Les conséquences d’une décote d’un pays souverain - Agences de notation
Posted by Québec de Droite in Agence de notation on jeudi 4 novembre 2010
Cahier spéciale : Agences de notation
Les conséquences d’une décote d’un pays souverain
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Rien n’oblige les entreprises ou États à se faire noter. Reste que le refus de notation est très mal perçu par les investisseurs. Dans certains cas, c’est même un critère obligatoire pour tout investissement de la part d’emprunteurs institutionnels (collectivités territoriales, fonds de pension, etc…).
Devenues indispensables au fil du temps, leurs vertus n’ont d’égal que les très nombreuses critiques qui pèsent sur elles depuis de nombreuses années. En effet, elles se sont à plusieurs reprises trompées, notamment sur la crise Enron (1) et la crise des subprimes (2). En outre, on ne peut cacher leur comportement moutonnier : lorsqu’une agence dégrade, les autres suivent de manière quasi systématique (quand leurs annonces ne coïncident pas bizarrement…).
Pour résumer le problème : ces agences ont l’immense pouvoir, avec une simple petite note, de donner à une institution (Etat, entreprise, etc…) la possibilité d’accéder facilement au crédit, ou au contraire de lui voir limiter cet accès. Aujourd’hui quel État, quelle entreprise ne vit pas à crédit ? Les exceptions se comptent sur les doigts d’une main.
Depuis le début de l’année, il y a un acharnement des agences de notations sur les pays d’Europe Occidentale. Le dernier exemple en date fut l’Espagne qui a vu sa note dégradée du fait qu’elle allait mener une politique d’austérité de grande ampleur. Déjà avant l’été, tous les acteurs financiers s’attendaient à une dégradation de la note de l’Espagne par les agences de notations. C’est surprenant de voir une agence de notation reproché à un pays de mener une politique d’austérité alors même que le but d’une politique de rigueur est de réduire les déficits et de créer la confiance des investisseurs.
Une action procyclique qui aggrave la crise
Une fois que la santé d'un Etat est visiblement dégradée, l'agence finit par abaisser la note. Or cela ne fait que "l'enfoncer" davantage, puisqu'une mauvaise note signifie un taux de refinancement plus élevé, et éventuellement une obligation de collatéral. C'est pourquoi gouvernements et investisseurs ont aujourd'hui les yeux rivés sur la note qui sera attribuée aux pays.
Mais ce qui est le plus à craindre reste à venir : si la dette grecque mérite le statut de « obligation pourrie », qui des dettes anglaise, américaine et française ? Il est indéniable que l’Angleterre, les Etats-Unis et la France sont dans une situation (plus ou moins) analogue à celles de l’Espagne, du Portugal ou de la Grèce. Ces pays vont-ils voir leur note souveraine dégradées pour autant ? Les agences de notation peuvent-elles, pour leur « business », prendre le risque de se mettre à dos les Etats-Unis et l'Angleterre, berceaux des deux principales places financières mondiales ? Vont-elles attendre jusqu’à l’inéluctable et se repentir ensuite ?
Grèce, Espagne et Portugal
La Grèce est passée de A- à BBB+, et maintenant BBB-. L’Espagne, de AA+ à AAA. Le Portugal, de AA à AA-. Derrière ces petites lettres, ce sont les taux d’intérêt qui, pour ces pays, vont s’envoler, le poids de la dette publique qui va s’alourdir, des budgets qui seront coupés. Des notes « dégradées », explique Fitch Ratings, en raison « d’inquiétudes » sur les finances publiques et « d’incertitudes » sur la reprise économique. Et alors? Ces agences font leur travail-technique. Elles analysent les comptes. Elles évaluent les risques, chiffres à l’appui.
Angleterre
L’Angleterre a pris des mesures d’austérités extrêmes qui peuvent « plomber » sa croissance. Pour éviter une dégradation de la dette Anglaise qui provoquerait une spirale spéculative qu’on ne pourrait pas défendre pour la simple raison que l’Europe n’aura pas envi de défendre un pays qui a fait « jeu à part » depuis la création de l’Union Européenne. C’est un véritable catalogue de mesures à la grecque qui est mené en Angleterre : baisse des dépenses publiques, augmentation de la TVA, taxation des plus values, taxe bancaire représentant une cotisation de 2 milliards de Livre Sterling des banques (c’est normal elles ont été renfloué par les impôts). L’Angleterre ne suit plus le modèle Américain mais le modèle Allemand.
États-Unis
Les Etats Unis sont seule à la course mondiale de la relance et ont perdu leur allié. On a un front uni de l’Europe derrière l’Allemagne. Cela marchera-t-il ? L’avenir nous le dira ? Mais il est normal que l’Europe se défend en allant dans le sens de l’austérité face aux attaques des marchés. Avec l’un des taux du déficit budgétaire les plus élevés des pays développés (12%) ; une dette qui a doublé en 2 ans ; des taux d’intérêts bas et une dépendance de l’économie britannique à l’économie financière et immobilière ; un plus haut niveau de chômage depuis 14 ans : Il est plus que normal que l’Angleterre sera rallie au modèle Allemand.
Cahier spéciale : Agences de notation
Table des matières :
Les agences de notation : La terreur des pays souverains qui sont surendettés
A. Conflit d’intérêt avec les entreprises
B. Conflit d’intérêt avec les banques
C. Conflit avec les États souverains
Les critères des agences de notations pour les pays souverains
Les conséquences d’une décote d’un pays souverain
Dagong Global Credit Rating, une agence chinoise
Les agences de notation complices de la spéculation
Le Québec selon las paramètres des agences de notation
A. La dette du Québec selon le PIB
B. Le déficit budgétaire / dépenses budgétaires du Québec
C. La dette brute / sur les revenus
Conclusion
Les conséquences d’une décote sur le Québec
Historique de la notation du Portugal
La situation au Portugal
Les conséquences des taux d’emprunt face à une décote
Simulations une décote de 2 crans pour le Québec
Mais elles ne règles pas les problèmes fondamentaux
Mais qui a assez de courage pour modifier les agences
Titrisation et crise financière : complice, pas coupable
La crise financière de 2007-2008: réflexions
Format PDF : Les agences de notation : La terreur des pays souverains qui sont surendettés
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