Finance du Québec : l’heure à sonner

Je pense, qu’il est important de donner l’heure juste au Québécois, et le ‘Conference Board’ vient de le faire cette semaine, ce qui a créé un peu d’émois dans les médias, mais malheureusement leurs prédilections sont réalistes.

C’est pourquoi, je voulais vous donner le rapport du BRI avant celui du ‘Conference Board’, pour vous indiquer que la problématique n’est pas unique au Québec, mais dans plusieurs pays occidentaux, le seul problème on arrive plus vite sur le bord du précipice que les autres.

Écouter, ça ne prend pas un doctorat en économie pour comprendre le problème :

On n’arrive même pas avec 4 travailleurs par retraité actuellement, comment va-t-on arriver dans moins de 20 ans avec seulement 2 travailleurs par retraité.

Ce qui est encore aberrant c’est que nos politiciens joue encore à l’ignorance, remarquée loin d’être surpris, ce que nous avons eu comme politiciens depuis des décennies au Québec, ce sont des carriéristes, ça ne pense pas plus loin que leur mandat, et peut –être jusqu’à la prochaine élection, donc, ce qui va se passer dans 10 ou 15 ans c’est leurs moindres de leurs soucis.

«Les conclusions de l’étude sont trop pessimistes.
Selon Raymond Bachand
»


Conference board - Québec Finane

La récession est venue chambouler bien des choses et en particulier les finances du gouvernement du Québec. À ces problèmes s’ajoutent le vieillissement de la population, qui pourrait notamment faire grimper en flèche les dépenses publiques en santé.

Quelles sont les perspectives financières du gouvernement du Québec? Et le statu quo est-il pour lui une option?

Compte tenu du vieillissement de la population et de son impact sur les dépenses publiques québécoises, il est clair que ce changement démographique important aura des répercussions considérables sur les finances de l’État.

Les résultats de notre étude sont sans équivoque. Si les taux de taxation restent ce qu’ils sont et si les tendances historiques concernant les dépenses réelles de programme par habitant se maintiennent, le gouvernement du Québec court à sa perte.

Facteurs démographiques


Son vieillissement a déjà commencé et deviendra plus prononce au cours des 20 prochaines années. La pyramide des âges illustre ce phénomène. En 2009, les enfants du baby-boom, c’est-à-dire ceux nés entre 1947 et 1966, appartiennent pour la plupart au groupe des 40 a 64 ans; ils se situent donc près du milieu de la pyramide.

Vers 2030, ils auront rejoint les niveaux supérieurs de la structure, si bien que le sommet de la pyramide sera plus large qu’il ne l’était en 2009. Le ralentissement de la croissance démographique sera plus accentue au Quebec que dans le reste du Canada et ressemblera davantage a celui observe dans plusieurs pays d’Europe occidentale. Le Quebec a déjà une population plus âgée que la moyenne canadienne.

Conference board - Québec Finance - 1

D’importants changements dans la répartition de la population se répercuteront sur la croissance de la production potentielle et les dépenses de consommation. La proportion des Québécois âges de 65 ans et plus augmentera considérablement entre 2009 et 2030, passant ainsi de 14,9 à 24 p. 100.

Ici, nous avons une discordance d’information, la plupart des statistiques tel que l’ISQ et même Statistique Canada 2009-2036, p. 159 positionne à 2031 la date de 2 travailleurs par retraité, le ‘Conférence Board’ a une position optimiste sur ce sujet.

Le recul du taux naturel d’accroissement démographique sera partiellement compense par un solde migratoire net positif durant la période de prévision. Par contre, la province ne réussira pas, à long terme, à renverser son solde migratoire interprovincial net, lequel demeurera négatif. En général, une certaine proportion des migrants de l’étranger qui s’installent au Quebec à leur arrivée décident, après quelques années, d’aller s’établir dans une autre province. Bien qu’on prévoit a environ 12 361 le nombre net de personnes qui partiront dans d’autres provinces par année, entre 2009 et 2030.

