L’immobilisme par le 2/3 de la population

La démocratie la tyrannie de la majorité

Depuis 40 ans, le Parti libéral et le Parti québécois se sont échangé le pouvoir en débattant de souveraineté et de fédéralisme. Une population majoritaire qui consomme de la richesse et ne veut pas perdre leurs acquis maintiendra l’immobilisme.

La démocratie la tyrannie de la majorité

C’est une des faiblesses majeures de la démocratie. La démocratie et les décisions par une majorité donnent une aura de légitimité à des actes qui s'apparenteraient souvent à de la tyrannie.

Examinons le cas du Québec, on a constaté que le 2/3 de la population consomme de la richesse et seulement le 1/3 de la population travaille dans le privé et paie des impôts, donc le 1/3 de la population tente de faire vivre le 2/3 de la population.

L’État providence

L'État providence, quand on y regarde de près, n'est guère plus qu'un vaste « espace en propriété commune », où les citoyens sont amenés à siphonner la richesse de leurs voisins.

Donc chaque dollar perçu en impôts diminue l’activité économique d’un dollar, plus que tu imposes plus que tu deviennes pauvre en tant que peuple, ce qui est la situation du Québec.

L’autre phénomène c’est d’emprunter pour légitimer des services, qui ne représentent pas les coûts réels, en reportant le fardeau fiscal sur les futurs contribuables qui ne sont pas représentés dans les choix publics courants, d’où les forts déficits.

Exemple pratique :

Garderie :

Pour ce qui est de la famille, le Québec a graduellement mis en place la politique familiale la plus généreuse au Canada. En 2005-2006, les subventions annuelles versées par place de garde s’établissaient à 4 600 $ au Québec, comparativement à 3 300 $ dans l’ensemble du Canada et à 2 300 $ en Ontario, 5.5 Milliards de plus pour faire des enfants, ça fait drôlement cher.

Les garderies à 7$, ce qui est un non-sens économique, il en coûte à l’état actuellement près de 45 $ par enfant dans une CPE, si vous avez 3 enfants et on vous donne l’argent directement est-ce vous paieriez une gardienne à 140$ par jour, en plus de leur donner une retraite dorée.

Vous trouveriez une gardienne qui coûterait certainement moins cher que 140 $ par jour, de plus ça élimine l’iniquité de ceux qui veulent rester à la maison pour éduquer leurs enfants.

Plusieurs études avaient démontré qu’il était préférable de cibler les familles à risque que de créer un programme universel, qu’on arrivait au même résultat et que le coût restait raisonnable. Typique de nos politiciens québécois, tellement carriéristes pour gagner des votes, ils l’ont accordée à l’ensemble de la population, plus de 2 milliards par année et ça augmentent chaque année.

On pourrait demander à la population, préfériez-vous avoir une allocation de 25$ par jour par enfant, et vous-même vous seriez responsables du gardiennage, il y a des grandes chances que les gens préféreraient avoir un chèque de l’État, ce que toutes les autres provinces ont adopté entre autres ce qui est plus sain financièrement de plus les CPE  sont tous devenus des monopoles syndicaux en très peu de temps, ce qui a favorisé des accroissements de coûts de façon assez spectaculaire, typique de la sur syndicalisation du Québec.

Congés parentaux :

Avant de créer un programme social –démocrate louable, il faudrait au moins avoir la décence dans connaître le coût. L'indice du coût de la vie augmente de 1 à 2% par année, mais le coût de l'assurance parentale monte de 5 à 8%.

Questions tout à fait légitime, mais pour un politicien québécois c’est secondaire, ce qui l’intéresse c’est le nombre de votes qu’il peut gagner, le financement on verra après.

Comme l’État n’avait pas les moyens d’assumer le coût de son programme social-démocrate, elle a dit pas de problème, je vais taxer. Elle a retiré plus de 600 millions de richesses aux travailleurs et plus de 1 milliard de profit aux entreprises, juste l’année passée.

Ce régime a commencé en 2006, permettant aux parents qui viennent d'avoir un ou plusieurs enfants de rester à la maison jusqu'à 50 semaines en touchant entre 70 et 75 % de leur salaire.

Depuis que les congés parentaux existent, nous avons eu en moyenne un accroissement de naissance de 4000 enfants par année (réf : 1), ce qui revient à peu près à 400, 000 $ par enfant, drôlement chers pour faire un enfant. D’autant plus qu’on perd au même moment plus de 12,000 québécois par année en immigration interprovinciale (réf : 2), parce qu’ils considèrent d’avoir une vie meilleure ailleurs, et loin d’être assurés que les enfants qui naissent au Québec actuellement ne vont pas partir dans 20 ans, car le Québec risque d’être un cimetière de dette.

Évidemment, si nous avions des politiciens responsables, nous aurions quantifié les pour et les contres de tels programmes.

