Les médecins payés par problème plutôt qu'à l'acte?
Posted by Québec de Droite in Ministère de la santé, Santé - Amélioration on jeudi 11 novembre 2010
Trois articles pertinents, les deux premiers confirment la méthodologie le troisième explique les conséquences de payer les médecins à l’acte.
Extrait : Les médecins payés par problème plutôt qu'à l'acte?, Louise-Maude Rioux Soucy, Le Devoir, 28 octobre 2010
Pour le Dr Paul Clifford Blais, l'heure de la facturation par problème traité est venue. Dans une vidéo diffusée hier sur YouTube, le généraliste affirme que la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ) ne s'oppose plus à cette approche à l'américaine dite du «Pay by Performance». Une conclusion trop hâtive a aussitôt répliqué la RAMQ.
Dans cette vidéo, le Dr Blais explique que la RAMQ «ne s'oppose pas à ce qu'un médecin facture auprès du même patient lors de la même visite en cabinet tous les problèmes traités, et ce, de façon concomitante». La culture au Québec veut plutôt que le médecin facture un seul examen par visite. Le Dr Blais ajoute pourtant que le «régime rembourse tous les examens facturés lors de cette même et unique visite en cabinet, pourvu que ceux-ci soient médicalement requis».
Le Dr Blais pratique lui-même cette approche depuis une dizaine d'années. Cela lui a valu une poursuite de la RAMQ, qui lui réclame 300 000 $ en surfacturation. Or, rien n'a encore été statué dans cette affaire, a précisé hier le porte-parole de la Régie, Marc Lortie, qui rappelle que «le dossier est à la fois devant le conseil arbitral et devant le tribunal administratif» et qu'il ne peut, par conséquent, le commenter.
Dans l'esprit du Dr Blais, l'affaire est pourtant déjà entendue. «La clé, c'est le terme médicalement requis», explique le généraliste. Ce dernier cite le service à la clientèle de la RAMQ, qui a écrit «noir sur blanc» dans une lettre à une patiente qu'il n'y a «aucune limitation au nombre de problèmes pouvant être évalués à la même visite, que ce soit dans la Loi sur l'assurance maladie ou dans le Code de déontologie médicale».
Il a été impossible d'obtenir des éclaircissements sur ce document auprès de la RAMQ. «Je ne peux pas m'avancer parce que ça fait partie des éléments qui seront abordés en arbitrage», a expliqué Marc Lortie. Pour le Dr Blais, cette lettre confirme que chaque problème observé, évalué et traité au cours de la même visite peut être facturé, pourvu que ces «actes soient médicalement requis».
Utilisée aux États-Unis et en Grande-Bretagne, la facturation par problème permet «une médecine plus appliquée» et a le pouvoir de «désengorger les urgences», affirme le Dr Blais. Il cite à cet égard un rapport publié cette semaine par le Dr John Ross, qui recommande notamment de dynamiser les modes de rémunération des médecins en mettant l'accent sur la performance.
Extrait de: Calls grow to limit doctors' slice of health-care spending, Globe and Mail , Oct. 28, 2010
In Canada, physicians are paid predominantly through a fee-for-service model, or payment for each service performed. Although it has led to what some consider a more equitable reimbursement system for the intense workload of doctors, growing evidence suggests it is emphasizing quantity of patients seen and services performed over quality of care.
“The system that we have in Canada incentivizes volumes,” said Stirling Bryan, director of the Centre for Clinical Epidemiology and Evaluation at Vancouver Coastal Health Research Institute.
The growth of health-care spending dedicated to doctors has outpaced that on hospitals and drugs in Canada for the past four years, according to the report. In 2010, physician spending is expected to rise to more than $26-billion, an increase of seven per cent from last year.
Dr. Bryan said the figures demonstrate spending on physicians is threatening to spiral out of control while potentially eroding patient care. Doctors are paid for each consultation they provide or surgery they perform, which provides a perverse incentive to do more even when it may not be warranted, he said.
“What is the quality that we’re getting for the volumes we’re delivering?” said Dr. Bryan, who is also a professor in the School of Population and Public Health at the University of British Columbia. “Are we doing surgeries on people who might not need surgery? The incentive is to do the surgery, not necessarily to do the surgery on the person who really needs the surgery.”
He said Canada urgently needs a “fundamental reassessment” of the fee system and to ask tough questions about the type of care being delivered.
The steady escalation of physician spending will add to calls urging an overhaul of the fee-for-service model. A report from economists at Toronto-Dominion Bank earlier this year concluded that public health care as Canadians know it is unsustainable without profound changes. Ontario Health Minister Deb Matthews responded to the report by warning doctors that she plans to pay more on salaries, replacing, in the process, a fee-for-service compensation system that has been in place for more than four decades.