Ici, le ‘Conference Board’ est optimiste, nous avons en moyenne une immigration interprovinciale négative en moyenne de 10,000, c’est évident que les jeunes voyant un cimetière de dettes sur leurs dos vont avoir une tendance à immigrer vers des provinces plus clémentes, ce qui est naturel, puisque la migration suit la prospérité, donc on risque d’avoir une sérieuse augmentation d’immigration interprovinciale.

Prévisions à Long Terme


La croissance économique ralentira à long terme, alors que la croissance démographique faiblira sous l’effet du vieillissement de la génération du baby-boom et du faible taux de fécondité.

Ici, ça confirme le rapport du HEC, le mois passé : Productivité et prospérité au Québec, bilan 2010

«L’amélioration du niveau de vie au Québec diminuera presque de moitié dans les quinze prochaines années en raison du vieillissement de la population et de la baisse de la population active.»

Il faut comprendre qu’une personne à la retraite ne produit plus aucune richesse, il ne fait que consommer.

Quand une personne est la retraite, on a un transfert de ressources:

·         Travailleurs actifs : qui produisent plus qu’ils ne consomment.

·         Travailleurs retraités : consomment sans produire.

·         Travailleurs retraités du secteur public : dépense d’État, car il n’a pas été provisionné.

 


Modèle prévisionnel des dépenses en soins de santé


Présentement, les membres de la génération du baby-boom sont âgés de 45 à 64 ans et représentent 36,6 p. 100 de la population. Dans vingt ans, ils auront entre 65 et 84 ans et auront commencé à exercer des pressions considérables sur les dépenses en soins de santé.

Les résultats globaux indiquent que les dépenses publiques en soins de santé croitront à un rythme annuel moyen de 5,9 p. 100 entre 2009–2010 et 2030–2031. De cette croissance, 2,5 p. 100 est attribuable à l’inflation, 1,7 p. 100 a la croissance réelle des soins de santé par personne (changements technologiques, plus grande accessibilité, etc.) et 1,8 p. 100 a la démographie.

2Conference board - Québec Finance - 1

Encore une fois, le tableau 2 donne une bonne idée des couts importants que représentera ce groupe d’âge en matière de santé. Dans ce contexte, la hausse des couts des soins de santé liée à l’évolution démographique est essentiellement incontournable.

Modèle prévisionnel des dépenses en éducation


La faible augmentation de la clientèle fera en sorte que la croissance des dépenses en éducation proviendra essentiellement de l’inflation.

Projection des équilibres financiers


Les résultats de notre analyse montrent que le gouvernement du Québec ne réussira pas à rétablir l’équilibre budgétaire perdu dans le sillon de la récession de 2009. Et les changements démographiques seront les principaux responsables de la détérioration des équilibres financiers du gouvernement du Québec au cours des 20 prochaines années.

En effet, le vieillissement de la population aura un double effet sur la santé financière du gouvernement du Québec :

1)      il propulsera les dépenses en soins de santé,

2)      il limitera la croissance économique potentielle de la province.

Ainsi donc, nous prévoyons que, dans le contexte actuel et sans autre changement au cadre budgétaire que ceux déjà annonces, le déficit du gouvernement du Quebec se réduira, mais seulement au cours des exercices 2010–2011 et 2011–2012. Par la suite, les pressions exercées par les dépenses en soins de santé deviendront lourdes à supporter et le déficit se creusera à nouveau, d’abord lentement puis de plus en plus vite à partir de l’exercice 2017–2018.

Ceci est confirmé par le rapport du BRI :

«La fourchette des estimations des déséquilibres fiscaux engendrés par les dépenses publiques reliée à l’accroissement de l’espérance de vie est donc très large. Cependant, le point commun des estimations est que le poids de ces dépenses dans le budget augmentera de manière significative. L’ordre de grandeur est de quelques points de PIB, ce qui peut se traduire en fin de compte par un doublement, voire le triplement de leur poids relatif dans les dépenses publiques.»


