissement privé et aux taux de décrochage scolaire, Q.D.)

Changements démographiques et niveau de vie, 2010-2026

L’identité du niveau de vie permet également d’identifier les conséquences économiques auxquelles le Québec s’expose s’il maintient une croissance de sa productivité du travail identique à celle observée entre 1981 et 2008 (1,05 %).

Le cas échéant, on estime que la croissance annuelle moyenne du PIB par habitant entre 2009 et 2026 ne serait plus que de 0,86 %, comparativement à la croissance annuelle moyenne historique qui s’est élevée à 1,42 %.

Le niveau de vie du Québec s’élèverait alors à 45 991 $ par habitant en 2026, soit près de 5 000 $ / hab. de moins que si la croissance annuelle moyenne du niveau de vie avait été similaire à celle observée entre 1981 et 2008 (1,42 %). Cette situ­ation est bien illustrée au graphique 5.

Graphique 6

Changement démographiques et Niveau de vie 2010-2026à

L’écart de niveau de vie du Québec avec l’Ontario et le Canada

Si le Québec ne relève pas son niveau de produc­tivité du travail, l’écart de niveau de vie avec l’Ontario et le Canada se creusera substantiellement d’ici 2026. À cet égard, le tableau 7 montre que l’écart de niveau de vie avec l’Ontario devrait être plus de deux fois supérieure à l’écart actuelle. Ainsi, alors que le niveau de vie du Québec représentait près de 87 % du niveau de vie de l’Ontario en 2009, le niveau de vie relatif du Québec vis-à-vis de l’Ontario passerait à un peu moins de 81 % en 2026. L’écart de niveau de vie s’élèverait alors à 10 947 $ / hab. ce qui signifie que chaque habitant de l’Ontario disposerait alors de 10 947 $ de plus qu’un habitant du Québec en moyenne (en dollars de 2008).

Le tableau 8 montre par ailleurs que l’écart de niveau de vie du Québec vis-à-vis celui du Canada s’élèverait à 12 306 $ par habitant en 2026. Le niveau de vie relatif du Québec vis-à-vis celui du Canada passerait alors d’un peu plus de 83 % en 2009 à un peu moins de 79 % en 2026.

Graphique 7

Écart de niveau de entre le Québec et l'Ontario

Graphique 8

Écart de niveau de vie entre le Québec et le Canada - 2010-2026

Les tableaux 6 et 7 montrent par ailleurs qu’une forte proportion de l’écart de niveau de vie du Québec demeurerait attribuable à un niveau de productivité plus faible qu’ailleurs au Canada. Ainsi, en 2026, plus de 35 % de l’écart avec l’Ontario serait imputé à la faible performance du Québec en matière de productivité du travail alors que près de 61 % de l’écart de niveau de vie avec le Canada devrait être imputable à un niveau de productivité du travail plus faible.


Graphique  1: Structure démographique par âge au Québec, Productivité et prospérité au Québec, p 47.

Graphique 2 : Retraite âge moyen par secteur (privé, public, autonome) - Québec, RRQ, opinion de la FCEI.

Graphique 3 : Démographie (-15ans  + 64+ans)/ (15 à 64 ans) – Québec,  Productivité et prospérité au Québec, p 50.

Graphique 4 : Nombre de travailleurs par retraité – Québec, Nombre de travailleur par retraité.

Graphique 5 : Démographie vs Productivité au travail, Productivité et prospérité au Québec, p 52.

Graphique 6 : Démographie vs Niveau de vie  - Québec, Productivité et prospérité au Québec, p 53.

Graphique 7 : Démographie vs Revenu – (Québec – Ontario),  Productivité et prospérité au Québec, p 50.

Graphique 8 : Démographie vs Revenu – (Québec - Canada),  Productivité et prospérité au Québec, p 55.

Extrait de : Productivité et prospérité au Québec, Robert Gagné, directeur, Kristelle Audet, Laurent Da Silva, Jonathan Deslauriers et Pierre-Olivier Lachance HEC Montréal, Bilan 2010


Cahier spécial :

1)    Productivité et prospérité au Québec, Bilan 2010

Préface

Introduction

Résumé

Écart de niveau de vie entre le Québec et l’Ontario, et entre le Canada

2)    Le Québec dans le monde

Produit intérieur brut par habitant pour le Québec et les pays de l’OCDE, 2009

Croissance de la productivité du travail et du produit intérieur brut par habitant, 1981-2009

Productivité du travail pour le Québec et les pays de l’OCDE, 2009

3)    Les origines du retard de niveau de vie

Évolution du produit intérieur brut par habitant, 1981-2009

Comprendre les écarts de niveau de vie

a)       Productivité du travail

b)       Intensité du travail

c)        Taux d’emploi

d)       Profil démographique

Résumé :

4)    D’où vient la croissance de la productivité ?

La décompression sectorielle de la croissance de la productivité du travail

Décomposition de la croissance de la productivité au travail au Québec, secteurs des biens, des services des biens, des services non commerciaux, 1984-2006

Secteur de la production de services et secteur non commercial

5)    Démographie et niveau de vie

Le choc démographique

En quoi consistent les changements démographiques

Rapport de dépendance démographique du Québec 1971-2036

Impacts des changements démographiques sur le niveau de niveau de vie des Québécois.

Changements démographiques et productivité du travail, 2010-2026

Changements démographiques et niveau de vie, 2010-2026

L’écart de niveau de vie du Québec avec l’Ontario et le Canada