Nous avons donc,  encore une situation ou la population est gardé dans l’ignorance rationnelle en lui omettant de l’informer des conséquences néfastes de tels généreux programmes.

Programmes généreux :

Le Québec et l’Ontario, c’est dans le secteur de la famille et des services sociaux qu’a été identifié l’écart le plus important – soit 5,5 milliards de dollars en 2008-2009.

Pour ce qui est de la famille, le Québec a graduellement mis en place la politique familiale la plus généreuse au Canada.

Pour chaque programme au Québec, on veut être plus généreux que ce soit le régime de rentes, l'assurance parentale, la santé et sécurité du travail ou les normes du travail. On veut être plus généreux partout, sauf que la richesse n’est pas au rendez-vous, d’où notre déficit structurel.

Le 2/3 maintient l’immobilisme du Québec

Nous avons une majorité qui veut de plus en plus de service ou de privilèges (70 % ), le prix des services publics a baissé au point de n'avoir plus de signification. Donc les gens qui ne payent pas d’impôts ou des gens qui travaillent pour l’État, qui forment presque la majorité, accorderont leur vote au candidat qui propose de garder le statu quo.

En régime démocratique, le pouvoir politique se gagne au centre gauche.

On comprend dès lors qu'il s'avère si difficile d'apporter des changements sensibles au régime en place, de même qu'au régime fiscal qui sert à le financer, d’autant plus que la majorité ne connaît pas les coûts de ces services par ignorance rationnelle et on reporte leurs coûts sur les futures générations.

Donc le troisième facteur d’immobilisme au Québec est la population elle-même.

1)      Premier facteur était : les politiciens qui ne sont pas suffisamment encadrés

2)      Deuxième facteur était : les groupes d’intérêts (clientélismes)


Lectures complémentaires :

18/06/10

Politique familiale Québécoise : coûteuse, inutile et populaire – Grèce vs Québec, avant de créer un programme social –démocrate louable, il faudrait au moins avoir la décence dans connaître le coût.

31/05/10

Les congés parentaux un programmes ruineux, comme l’État ne fait que redistribué la richesse, elle a retiré plus de 600 millions de richesses aux travailleurs et plus de 1 milliard de profit aux entreprises pour faire 4000 enfants de plus par année, le Québec roule sur l’or ?

28/01/10

Domination des groupes d’intérêt dans le monde politique, en concentrant leur lobbying sur une mesure particulière, ces groupes peuvent gagner l'adoption d'une politique qui leur vaut des bénéfices directs, tout en en diluant le coût sur des millions de contribuables ou de consommateurs. Par analogie avec le manager de l'entreprise qui s'emploie à réaliser les intérêts des actionnaires, l'homme politique adoptera les programmes ou les lois les mieux réglées sur les intérêts des groupes actifs, les plus susceptibles d'apporter le support au parti.


Source : Référence 1 : Le bilan démographique du Québec Édition 2009, Évolution, mouvement et structure par âge de la population, ISQ, p. 18

Source : Référence 2 : Le bilan démographique du Québec Édition 2009, Évolution, mouvement et structure par âge de la population, ISQ, p. 60


Titres qui ont des signets :

Le 2/3 de la population maintient l’immobilisme du Québec


  1. gravatar

    # by Martin Bérubé - 18 octobre 2010 à 12 h 07

    Wake up le gros !

    C'Est comme ça à la grandeur de la planète. Ce que tu ne mentionnes pas dans ta diatribe c'est que l'écart entre les plus riche et les plus pauvre est beaucoup moins élevé au Québec ce qui nous préserve de bien des maux qui affligent d'autres pays...

    Entre autres bénéfices: les faibles coûts de l'éducation permettent à des jeunes de communautés plus défavorisées de faire des études universitaires et de retourner dans leur communauté pour leur offrir des services... En médecine entre autres, nous sommes la province au Canada où on retrouve le plus de services dans les milieux défavorisés...

    Ailleurs, les riches qui ont les moyens de faire des études de médecine n'ont aucunement le goût de pratiquer dans des "trous" alors que les gens qui viennent de ces "trous" ont le goût de redonner à l'endroit qui les fait vivre...

    Conséquences : Moins de problèmes de santé dans les communautés pauvres, moins de risques d'épidémies et de baisse de productivité dues aux maladies et aux problèmes de santé prévenables...

    Il faut regarder au dela des chiffres... les bénéfices sociaux et environnementaux des programmes sociaux de nos gouvernements sont au dela des simples coûts monétaires...

    Plus nous seront tissé serré moins les débacles économiques auront d'importance...

  2. gravatar

    # by Sébas - 19 octobre 2010 à 06 h 43

    1/
    Nous ne vivons pas dans une démocratie digne de ce nom;

    et

    2/
    Nous ne vivons même pas dans une démocratie représentative (à cause de la ligne de parti).