Attention, le Canada n’est pas à l’abri de cette situation,
juste retardé de quelques années.

As a result of population ageing, labour input growth is projected to decline significantly due to slower growth in the working age population and a decline in the share of the population participating in the labour market.

In both scenarios, slower growth in revenues combined with increased spending on elderly benefits and health transfers results in explosive increases
in the debt-to-GDP ratio over the long term, indicating that
the current fiscal structure is not sustainable.


Extrait de :
Fiscal Sustainability Report
, Kevin Page, 
Directeur parlementaire du Budget, February 18, 2010
 


En effet, le gouvernement du Québec prévoit une réduction du déficit a 1,2 milliard de dollars en 2012–2013 et un retour à l’équilibre budgétaire des 2013–2014. Le ‘Conference Board’, pour sa part, prévoit que le déficit augmentera a 4,1 milliards de dollars en 2012–2013, avant d’atteindre 5,2 milliards en 2013–2014. Nous sommes loin de l’équilibre budgétaire anticipe par le gouvernement du Québec cette même année. Et l’écart entre les deux prévisions ne fait que se creuser par la suite
.

Les changements dermographiques seront les principaux responsables de la détérioration des équilibres financiers du gouvernement du Quebec au cours des 20 prochaines années. En effet, le vieillissement de la population aura un double effet sur la santé financière du gouvernement du Quebec.

Ici, on est encore optimiste, notre économie a un sérieux problème de productivité et conséquemment de compétitivité, donc d’autres variables négatives vont aussi influencés le déséquilibre financier.

De plus, dû à la crise économique, il se prépare une bataille économique entre la Chine et les États-Unis, le Québec va subir des dommages collatéraux.

Avec des dépenses qui augmentent plus rapidement que les revenus, nous réunissons tous les ingrédients pour un déficit grandissant. Et plus le déficit se creuse, plus les intérêts à payer sur la dette augmentent.

Conference board - Québec Finance - 2

Cela dit, il est important de rappeler que ces prévisions restent hypothétiques et que la réalité a des chances d’évoluer différemment. Nos prévisions sont basées sur le statu quo, c’est-à-dire un scenario ou aucun changement n’est apporté aux politiques fiscale et budgétaire, ou les taux de taxation évolueront dans le sens des seules mesures annoncées lors du dernier budget vote par le gouvernement du Quebec et des budgets précédents.

Aucune variation n’est prévue dans les taux de taxation ni aucune coupure dans les dépenses. Il est clair que face aux éventualités évoquées, le gouvernement tentera de redresser le cap.

Mais pour conclure ce chapitre du rapport, le scenario présenté ici est quand même très révélateur. Il montre qu’actuellement, s’il reste sur sa lancée, le gouvernement du Quebec fonce droit vers un mur.

Conclusion


Si la société veut maintenir l’universalité des soins de santé, c’est un choix tout à fait justifiable, mais qui, comme on vient de le voir, a un prix. Si la société veut que les étudiants universitaires du Québec continuent d’avoir les frais de scolarité les plus faibles ou presque en Amérique du Nord, c’est aussi un choix qui se justifie, mais qui s’accompagne d’un coût.

Bref, la société québécoise aura des choix à faire sur des questions fondamentales afin d’éviter que les finances publiques ne deviennent incontrôlables.

L’État est un très mauvais pourvoyeur de service en n’ayant aucune concurrence avec le privé, le service étatique devient de plus en lourds, de plus en plus chers et de plus en inefficace, tenter de changer le mode opératoire de la fonction publique, va être très difficile au Québec à cause de la main mise syndicale sur le pouvoir politique.

Dans une situation idéale, on devrait s’approcher du modèle suédois pour l’éducation et du modèle des Pays-Bas pour la santé.

Sinon, on va être obligé de réduire les services.