Part of the growth in physician billings comes from the fact that there are more doctors. In Ontario, the McGuinty government has helped one million more people find a doctor since 2003, said a spokesman for Ms. Matthews. The government announced on Thursday that the province is creating 75 new residency positions in the province's medical schools.
A report released in September from the Organization for Economic Cooperation and Development said Canada’s health-care system is in a financial crisis and recommended overhauling the fee-for-service model as one of the primary solutions.
Drug spending in Canada is also steadily escalating and is expected to reach more than $31-billion this year, an increase of about five per cent from last year. A majority of the cost is attributed to prescription drugs, and more than half of all prescribed and non-prescribed drugs were paid for out-of-pocket or by insurance companies.
There have been heated debates in recent years over how to control drug costs with some headway being made, mainly due to the fact many pricey blockbuster drugs can now be made more cheaply as generics. But many drugs purchased in Canada are still far too expensive, according to Dr. Bryon, with no system in place to guarantee they are even effective for patients. Research indicates that many new, expensive drugs don’t perform any better than their cheaper, generic counterparts.
A report released in September by the Canadian Centre for Policy Alternatives called for a national drug plan, saying it could shave nearly $11-billion from Canada’s drug bill by introducing a comprehensive system for reviewing drugs and negotiating prices.
Federal Health Minister Leona Aglukkaq said in a statement the government is committed to a publicly funded system but that it supports “a flexible and sustainable system that allows for innovation and reform” within the Canada Health Act
Un système de santé qui doit être revu sérieusement, trop de consultations et mauvaise gestion des ressources, typique des monopoles, aucune réflexion sur l’efficacité.
· Un médecin peut voir jusqu’à 10 patients à l’heure.
· Le médecin est esclave de sa rémunération à l’acte qui l’oblige à faire du volume.
· Un dossier peut contenir consultations par-dessus consultations, examens par-dessus examens, sans cerner le véritable problème de santé.
Extrait de: Six minutes par patient, Johanne Roy, Canoe, 26 janvier 2010
Vous avez l’impression que l’omnipraticien consulté au sans rendez-vous vous accorde peu de temps? Sachez qu’un médecin peut voir jusqu’à une dizaine de patients à l’heure. Faites le compte, c’est à peine six minutes par visite!
Ces consultations à la chaîne, dans les cliniques sans rendez-vous, ne servent ni le patient, ni le médecin, estime le Dr Marc Lacroix, coassocié d’une première clinique privée de médecine familiale, ouverte depuis la fin de 2009 à Lac-Beauport. «Des médecins rencontrent jusqu’à douze patients à l’heure, au sans rendez-vous. À ce rythme, on n’a même pas le temps d’aller aux toilettes!»
«Le médecin est esclave de sa rémunération à l’acte qui l’oblige à faire du volume. S’il choisit de passer 20 minutes avec un patient, il en paie une partie de sa poche. Les frais encourus en clinique médicale sont exorbitants, de sorte que les omnipraticiens n’arrivent pas s’ils ne font que trois visites par heure. Le mode de rémunération à l’acte doit être revu, au profit d’une rémunération à taux horaire, qui donnerait plus de latitude au médecin», estime le Dr Lacroix.
Selon ce dernier, plusieurs médecins sont victimes d’épuisement professionnel, à force d’être frustrés jour après jour par ce type de pratique. «Ils rentrent chez eux, après une journée exténuante, avec le sentiment de n’avoir pas consacré tout le temps souhaité à leurs patients», note le Dr Lacroix.
«Aberrations»
«Parfois, des patients nous arrivent avec un dossier de quatre pouces d’épais, contenant consultations par-dessus consultations, examens par-dessus examens, demandés par les différents médecins consultés. Trop de médecins au dossier fait qu’on ne s’arrête pas toujours au petit détail qui va permettre de cerner le véritable problème de santé. C’est là une des aberrations du système de santé», met en lumière le médecin de famille.
«En optant pour la pratique privée (en alternance avec le dépannage en urgence), je me suis donné une pratique à mon goût, qui me permet de faire le métier pour lequel j’ai été formé. Des médecins hésitent à aller au privé, car ils ont peur d’être mal perçus par leurs pairs et de passer pour des individus mercantiles. En trois semaines, sans trop de publicité, 150 patients, notamment de la classe moyenne, se sont inscrits à notre clinique», affirme le Dr Lacroix, qui se défend bien de s’adresser surtout aux mieux nantis.
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