    Si les dépenses étaient décidées et assumées LOCALEMENT, avec des mécanismes de démocratie directe, nous serions pas dans la marde actuelle.

    Et je crois que vous le savez.

  3. gravatar

    # by Sébas - 19 octobre 2010 à 07 h 10

    Les "grands penseurs" (il faut le dire vite), du Québec, devraient CESSER leurs dérives/tentations autoritaires et non-démocratiques et ils devraient/pourraient méditer ceci:

    C'est le collectivisme étatique forcé et généralisé et imposé par les Péquistes -surtout- et Libéraux, (depuis 50 ans!)… qui sclérose beaucoup le Québec (plus qu’ailleurs), et empêche presque toutes les réformes.

    Ce n'est pas le "peuple", qui demande (a demandé) tout ça:

    1/ L’adhésion forcée à une instruction étatique uniforme, géré par un ogre bureaucratique hyper centralisé/autoritaire.
    (la même remarque s'applique aux soins de santé)

    2/ L’adhésion forcée aux syndicats pas très démocratiques. (les lois du travail du Qc sont uniques en Amérique... sans parler de la Formule Rand).

    3/ L’adhésion forcée aux corporations / «syndicats» professionnels. (cela est unique au monde et cela s'appelle du corporatisme "à-la-Mussolini" !)

    4/ L’adhésion quasi forcée aux «syndicats» du «Québec inc.» (et 6 000 000 000 $ environ de subventions/faveurs annuelles = unique en Amérique)

    5/ L’adhésion forcée au «syndicat» des agriculteurs, i.e. l'UPA (ai-je besoin de souligner que cela est unique en Amérique? Nous devrions appliquer le rapport Pronovost pour commencer.)

    6/ L’omniprésence de l’influence des « groupes d’intérêts » / groupes communautaires hyper-subventionnés.
    (cela est unique au monde!).

    7/ Des garderies étatiques/bureaucratiques -aux longues listes d'attente- hyper subventionnées !

    8/ L'assurance-médicaments obligatoire (dont le prix ne cesse de monter de façon quasi exponentielle), qui est -en plus et malgré ces augmentations- hyper déficitaire (2 milliards de$ ?) et qui nous en donnent MOINS pour notre argent, que des assurances privées, non-obligatoires.

    9/ Etc ou etc.

    *

    L’art de « se tirer dans l’pied » et tout ça au nom de la « paix sociale ».


    Tout ce beau monde -qui profite de ces 'pratiques' corporatistes- est très minoritaire et il devrait réfléchir à cette phrase:

    « L’État, c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde. »

    – Frédéric Bastiat, 1848

    Passons toutes ces lois, tous ces programmes, toutes ces subventions, toutes ces pratiques, etc, au vote, et vous allez voir la plus grande et belle transformation que le Québec ait connu.

    p.s.
    Les syndicats ne sont pas démocratiques, et la majorité des syndicalistes ne sont pas pour ça...

    Le peuple est contre la plupart de tout ça. Etc.

  4. gravatar

    # by Sébas - 19 octobre 2010 à 07 h 42

    En d'autres "maux":

    Nous vivons dans une fausse démocratie et vraie tyrannie d'une MINORITÉ (composée de plusieurs corporatismes égoïstes et sans vision d'avenir ou globale), qui se fait -habillement- passer pour une majorité... depuis environ 50 ans.

    Il faut que ces manipulations et illusions cessent et ce, pour le bien de tous.

  5. gravatar

    # by Sébas - 19 octobre 2010 à 07 h 55

    @ Un Québec de Droite.

    Vous écrivez:

    "Plusieurs études avaient démontré qu’il était préférable de cibler les familles à risque que de créer un programme universel, qu’on arrivait au même résultat et que le coût restait raisonnable. Typique de nos politiciens québécois, tellement carriéristes pour gagner des votes, ils l’ont accordée à l’ensemble de la population, plus de 2 milliards par année et ça augmentent chaque année."

    Comme vous dites, la majorité de la population Québécoise aurait préférée avoir un chèque, alors ce n'est pas "pour gagner des votes" (sic) que les Libéraux et Péquistes mettent en place tous ces programmes de fous, c'est pour satisfaire;

    1/ Les syndicats;

    2/ Les bureaucrates qui bavent à l'idée d'avoir tout plein de programmes "onuversels" à gérer;

    3/ Les universitaires et 'experts' technocratiques socioconstructivistes qui veulent "refaire la société" à leur image (i.e. marxiste/progressiste).

  6. gravatar

    # by Sébas - 19 octobre 2010 à 07 h 57

    @ Martin Bérubé:

    Ce que les Lisée et Lauzon de ce monde ne réalisent pas/ne disent pas, c'est que le Québec (ou le 'modèle québécois), est déjà en faillite technique.